03/04/2026
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Maintenance, réorganisation et sécurité : Le plan de la SNTF pour redresser le rail

La Société nationale des transports ferroviaires (SNTF) s’engage dans un vaste plan de maintenance et de réorganisation pour remettre le rail algérien sur la voie du redressement. À la suite des directives du ministre de l’Intérieur et des Transports, une réunion stratégique a fixé un cap clair : améliorer la ponctualité, renforcer la maintenance du matériel roulant et garantir la sécurité des voyageurs dans l’ensemble du réseau. Un plan d’action immédiat, s’étalant sur trois semaines, a été lancé pour traduire ces orientations en mesures concrètes.

Selon Sofiane Aibèche, directeur du contrôle de gestion et des participations à la SNTF, « l’objectif est de passer d’une logique de réparation curative à une véritable culture de maintenance préventive et organisée. Nous devons restaurer la confiance des voyageurs en garantissant un service régulier, sûr et moderne », a-t-il déclaré à la radio nationale. Le diagnostic mené par la SNTF a révélé des dysfonctionnements structurels, notamment dans la région algéroise où se concentre 67 % du trafic national sur un réseau de 206 km reliant Alger, Blida, Boumerdès et Tizi-Ouzou. L’obsolescence du matériel roulant, datant parfois des années 1980, pèse lourdement sur la régularité des trains et la qualité du service.

Pour inverser la tendance, la SNTF a mobilisé 150 techniciens supplémentaires venus de Constantine et d’Annaba afin de renforcer les équipes de maintenance à Alger. En parallèle, 20 zones de ralentissement ont été supprimées, permettant de rétablir la vitesse normale de circulation, notamment sur le tronçon Thénia–Tizi Ouzou où les trains roulent désormais à 100 km/h. Les travaux portent aussi sur la signalisation, les télécommunications et la sécurisation des gares. « Nous avons engagé une réorganisation des équipes, modernisé les ateliers et revu nos priorités d’intervention pour que chaque minute gagnée profite directement aux voyageurs », a expliqué l’intervenant.

Il a précisé que plus de 900 agents de sécurité sont désormais déployés dans la région d’Alger pour prévenir les retards liés aux rétentions de portières et aux actes de vandalisme. Sur le plan du matériel roulant, la SNTF exploite actuellement 11 trains Coradia sur un total de 16, contre seulement quatre il y a quelques mois. L’objectif est d’en remettre en service la totalité d’ici la fin de l’année, grâce au renforcement de l’atelier de maintenance MRI à Naâma et à l’arrivée de nouvelles pièces de rechange. «Nous voulons atteindre 15 à 16 trains Coradia pleinement opérationnels. Le manque de pièces et de moyens financiers nous a freinés, mais les efforts déployés commencent à porter leurs fruits», a-t-il ajouté.

La sécurité ferroviaire constitue également un axe majeur du plan. La SNTF gère 1 175 passages à niveau, dont 335 gardés, et fait face à la multiplication de passages illicites et de vols de câbles. En 2024, 13 brigades de gendarmerie ont été installées au sein des gares afin de mieux protéger les infrastructures. Le coût des dégradations reste toutefois considérable : plus d’un milliard de dinars par an, alors qu’une simple vitre frontale de train coûte près de 3 millions de dinars.

 Au-delà de la maintenance, la SNTF mise sur la modernisation de ses services et sur le développement du réseau national, désormais long de 4 708 kilomètres. Trois grands corridors sont en cours d’aménagement : à l’Est (Constantine–Touggourt–Hassi Messaoud), à l’Ouest (Béchar–Gara Djebilet–Adrar) et au Centre (Alger–Tamanrasset). L’extension vers le Sud vise à relier les bassins miniers et à faciliter le transport du minerai de fer depuis Gara Djebilet. « Grâce à ces nouvelles infrastructures, nous n’avons enregistré aucune suppression de train en 2025, contre plus de 1 100 en 2023 », s’est félicité Aibèche.

Le fret ferroviaire connaît lui aussi une relance notable, avec 5,7 millions de tonnes de marchandises transportées par an, contre quatre millions auparavant. Les flux portent sur les carburants, les céréales, les phosphates, le clinker ou encore les engrais.

Par Adem A.

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