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Projets miniers structurants: Un signal fort pour accélérer l’industrialisation

L’expert et analyste économique, Hakim Bouharb, a affirmé que la réunion présidée par le président de la République pour suivre l’état d’avancement des projets structurants dans le secteur des mines et de l’industrie minière, notamment à Annaba et Béjaïa, traduit la forte volonté politique de poursuivre la concrétisation de ces projets stratégiques et d’accélérer leur réalisation.

Intervenant mercredi dans l’émission « L’Invité du matin » de la Chaîne I de la Radio algérienne, l’expert a expliqué que cette réunion véhicule plusieurs messages, le premier étant la réaffirmation de la rigueur et du sérieux dans la gestion des grands projets. Elle vise également à évaluer le niveau d’avancement de la mise en œuvre des engagements annoncés par le président de la République, tout en insistant sur le respect des délais de réalisation, l’achèvement des infrastructures et la levée des différents obstacles financiers, administratifs et techniques susceptibles d’entraver leur exécution.

Dans cette perspective, le projet intégré du phosphate de Bled El Hadba occupe une place centrale. Pour le professeur Bouharb, sa véritable valeur réside dans l’intégration complète de la chaîne de production, depuis l’extraction jusqu’à la fabrication d’engrais. « L’objectif n’est plus d’exporter uniquement une matière première, mais de développer une industrie de transformation capable de répondre aux besoins de l’agriculture nationale tout en conquérant les marchés internationaux des fertilisants », a-t-il souligné. Une telle orientation devrait, selon lui, générer des recettes en devises, stimuler l’emploi et favoriser l’émergence d’un réseau de sous-traitants composé de PME nationales.

Le spécialiste met également en avant l’importance stratégique de la mine de zinc-plomb d’Oued Amizour, dont les ressources alimenteront plusieurs filières industrielles. « Le zinc et le plomb sont des intrants essentiels pour les industries mécaniques, pharmaceutiques, la galvanisation ainsi que les technologies de stockage d’énergie, notamment les batteries », a-t-il rappelé, soulignant également les avancées technologiques engagées pour améliorer le taux de concentration du minerai.

Le professeur Bouharb insiste, par ailleurs, sur le rôle déterminant des infrastructures de transport dans la réussite de cette stratégie. Longtemps considéré comme un facteur limitant, le secteur logistique devient aujourd’hui « un véritable levier de développement grâce à une planification coordonnée entre les projets miniers et les infrastructures de transport ».

Selon lui, la ligne ferroviaire minière Est facilitera l’acheminement des productions, contribuera au désenclavement des régions concernées et favorisera l’émergence de nouvelles opportunités d’investissement. L’extension du port d’Annaba répond à la même logique. Le renforcement de ses capacités permettra d’accueillir des navires de grande capacité grâce à un tirant d’eau porté à 16 mètres, tout en accompagnant la montée en puissance des exportations industrielles.

« Sur une production cible de 10 millions de tonnes de phosphate, près de six millions de tonnes devraient être transformées localement en engrais avant leur exportation », a-t-il précisé, estimant que cette orientation traduit la volonté de privilégier l’exportation de produits à forte valeur ajoutée plutôt que de matières premières.  Le professeur Bouharb considère également que ces projets doivent s’accompagner de la création d’un véritable écosystème industriel. Il plaide pour le développement de clusters autour des grands complexes miniers, intégrant les PME, les start-ups, les centres de recherche et les établissements de formation.

« Les grands projets ne produisent pleinement leurs effets que lorsqu’ils entraînent dans leur sillage un tissu industriel local capable de fournir des services, des équipements et des solutions innovantes », a-t-il affirmé. L’expert met également l’accent sur l’importance du transfert de technologie et des partenariats internationaux. Selon lui, la diplomatie économique doit permettre de conclure des accords favorisant l’acquisition de savoir-faire industriels, tout en valorisant les ressources minières associées, notamment les terres rares, afin de soutenir le développement d’industries de haute technologie.

Par Selma R.

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