03/04/2026
ACTUALITENATIONAL

NESDA: Vers la révision du plafond de financement

La révision du plafond de financement des micro-entreprises soutenues par la NESDA s’impose aujourd’hui comme l’un des chantiers prioritaires de la réforme du dispositif d’aide aux porteurs de projets. Sous l’impulsion de cette institution, l’écosystème entrepreneurial national s’apprête à franchir un nouveau palier, visant à optimiser la viabilité des investissements et à accroître leur impact économique

Fixé à 10 millions de dinars depuis 2003, le plafond de financement n’est plus en adéquation avec la réalité économique actuelle. « Ce montant a été défini il y a plus de vingt ans. Avec l’inflation et l’évolution des coûts d’investissement, il doit être réévalué », a expliqué Bilel Achacha, directeur général de la NESDA. Lors de son intervention au Forum d’El Moudjahid, ce dernier a présenté un état des lieux détaillé du secteur ainsi que la nouvelle feuille de route de l’agence. Le responsable estime que l’actualisation de ce seuil constitue une condition essentielle pour garantir la viabilité des nouveaux projets. Il a également rappelé que le modèle algérien de soutien demeure particulièrement avantageux, soulignant que « les financements accordés en Algérie se font à un taux d’intérêt de 0 %, ce qui est pratiquement unique au monde ». À titre de comparaison, dans d’autres pays, des profils similaires supportent des taux d’intérêt pouvant atteindre 20 à 25 %.

Plus qu’un simple réajustement financier, cette révision s’inscrit dans une stratégie globale de transformation de l’écosystème entrepreneurial. Le responsable a rappelé la place centrale occupée par les petites structures dans l’économie nationale : elles représentent 99,8 % du tissu économique, dont 93 % de micro-entreprises. Leur contribution est majeure, atteignant 35 % du PIB et 60 % de l’emploi privé. Cette tendance se confirme à travers les données récentes, puisque 87 % des emplois créés entre 2020 et 2025 proviennent de ce segment.

Selon ses propres termes, « la micro-entreprise est aujourd’hui le premier moteur de création d’emplois ».Malgré cette dynamique, le DG de la NESDA considère que le potentiel du secteur demeure sous-exploité. L’Algérie compte actuellement 29 entreprises pour 1 000 habitants, contre une moyenne mondiale de 47, avec des niveaux atteignant 66 dans certaines métropoles comme Paris et 95 au Portugal. Pour lui, cet écart illustre l’ampleur de la marge de progression et justifie pleinement le renforcement des mécanismes d’appui actuels.

L’intervenant est également revenu sur la transition de l’ANSEJ vers la NESDA, qu’il présente comme un changement de philosophie plus qu’un simple changement d’appellation. Créée en 1997, l’ANSEJ a financé en 28 ans près de 415 000 projets pour un montant global de 1 300 milliards de dinars, soit l’équivalent de 15 à 16 milliards de dollars. Toutefois, ce modèle a montré ses limites avec un taux d’échec ayant dépassé les 70 % auprès des banques.

« Nous sommes passés d’une logique de volume à une logique de viabilité et de résilience », a-t-il expliqué. La nouvelle approche privilégie désormais la qualification des porteurs de projets. Alors que par le passé, 62 % des bénéficiaires ne disposaient d’aucun diplôme ni formation, une préparation entrepreneuriale est désormais exigée à travers un parcours structuré de 21 jours, conforme aux standards internationaux. Pour soutenir cette ambition, l’agence a déployé un vaste réseau d’appui académique comprenant 117 centres de développement de l’entrepreneuriat (CDE) dans les universités et 190 centres au sein des établissements de formation professionnelle. Enfin, la digitalisation du suivi des dossiers a été engagée afin d’assurer un traitement plus transparent et plus rapide des demandes de financement.

Sur le plan opérationnel, l’année 2025 est présentée comme le véritable point de départ de la nouvelle NESDA. Selon son directeur général, 30 000 porteurs de projets ont déjà été formés et 3 500 projets de création ou d’extension ont été acceptés. La répartition sectorielle traduit une orientation vers l’économie productive, avec 27 % des projets dans l’industrie, 35 % dans les services et 15 % dans l’agriculture et les projets dits stratégiques. L’objectif affiché est d’atteindre un taux de résilience des entreprises financées de 60 % à l’horizon 2028.

Il a enfin plaidé pour un « Small Business Act » à l’algérienne afin de mieux protéger les petites structures, notamment à travers un accès effectif à la commande publique (dont 20 % sont théoriquement réservés) et une réduction des délais de paiement à 30 jours. Pour lui, la révision du plafond de financement s’inscrit dans cet ensemble de réformes destinées à bâtir un environnement plus stable, plus équitable et plus durable pour la micro-entreprise algérienne.

Par Selma R.

Publicité

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *