03/04/2026
ACTUALITE

Les perspectives et défis de la finance islamique

Une journée d’étude consacrée à la finance islamique en Algérie a été organisée hier à l’Assemblée populaire nationale (APN) sous le thème « Perspectives et défis ». Cette initiative du Haut Conseil islamique a réuni parlementaires, experts et acteurs du secteur financier autour d’un thème désormais au cœur des réformes économiques nationales.

À cette occasion, Brahim Boughali, président de l’Assemblée populaire nationale et président de l’Union parlementaire arabe, a prononcé un discours dans lequel il a mis en relief les bienfaits de la finance islamique, ses perspectives et ses défis.

Dans son allocution, Boughali a souligné que cette réunion porte sur un sujet capital dans le processus de réforme du système financier de notre pays, à savoir « la finance islamique en Algérie : perspectives et défis », thème des débats. Pour lui, ce thème trouve son fondement dans les dispositions introduites par la loi monétaire et bancaire n° 23-09, qui a renforcé le cadre juridique des opérations de finance islamique et les a officiellement intégrées parmi les activités bancaires. Il s’inscrit également dans le cadre des orientations présidentielles relatives aux politiques publiques, notamment dans le domaine financier.

« Nous œuvrons, avec l’ensemble des partenaires concernés, à la mise en œuvre effective de cette démarche, chacun dans son champ de compétence », a-t-il affirmé.  La finance islamique est aujourd’hui l’un des principaux leviers contribuant à la promotion d’un développement financier durable, à travers ses nobles finalités. Elle établit une relation équilibrée entre l’activité économique et les valeurs humaines de notre société. « Il ne s’agit pas simplement d’une alternative technique au système bancaire conventionnel, mais d’une vision globale et intégrée d’une économie fondée sur la justice, l’équité, la solidarité et la responsabilité partagée», affirme-t-il.

L’intégration de la finance islamique dans le système bancaire national constitue une étape pionnière, traduisant la volonté de l’État de diversifier les instruments de financement et de promouvoir l’inclusion financière, répondant ainsi aux attentes de larges catégories de citoyens. Elle représente aussi une réponse crédible aux investisseurs recherchant des formules conformes à leurs convictions religieuses, tout en contribuant à la mobilisation des ressources financières nationales et à la réintégration des capitaux restés longtemps en dehors du circuit économique officiel, afin qu’ils participent pleinement aux grands objectifs du développement national.

Par ailleurs, Boughali a mis en exergue que le renforcement des mécanismes de la finance islamique n’est plus un choix secondaire, mais une nécessité stratégique, permettant notamment d’offrir des solutions de financement innovantes et conformes à la charia, adaptées aux besoins du développement moderne ; d’attirer les liquidités dormantes détenues par ceux qui hésitent à traiter avec les banques conventionnelles, et de les impliquer dans la dynamique économique nationale ; de stimuler l’investissement productif dans des secteurs réels et porteurs tels que l’agriculture, l’industrie, le tourisme et les services, au lieu de se limiter aux activités spéculatives ou rentières  et de promouvoir la justice financière et sociale, à travers des mécanismes comme la «moucharaka», la «Ijara » et la «mourabaha», fondés sur le partage des profits et des risques, et non sur l’exploitation des besoins d’autrui. Comme toute innovation ou mécanisme moderne, la finance islamique n’est pas exempte d’obstacles et de défis qu’il convient de relever pour atteindre les objectifs escomptés.

Parmi ceux-ci, le président de l’APN a cité la nécessité d’établir un cadre juridique et réglementaire cohérent et flexible ; l’importance de former des compétences qualifiées dans les domaines de la jurisprudence financière et de la gestion des risques, en accordant à la formation la place centrale qu’elle mérite et l’impératif de stimuler la concurrence et d’innover dans les produits financiers islamiques.

Le succès de l’expérience algérienne dans ce domaine dépendra, dira-t-il, du niveau de coordination et de synergie entre l’État, les institutions financières, les banques, les investisseurs, les savants et les experts, afin d’établir un système capable de mobiliser l’épargne nationale, de financer l’économie réelle et d’équilibrer les exigences du marché avec les objectifs de la charia.

Le véritable enjeu réside, selon Brahim Boughali, dans la transformation de la finance islamique d’une expérience naissante en un pilier stratégique de l’économie nationale, contribuant à la diversification des sources de financement, à la consolidation de la confiance des citoyens dans leurs institutions financières et à la restauration du rôle essentiel de la religion dans l’orientation de l’activité économique vers le bien et la prospérité.

 Par Réda Hadi

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