Ramadhan 2026 : 147 000 familles bénéficieront d’une aide de 10 000 dinars
À une semaine du mois sacré du Ramadhan, le ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme déploie un dispositif élargi d’aide sociale combinant soutien financier direct, restauration solidaire et programmes d’accompagnement. Au total, 147 000 familles nécessiteuses bénéficieront d’une allocation exceptionnelle de 10 000 dinars, dans le cadre d’une enveloppe globale dépassant 1,4 milliard de dinars mobilisée pour cette période.

L’annonce a été détaillée par la directrice centrale au ministère, Soumia Oulmane, lors de son intervention sur la « Chaîne III » de la Radio nationale. Elle a indiqué que l’opération d’octroi de cette aide a été engagée de manière anticipée, dès le mois de novembre dernier, afin d’assurer une distribution fluide avant le début du Ramadhan. Selon elle, la majorité des familles concernées a déjà perçu son allocation. « L’opération sera finalisée avant le Ramadhan, à coup sûr », a-t-elle assuré, en soulignant la coordination entre les services du ministère, les collectivités locales et les acteurs associatifs.
Ce programme repose sur un ciblage social jugé prioritaire par les autorités. L’identification des bénéficiaires s’effectue à travers les services sociaux communaux, sur la base de demandes exprimées par les ménages et d’enquêtes de terrain destinées à vérifier la situation réelle des foyers. L’objectif affiché est de garantir que l’aide parvienne effectivement aux familles les plus fragiles, tout en limitant les risques d’erreur ou de doublon. Les responsables du secteur mettent en avant une démarche fondée à la fois sur la rigueur administrative et le respect de la dignité des bénéficiaires.
Concernant le montant de l’allocation, fixé à 10 000 dinars par famille, Mme Oulmane a rappelé qu’il s’agit d’un appui ponctuel destiné à atténuer la pression des dépenses alimentaires et domestiques durant le mois sacré. « C’est une somme qui a été calculée pour améliorer la qualité de vie de ces familles », a-t-elle expliqué. Cette contribution s’inscrit dans les mécanismes de solidarité activés chaque année, mais avec une organisation plus anticipée et un encadrement renforcé cette fois-ci.
Le dispositif ne se limite pas à l’aide monétaire. Il s’accompagne d’un vaste programme de restauration solidaire à travers les restaurants de la « Rahma », qui offriront des repas gratuits aux jeûneurs et aux personnes démunies. Plus de 2 200 autorisations d’ouverture ont déjà été accordées, après contrôle des conditions de salubrité et de sécurité, et ce chiffre pourrait encore évoluer à la hausse dans les prochains jours.
Ces espaces sont présentés non seulement comme un soutien alimentaire, mais aussi comme des lieux de solidarité de proximité et de lien social, fortement animés par le mouvement associatif et les bénévoles. Dans le même esprit, le ministère coordonne également la distribution de dons en nature, notamment des denrées alimentaires collectées par des associations auprès de particuliers et d’opérateurs économiques.
Cette action vise à mieux structurer la chaîne de solidarité et à orienter les aides vers les zones et les publics prioritaires. Les préparatifs du Ramadhan incluent par ailleurs une campagne nationale de sensibilisation à la rationalisation de la consommation alimentaire. Face aux habitudes d’achats excessifs observées durant ce mois, le secteur appelle à une consommation responsable et à la lutte contre le gaspillage. Des messages pratiques sont diffusés pour encourager une meilleure gestion des achats et des repas, afin de concilier esprit de solidarité et préservation des ressources.
Dépassant l’urgence saisonnière l’urgence saisonnière, le ministère met aussi en avant la continuité de ses programmes d’accompagnement social. Un accent particulier est mis sur le soutien aux femmes rurales et aux personnes exerçant une activité à domicile, à travers des marchés solidaires destinés à valoriser leurs produits et à renforcer leur autonomie économique. Des actions spécifiques sont également maintenues en direction des personnes âgées, des enfants pris en charge dans les établissements spécialisés et des personnes sans domicile fixe, avec des équipes chargées du repérage et de l’orientation vers des solutions d’hébergement et de prise en charge.
Par Réda Hadi
