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Préservation de la classe moyenne : Les mesures clés du gouvernement

Face aux pressions économiques et aux mutations sociales, le gouvernement déploie une approche globale pour préserver le pouvoir d’achat et consolider la classe moyenne. Dans une réponse adressée à un député de l’Assemblée populaire nationale (APN), le ministre des Finances Abdelkrim Bouzred a détaillé une stratégie structurée autour d’un ensemble cohérent de 22 mesures, articulées entre réformes salariales, ajustements fiscaux et maintien d’un important système de transferts sociaux.

Au cœur de ce dispositif figure l’amélioration directe du pouvoir d’achat. L’État a procédé à une augmentation générale des salaires dans les différents secteurs, accompagnée d’une révision du barème indiciaire de la fonction publique. Cette revalorisation, qui a concerné plus de deux millions de fonctionnaires, s’est traduite également par l’augmentation de plusieurs primes et indemnités, ainsi que par un effort ciblé en faveur des bas revenus. Dans cette dynamique, le salaire national minimum garanti a été relevé à 24 000 dinars, tandis que les salaires inférieurs à 30 000 dinars ont été exonérés de l’impôt sur le revenu global, permettant une amélioration tangible du revenu net pour une large frange de travailleurs.

Cette politique salariale s’inscrit dans une logique plus large de redistribution, fortement soutenue par les finances publiques. La loi de finances 2026 consacre près de 6000 milliards de dinars aux dépenses de transfert, soit plus du tiers du budget de l’État. Une part significative de ces ressources, estimée à 2284 milliards de dinars, est destinée aux transferts directs aux ménages, incluant notamment l’allocation chômage qui bénéficie à plus de deux millions de personnes, ainsi que les pensions de retraite.

Parallèlement, près de 657 milliards de dinars sont mobilisés pour soutenir les prix des produits de large consommation, tels que les céréales, le lait, l’eau, l’énergie ou encore les produits alimentaires de base. À ces mécanismes s’ajoutent la gratuité de l’enseignement et des soins de santé, qui constituent des piliers du modèle social algérien. Afin de garantir l’efficacité de ces mesures, les pouvoirs publics ont renforcé les dispositifs de contrôle des marchés. La lutte contre la spéculation, la régulation de l’approvisionnement et la stabilisation des prix figurent parmi les priorités, dans le but de limiter les tensions inflationnistes et de préserver l’équilibre du pouvoir d’achat.

La stratégie gouvernementale repose également sur un levier économique structurant : la relance de l’activité productive. À ce titre, un nouveau cadre d’investissement a été mis en place, offrant des incitations fiscales et douanières aux projets créateurs de valeur. La simplification des procédures administratives, notamment à travers le guichet unique, vise à améliorer le climat des affaires. Le soutien aux petites et moyennes entreprises et aux start-ups est renforcé, tout comme les dispositifs d’aide à l’emploi et les programmes de formation, afin de mieux aligner les compétences sur les besoins du marché du travail.

Sur le plan social, l’effort se poursuit à travers les programmes de logement destinés à la classe moyenne, avec un accès facilité au crédit immobilier via les banques publiques. Le secteur de la santé bénéficie également de ressources accrues pour améliorer la qualité des prestations et moderniser les infrastructures, tandis que le système éducatif continue de reposer sur le principe de gratuité, consolidé par le développement de la formation professionnelle.

Pour assurer la pérennité de cet ensemble de mesures, le gouvernement mise sur une gestion plus rigoureuse des finances publiques. La rationalisation des dépenses, l’amélioration du recouvrement fiscal, le renforcement de la transparence et l’accélération de la numérisation de l’administration constituent les fondements de cette démarche. L’objectif est clair : orienter efficacement les ressources vers les secteurs à fort impact économique et social, tout en préservant les équilibres macroéconomiques.

Par Selma R.

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