03/04/2026
ACTUENERGIE

Marché pétrolier: Les prévisions de l’AIE

Le marché pétrolier mondial entre dans une phase d’excédent durable. Selon le rapport mensuel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), publié mardi, la production de brut poursuit sa progression alors que la demande mondiale montre des signes d’essoufflement. Malgré un léger rebond observé au troisième trimestre, la consommation reste freinée par le ralentissement économique, l’électrification croissante du transport routier et les gains en efficacité énergétique.

Au troisième trimestre, la demande mondiale de pétrole a augmenté de 750 000 barils par jour (b/j) en glissement annuel, contre 420 000 b/j au trimestre précédent. Pour 2025 et 2026, l’AIE anticipe une hausse limitée à environ 700 000 b/j par an, un rythme nettement inférieur aux moyennes historiques. En parallèle, l’offre mondiale a bondi à 108 millions de barils par jour en septembre, soit 760 000 b/j de plus qu’en août. Sur l’ensemble de l’année, elle devrait atteindre 106,1 mb/j, en hausse de 3 mb/j sur un an, puis 108,5 mb/j en 2026. Cette progression est principalement attribuable à l’alliance OPEP+, dont la production a augmenté d’un million de barils par jour, soutenue par les pays du Moyen-Orient. Les membres du groupe devraient encore ajouter 1,4 mb/j en 2025 et 1,2 mb/j en 2026, tandis que les producteurs non-OPEP+ (États-Unis, Brésil, Canada, Guyana et Argentine), contribueront à hauteur de 1,6 mb/j supplémentaires cette année.

L’activité mondiale de raffinage, pour sa part, a reculé à 81,6 mb/j en octobre, soit 4 mb/j de moins qu’en juillet, en raison des opérations de maintenance et des attaques visant les infrastructures russes. Les marges de raffinage se sont néanmoins renforcées, notamment sur le diesel et le kérosène, portées par la baisse des exportations russes et la reprise du trafic aérien. Les stocks mondiaux ont atteint un sommet de quatre ans, totalisant 7,9 milliards de barils, tandis que le volume de pétrole transporté par voie maritime a bondi de 102 millions de barils en septembre, un record depuis la pandémie de Covid-19. Malgré un contexte géopolitique tendu, les prix demeurent sous pression.

Le Brent s’est établi à 67,6 dollars le baril en septembre avant de reculer à 64 dollars début octobre, soit une baisse de 11 dollars depuis le début de l’année. Ce repli s’explique par un excédent mondial estimé à 1,9 mb/j, qui pèse lourdement sur les cours, en dépit des sanctions imposées à la Russie et à l’Iran. Pour l’AIE, l’année 2025 marque un tournant majeur : le marché entre dans une ère de surproduction face à une demande structurellement affaiblie. L’accumulation des stocks, particulièrement en Chine et au Moyen-Orient, pourrait accentuer la pression sur les prix dans les mois à venir. Toutefois, le marché des produits raffinés pourrait rester tendu, notamment en raison des restrictions européennes sur les produits russes et de la fermeture de certaines capacités de raffinage.

L’Algérie : une progression modérée mais constante

Selon l’AIE, l’Algérie enregistre une hausse modérée mais régulière de sa production, passée de 0,92 à 0,97 million de barils par jour entre août et septembre 2025, soit un niveau légèrement supérieur à son quota implicite de 0,96 mb/j. La capacité durable du pays atteint désormais 0,99 mb/j, avec une réserve d’environ 20 000 barils par jour.

Par ailleurs, le rapport mensuel de l’OPEP, publié le 13 octobre 2025, indique que la production pétrolière de l’Algérie a augmenté de 11 000 barils par jour en septembre, atteignant 951 000 b/j contre 940 000 b/j en août. Cette progression, la cinquième consécutive, s’inscrit dans le cadre du retrait progressif des réductions volontaires décidées par les huit pays de l’alliance OPEP+, dont fait partie l’Algérie. Malgré cette hausse, la production nationale demeure légèrement inférieure au quota alloué pour septembre, fixé à 959 000 b/j. Les autorités algériennes maintiennent néanmoins une trajectoire ascendante, en cohérence avec la politique collective de levée graduelle des coupes volontaires de 2,2 millions de barils par jour introduites en avril 2025 et prévues jusqu’à la fin de septembre. Selon les projections de l’OPEP, la production algérienne devrait atteindre 963 000 b/j en octobre et 967 000 b/j en novembre 2025, dépassant ainsi son plus haut niveau depuis décembre 2023 (957 000 b/j). Cette évolution s’inscrit dans la stratégie globale de l’alliance, qui maintient une réduction officielle de 2 millions de barils par jour jusqu’à la fin de 2026, en vigueur depuis novembre 2022.

Par M. A.

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