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Préservation de l’État social: L’impératif d’une économie productive

L’Algérie réaffirme sans cesse son attachement à l’État social, un principe profondément ancré dans son histoire politique depuis 1954. Cependant, au-delà des intentions, une réalité économique s’impose : la solidarité nationale ne peut durablement reposer que sur une économie performante, soulevant ainsi la question du maintien du niveau de protection sociale sans une productivité industrielle capable de le financer.

Ce constat est partagé par les experts et les partenaires sociaux. Le modèle de consommation actuel, largement soutenu par les transferts sociaux, dépasse les capacités de production nationale. Pour Amar Takdjout, Secrétaire général de l’UGTA, il est temps de passer d’une logique de consommation passive à une logique de création de richesse. « On ne peut pas demander à l’État de continuer à distribuer sans que nous, en tant qu’appareil de production, ne produisions la contrepartie en termes de valeur ajoutée », a-t-il souligné lors de son intervention à la « Chaîne III » de la radio nationale. Le dilemme est clair : l’État social reste une constante, mais sa pérennité repose sur une équation simple : « Produire plus pour protéger mieux ». Or, avec une productivité industrielle parfois trois fois inférieure aux standards mondiaux, le déséquilibre budgétaire menace la cohésion sociale sur le long terme.

La performance ne se limite pas à la vitesse de production ; elle repose également sur le taux d’intégration nationale. Importer pour consommer « social » constitue un non-sens économique. L’objectif de passer de 30 % à 50 % d’intégration nationale représente le véritable levier de souveraineté. Le Pr Rachid Belhadj, Président du SNECHU, a rappelé que cette performance doit toucher les secteurs stratégiques comme la santé et l’enseignement supérieur. Pour lui, l’État social ne doit pas se résumer à l’assistanat, mais s’incarner dans l’investissement humain. « L’État social, c’est aussi la qualité du service public. Et la qualité exige rigueur, formation et évaluation constante des performances », a-t-il affirmé à la « Chaîne III ».

Un autre point fort du débat est la volonté de rompre avec la gestion de crise. Le passage de la « réaction », subir les chocs pétroliers ou les pénuries à l’« action », planifier la croissance,   est jugé impératif. Le SG de l’UGTA a insisté sur ce changement de paradigme : « La réaction, c’est basta ! Il faut être dans l’action, dans l’anticipation. On ne peut plus gérer l’économie au jour le jour si l’on veut garantir l’avenir des prochaines générations ».

Pour que la performance industrielle devienne le véritable bouclier de l’État social, deux verrous structurels doivent être levés dans le cadre d’une approche globale de réforme. Le premier défi concerne le financement bancaire, le secteur actuel ne couvrant qu’une part limitée des besoins d’investissement productif, privant ainsi l’industrie de l’oxygène financier nécessaire à son développement et à sa modernisation technologique. En parallèle, un changement profond de la culture d’entreprise est indispensable pour réconcilier durablement le travailleur avec la notion de productivité. La performance ne doit plus être perçue comme une contrainte, mais comme la seule garantie capable de pérenniser les acquis sociaux et d’assurer la survie du modèle de solidarité nationale.

Par M. A.

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