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Raffinage et pétrochimie: L’Algérie plaide pour une intégration industrielle africaine

L’Algérie réaffirme son ambition de transformer le paysage énergétique africain en misant sur l’intégration et la valorisation locale. Une rencontre stratégique s’est tenue dimanche à Alger entre Mohamed Arkab, ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, et Anibor Kragha, secrétaire exécutif de l’Association des Raffineurs et Distributeurs Africains (ARDA), pour tracer les contours d’une coopération renforcée dans l’aval pétrolier.

Les discussions ont ciblé les segments clés de la chaîne de valeur, à savoir le raffinage, la pétrochimie, le stockage et la distribution des produits pétroliers. Un accent particulier a été mis sur le gaz de pétrole liquéfié (GPL), considéré comme une énergie essentielle pour améliorer l’accès à l’énergie de millions de ménages africains, notamment dans les régions où les infrastructures électriques demeurent insuffisantes. Les deux parties ont également abordé les questions liées à la sécurité industrielle, au renforcement des normes environnementales ainsi qu’à l’amélioration des cadres réglementaires et juridiques devant accompagner le développement du secteur sur le continent.

Cette rencontre intervient dans un contexte où de nombreux pays africains demeurent fortement dépendants des importations de produits pétroliers raffinés malgré l’abondance de leurs ressources en hydrocarbures. Une situation qui prive souvent les économies africaines d’une part importante de la valeur ajoutée générée par leurs ressources naturelles.

C’est précisément cette problématique que l’Algérie souhaite contribuer à dépasser à travers une stratégie fondée sur le développement des capacités locales de transformation. Défendant une vision de souveraineté économique et de co-développement, Mohamed Arkab a insisté sur l’urgence pour l’Afrique de s’affranchir progressivement du modèle basé sur l’exportation de matières premières brutes.

« L’Afrique est appelée à passer d’une logique de rente à une logique de développement intégré, fondée sur la valorisation de ses ressources naturelles », a-t-il déclaré. Pour le ministre, l’industrialisation locale, le transfert de technologies et la création de chaînes de valeur nationales et régionales constituent les leviers indispensables pour générer davantage d’emplois, renforcer les capacités industrielles et soutenir une croissance plus inclusive.

Afin d’illustrer cette approche, Mohamed Arkab a présenté l’expérience algérienne dans la gestion et la valorisation des hydrocarbures. Il a rappelé que cette stratégie repose sur le principe de souveraineté nationale sur les ressources, sur le rôle central des entreprises publiques, en particulier Sonatrach, ainsi que sur un cadre juridique visant à attirer les investissements tout en préservant les intérêts stratégiques de l’État. Il a également mis en avant les efforts engagés par l’Algérie pour développer ses capacités de raffinage, renforcer son industrie pétrochimique et accompagner la transition énergétique à travers une meilleure intégration des considérations environnementales.

Le levier de la formation et de la coopération Sud-Sud

L’un des axes majeurs de cette vision repose sur le développement du capital humain. L’Algérie considère en effet que la réussite des politiques industrielles et énergétiques passe avant tout par la formation des compétences et le partage du savoir-faire. Dans ce cadre, l’Institut Algérien du Pétrole (IAP) et l’Académie de management de Sonatrach ont été présentés comme des pôles d’excellence capables d’accueillir et de former les cadres africains dans les métiers du raffinage, de la pétrochimie, de la distribution et de la gestion des projets énergétiques.

Cette démarche s’inscrit dans une logique de coopération Sud-Sud fondée sur le partenariat, la complémentarité et l’échange d’expériences. Alger affiche ainsi sa volonté de mettre son expertise au service des pays africains désireux de développer leurs propres industries de transformation et de renforcer leur sécurité énergétique. De son côté, Anibor Kragha a salué cette orientation, rappelant que l’accès à l’énergie demeure l’un des principaux défis du continent.

Il a plaidé pour un renforcement de la solidarité africaine afin d’accélérer le développement des infrastructures énergétiques et de favoriser l’émergence d’un marché africain plus intégré. Fondée en 2006, l’ARDA, qui fédère les principaux acteurs de la chaîne d’approvisionnement pétrolière du continent, apparaît ainsi comme un partenaire stratégique pour concrétiser cette ambition commune de bâtir une industrie énergétique africaine plus performante, plus résiliente et davantage créatrice de valeur ajoutée.

Par Selma R.

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