03/04/2026
ACTUALITEENTREPRISE

Naftal se déploie à Nouakchott

En délaissant le raffinage local au profit de partenariats régionaux, la Mauritanie redéfinit sa stratégie énergétique, avec l’Algérie comme partenaire clé. Ce rapprochement pragmatique vise à sécuriser l’approvisionnement en carburants et à moderniser les infrastructures de distribution. Cette dynamique se traduit notamment par la réactivation des stations de Naftal à Nouakchott, ainsi que par l’ouverture de nouveaux canaux d’importation de produits pétroliers.

Des discussions sont en cours entre les deux pays afin de structurer un partenariat autour de l’approvisionnement en carburants et de l’échange de produits pétroliers. Selon une source gouvernementale mauritanienne relayée par la plateforme spécialisée « Attaqa.net », cette coopération pourrait également s’étendre à des projets d’infrastructures stratégiques, notamment la mise en place de lignes à haute tension pour le raccordement électrique, traduisant une volonté d’intégration énergétique plus large entre les deux voisins.

Dans ce contexte, la réouverture des stations de distribution de Naftal en Mauritanie, fermées depuis plusieurs années, apparaît comme une priorité opérationnelle. Une telle initiative permettrait de diversifier les sources d’approvisionnement du marché mauritanien et d’en renforcer la stabilité, dans un environnement international marqué par une forte volatilité des prix de l’énergie.

En revanche, le dossier de la première raffinerie de pétrole du pays semble désormais relégué au second plan. Mise en service en 1978 en partenariat avec Naftal, cette infrastructure historique a cessé ses activités en 2000. Aujourd’hui, son redémarrage n’est plus envisagé, les équipements étant devenus obsolètes après des décennies d’inactivité. De plus, les autorités estiment que le raffinage local n’est plus économiquement viable face à l’option d’importation directe de produits raffinés sur les marchés internationaux.

La Mauritanie dépend entièrement des importations de carburants, assurées par voie maritime via Nouadhibou et Nouakchott, ce qui lui garantit une certaine autonomie logistique. Toutefois, cette dépendance l’expose fortement à la volatilité des prix mondiaux, accentuée par la crise au Moyen-Orient, entraînant une hausse de plus de 80 % des coûts énergétiques et une lourde charge de subventions pour l’État, estimée à 17 milliards d’ouguiyas anciennes.

Pour limiter l’impact sur le pouvoir d’achat, les autorités plafonnent la hausse des prix à 5 % et adoptent un mécanisme basé sur des moyennes mensuelles. Parallèlement, elles misent sur le renforcement des stocks stratégiques et des capacités de stockage, avec de nouveaux dépôts prévus d’ici 2026. Enfin, la pression s’accentue également sur le soutien au gaz domestique, dont le coût pourrait atteindre 45 milliards d’ouguiyas par an, rendant nécessaires des réformes pour assurer la soutenabilité budgétaire.

Par S R.

Publicité

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *