03/04/2026
ACTUALITENATIONAL

Nouvelle équation économique de l’Algérie: Substitution aux importations et cap sur l’investissement productif

La substitution aux importations s’impose désormais comme un axe central de la nouvelle politique économique de l’Algérie, visant à renforcer la production nationale, réduire la dépendance aux marchés extérieurs et consolider les équilibres macroéconomiques. Cette orientation a été au cœur d’un jour d’étude organisé en marge du Salon de la production nationale, consacré au thème « La substitution aux importations comme priorité pour l’orientation de l’investissement », en présence de plusieurs membres du gouvernement et de responsables institutionnels.

À cette occasion, le directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), Omar Rekkache, a souligné que la substitution aux importations constitue « un choix stratégique et une priorité nationale pour orienter l’investissement productif », insistant sur son rôle déterminant dans l’amélioration de la balance des paiements et la valorisation des capacités nationales. Selon lui, l’Algérie adopte aujourd’hui une vision économique renouvelée, fondée sur l’investissement productif comme véritable moteur de développement, dans une démarche visant à réduire la dépendance extérieure et à renforcer la souveraineté économique.

Omar Rekkache a rappelé que les expériences internationales démontrent que les économies ayant réussi à bâtir des bases industrielles solides sont celles qui ont su orienter leurs investissements vers la valorisation des ressources locales, le développement des chaînes de valeur et l’adéquation entre projets d’investissement et demande réelle du marché. Il a précisé que la substitution aux importations ne saurait être envisagée comme une mesure conjoncturelle, mais comme un processus stratégique durable nécessitant une cohérence entre politiques d’investissement et politiques commerciales.

Dans cette perspective, le responsable de l’AAPI a mis en lumière plusieurs filières présentant un fort potentiel de substitution, notamment les industries agroalimentaires liées aux céréales, aux huiles, au sucre et aux produits laitiers, ainsi que les industries de transformation, les intrants industriels, les matériaux de construction, les composants et pièces de rechange destinés aux équipements industriels, agricoles et aux moyens de transport.

Plus de 7600 projets pour la substitution aux importations

Selon un bilan de l’Agence, plus de 7600 projets visant la substitution aux importations à travers la production locale sont enregistrés à l’AAPI, et devant générer plus de 270.000 emplois.

D’après ce bilan présenté lors des travaux d’une journée d’étude organisée par l’AAPI sur la substitution aux importations, sur un total de 19054 projets enregistrés au niveau des guichets uniques décentralisés et du guichet unique dédié aux grands projets et aux investissements étrangers, 7656 projets contribuent à la substitution aux importations, pour une valeur totale de 27,4 milliards de dollars.

Parmi ces investissements, les données de l’AAPI font état de l’enregistrement de sept (7) projets dans le secteur de la fabrication de pneumatiques, d’une valeur de 1,28 milliard de dollars. Ces projets devraient générer 7259 emplois et une capacité de production de 20 millions unités par an, dont environ 5 millions destinées aux véhicules lourds.

Il s’agit également de l’enregistrement de 158 projets dans le domaine de la fabrication de pièces détachées, avec une valeur d’investissement de 373 millions de dollars, devant permettre la création de 7994 emplois. Pour atteindre les résultats escomptés en matière de substitution aux importations par la production locale, l’Agence a recommandé de conjuguer de manière efficace et méthodique les efforts des différents acteurs économiques, notamment à travers l’exploration des opportunités d’investissement à viabilité économique. Elle a également appelé à renforcer la coordination entre l’AAPI, les départements ministériels et les entreprises de production, pour un diagnostic plus précis des besoins de l’économie nationale, ce qui contribue à orienter les investissements vers les activités à forte valeur ajoutée.

Par Adem A.

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