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Par Kaci-Kacem AITYALLA (*)

[Investissement privé : les nouvelles opportunités pour les entreprises africaines et algériennes ]

« Après avoir présenté les grandes orientations de la finance mondiale, notre deuxième partie s’intéresse à une question essentielle : comment les milliards mobilisés par les institutions internationales peuvent-ils se transformer en financements, en investissements productifs et en emplois pour nos entreprises ? »

112 milliards de dollars : un signal adressé aux investisseurs

À Bangkok, le président du Groupe de la Banque mondiale, Ajay Banga, a présenté un résultat significatif : 112 milliards de dollars de capitaux privés mobilisés au cours de l’exercice 2026, contre environ 35 milliards en 2022.

Cette progression traduit une évolution de la stratégie des institutions de développement. Les ressources publiques, à elles seules, ne peuvent répondre aux besoins considérables des économies émergentes. Il devient nécessaire d’attirer les banques commerciales, les investisseurs institutionnels, les fonds d’investissement et les entreprises privées.

Autre chiffre révélateur : environ 250 projets de cofinancement recherchent 138 milliards de dollars à travers une plateforme de coopération entre banques multilatérales de développement.

Attention cependant : ces 138 milliards représentent des besoins de financement, et non des capitaux déjà décaissés.

L’enjeu dépasse les montants annoncés. Il s’agit de faire de l’investissement privé un instrument de développement économique, de modernisation industrielle et de création d’emplois.

Comment financer davantage sans faire supporter tous les risques aux entreprises ?

Les discussions de Bangkok ont mis en avant plusieurs mécanismes financiers que les entrepreneurs gagneraient à mieux connaître.

  1. Les garanties permettent de partager certains risques entre institutions de développement et établissements prêteurs.
  2. Les financements en monnaie locale peuvent réduire l’exposition aux variations des taux de change. 
  3. Les prises de participation et les cofinancements permettent, quant à eux, de réunir plusieurs investisseurs autour d’un projet.

« L’International Finance Corporation (IFC), filiale du Groupe de la Banque mondiale dédiée au secteur privé, joue un rôle central dans ces dispositifs. »

4. Une innovation importante consiste également à transférer certains actifs financiers vers des investisseurs institutionnels, afin de libérer des capacités pour financer de nouveaux projets.

*Ces mécanismes ne signifient pas que chaque PME pourra obtenir directement un prêt de la Banque mondiale. Les financements passent souvent par les Etats partenaires, des fonds, des programmes spécialisés ou des entreprises répondant à des critères précis.

Pour un chef d’entreprise, la première question n’est donc pas seulement : où trouver de l’argent ? Mais comment construire un projet suffisamment solide pour convaincre un financeur ?

  L’Afrique : un potentiel important, mais des obstacles persistants

Selon les résultats présentés à Bangkok, les capitaux privés mobilisés par le Groupe de la Banque mondiale ont plus que doublé en Afrique par rapport à 2022.

Pourtant, les difficultés demeurent considérables : 

  • accès au crédit, 
  • coût du financement, 
  • infrastructures insuffisantes, 
  • incertitudes réglementaires, 
  • risques de change et manque de projets suffisamment structurés.

L’exemple sud-africain mérite attention. Un mécanisme de garantie présenté lors des Assemblées vise à faciliter le financement d’infrastructures énergétiques, hydrauliques, logistiques et sociales. L’objectif évoqué est de mobiliser environ 10 milliards de dollars sur dix ans.

« Il s’agit d’une ambition de mobilisation, non d’un résultat déjà réalisé. »

Cette distinction est importante. Le développement ne se mesure pas uniquement aux capitaux annoncés, mais aussi aux entreprises financées, aux infrastructures mises en service et aux emplois effectivement créés.

Et pour l’Algérie, quelles perspectives ?

L’Algérie dispose d’atouts importants : 

  • ressources énergétiques, 
  • potentiel industriel, 
  • marché intérieur, 
  • compétences universitaires et diaspora présente dans de nombreux secteurs économiques internationaux.

Mais transformer ces atouts en investissements productifs suppose de rapprocher davantage les entreprises, les banques, les investisseurs et les institutions de formation.

Plusieurs domaines méritent une attention particulière : 

  • l’agro-industrie, 
  • la transformation locale, 
  • la sous-traitance industrielle, 
  • les infrastructures numériques, 
  • les services technologiques 
  • et les activités exportatrices.

Les mécanismes internationaux de financement peuvent constituer des références utiles, sans présumer de leur disponibilité ni de leur éligibilité pour chaque projet algérien.

La diaspora pourrait également jouer un rôle de passerelle, en mobilisant: 

  • son expérience industrielle, 
  • ses réseaux financiers 
  • ses connaissances des marchés internationaux.

Il ne s’agit pas uniquement d’attirer des transferts de capitaux, mais aussi de favoriser des partenariats, des compétences et des débouchés commerciaux.

La lecture PACAH™ : investir pour produire, mais aussi pour maîtriser

Notre veille PACAH™ des Assemblées de Bangkok met en évidence une interrogation supplémentaire.

« Lorsqu’un pays accueille un investissement dans une infrastructure stratégique, qui en conserve réellement la maîtrise ? »

Cette question concerne particulièrement les data centers, les infrastructures d’intelligence artificielle, les plateformes numériques et les systèmes de traitement des données.

« Un équipement peut être installé localement tout en dépendant entièrement de technologies, de logiciels, de financements ou de décisions extérieurs. »

Avec son approche de Souveraineté Augmentée™ et son Indice de Souveraineté Effective, PACAH-ISE-001, PACAH™ propose d’examiner ces dépendances avant de confondre investissement et autonomie.

Pour les entreprises africaines, l’objectif devrait être double : accéder aux financements internationaux tout en développant progressivement leurs propres capacités de production, d’exploitation et de décision.

Ce que les chefs d’entreprise doivent retenir

Les orientations de Bangkok invitent les entreprises :

  • à mieux préparer leurs projets, 
  • à identifier les instruments de partage des risques 
  • à démontrer leur contribution économique.

Un dossier d’investissement crédible doit présenter un marché identifié, un modèle économique réaliste, des prévisions financières, une gouvernance claire et des résultats attendus mesurables.

« Le véritable défi n’est pas seulement de faire venir l’argent. Il est de le transformer en entreprises durables, en emplois qualifiés et en valeur ajoutée locale. »

C’est à cette condition que la mobilisation du capital privé pourra devenir un véritable levier de développement pour l’Afrique et l’Algérie.

*Analyste  Économie, intelligence artificielle et souveraineté

Président de CACI France — Fondateur de PACAH™

Article réalisé avec l’appui de la veille PACAH™ et d’une collaboration humain–IA, sous responsabilité éditoriale humaine.

Prochain article : Intelligence artificielle : infrastructures, emplois, formation et nouveaux investissements.

L’auteur

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La rédaction des Enjeux Eco couvre l’actualité économique nationale et internationale.

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