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Niveau de la liquidité bancaire en juin 2023: Au plus bas depuis la baisse exceptionnelle de 2020

La dette publique achetée pat le secteur bancaire algérien représente 40% de la masse monétaire globale en juin 2023! Ella augmenté de 180% depuis 2017. En valeur, elle représente 13 152,3 milliards de DA fin juin 2023. Elle était de 4 691,9 milliards de DA fin 2017 (seulement 19% de la masse monétaire). C’est ce qui ressort de l’analyse du cabinet Finabi Conseil.

Si la résilience de l ‘Algérie à savoir s’adapter, n’est plus à démontrer, le poids de la dette par rapport au produit intérieur brut (PIB) indique un besoin de vigilance et de gestion prudente. Le fondateur du cabinet Finabi Conseil estime que «la dette publique achetée par le secteur bancaire algérien représente 40% de la masse monétaire globale en juin 2023. Ella a augmenté de 180% depuis 2017». En valeur, cette dette « représente 13 152,3 milliards de DA fin juin 2023. Elle était de 4 691,9 milliards de DA fin 2017 (seulement 19% de la masse monétaire).

Les crédits à l’économie ont connu une rigidité relative (à peine une évolution de 18% entre 2017 et fin juin 2023). Ils représentaient 63% du total actif du secteur bancaire algérien en 2017 (8 077 milliards de DA/14 098 milliards DA). Ils ne sont que 43% du total actif des banques en juin 2023 (10470 milliards/24 226 milliards) ». Aussi, c’est une baisse relative de 31% en 5,5 ans.

En somme, pour ce cabinet, les banques tant publiques que privées ont failli, alors qu’elles jouent un rôle important dans la mobilisation des ressources nécessaires pour financer la dette. Cela inclut l’émission de titres de dette sur les marchés nationaux et internationaux.

Certains soulignent que le secteur bancaire algérien, confronté à divers défis, doit également s’adapter aux besoins de financement de l’État tout en préservant sa stabilité financière. Cela nécessite donc, une gestion prudente et une régulation efficace de la part des autorités monétaires. En effet, indique le fondateur de Finabi conseil, «les crédits accordés au secteur privé sont passés de 5 647 milliards de DA en 2021 à 5914 milliards en juin 2023. A peine 330 milliards d’évolution. Soit 60 milliards par an! » La dette publique achetée par le secteur bancaire a quant elle évolué de 2 000 milliards de DA, soit 400 milliards annuellement.

Pour illustrer la défaillance du secteur bancaire actuel dans sa mission de financer la sphère réelle, l’analyse souligne que le bilan des banques est passé de 14 098 milliards de DA à 24 226 milliards entre fin 2017 et fin juin 2023, soit 10 128 milliards d’augmentation.

Or, 66% de ces ressources supplémentaires viennent essentiellement des dépôts de SONATRACH et des dépôts à terme des ménages, ont été investies sous forme de bons de trésor pour financer le déficit budgétaire et les crédits à l’économie n’ont augmenté que de 1 592 milliards (à peine 16% des ressources supplémentaire sur la période d’analyse) .

Faut-il pour autant, tirer la sonnette d’alarme?

Ce phénomène de remplacement des ressources budgétaires par les ressources bancaires commence à tarir la liquidité bancaire. Elle a atteint en juin 2023 son niveau le plus bas depuis 2020. Elle a diminué de 982,5 milliards de DA en une seule année passant de 2008 milliards de DA en juin 2022 à 1026 milliards en juin 2023. Toujours selon cette analyse, le rôle du secteur bancaire, est de financer l’économie réelle et subsidiairement de financer le déficit budgétaire. La situation en 2017 était normal (63% du total actif des banques sous forme de crédits à l’économie et 15% sous forme de crédits à l’Etat). La situation actuelle (43 % sous forme de crédits à l’économie et 36% sous forme de crédits à l’Etat) est dangereuse et notre capacité de résilience sera réduite si la courbe des prix des hydrocarbures s’inverse.  Il faut prendre le problème à sa juste valeur, et savoir s’adapter. Si la politique monétaire joue un rôle clé dans la gestion de la dette, la Banque d’Algérie, par ses politiques, cherche à maintenir un équilibre entre la stimulation de la croissance économique et la maîtrise de l’inflation. Ces actions ont un impact direct sur la capacité du pays à gérer sa dette. Il est intéressant de noter, disent des économistes, que le dinar algérien, a connu des fluctuations au cours des dernières années, ce qui a des répercussions sur le coût de la dette libellée en USD. La stabilité monétaire est donc un enjeu de taille dans le contexte de la dette nationale.

Par Reda Hadi

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