02/04/2026
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Ramadhan, sécurité hydrique et développement local: Les orientations du Conseil des ministres saluées

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a présidé mardi une réunion du Conseil des ministres consacrée notamment au suivi des mesures d’approvisionnement du marché national durant le mois sacré de Ramadhan, ainsi qu’à l’état d’avancement de plusieurs programmes de développement territorial. Les décisions arrêtées mettent l’accent sur la sécurité alimentaire, la sécurité hydrique et le rééquilibrage du développement entre les régions. Des orientations que l’économiste Houari Tigharsi considère comme des leviers structurants pour la stabilité économique et sociale.

Concernant le Ramadhan, le Conseil a examiné les dispositifs destinés à garantir la disponibilité des produits de large consommation. Le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’assurer aux citoyens un mois de Ramadhan serein grâce à une action publique plus efficace en matière d’approvisionnement et de régulation du marché. Pour Houari Tigharsi, professeur à l’Université d’Alger, « les décisions prises traduisent des priorités majeures en ce début d’année ».

Commentant le communiqué du Conseil des ministres, il estime que l’accent mis sur la disponibilité des produits et la maîtrise des prix dépasse le seul cadre conjoncturel du Ramadhan. Selon lui, « l’approvisionnement du marché ne relève pas uniquement d’une dimension sociale conjoncturelle, mais s’inscrit dans une approche stratégique de sécurité alimentaire visant à prévenir les pénuries et les perturbations de distribution », a-t-il déclaré lors de son intervention sur la « Chaîne I » de la radio nationale.

Il ajoute que la fermeté affichée contre la spéculation et les tensions artificielles sur les prix contribue à stabiliser les marchés et à renforcer la confiance. « L’intervention précoce de l’État joue un rôle protecteur pour le pouvoir d’achat et constitue un facteur de confiance pour les opérateurs comme pour les consommateurs », a-t-il expliqué.

La question de l’eau figure également parmi les axes directement liés à l’analyse de l’expert. Les orientations données lors de la réunion portent sur le renforcement des capacités de production et de gestion de la ressource, notamment à travers de nouveaux projets structurants dans le Sud.

Pour Houari Tigharsi, cette dynamique confirme que la sécurité hydrique est désormais traitée comme une priorité stratégique nationale. Il observe que l’amélioration de la pluviométrie a permis une remontée du niveau de plusieurs barrages, tout en soulignant que l’enjeu central demeure la qualité de la gestion, du stockage et de la rationalisation de l’usage de l’eau, aussi bien pour la consommation que pour l’irrigation. Il qualifie l’expérience algérienne dans le dessalement de l’eau de mer de réussie et porteuse à long terme.

« Les nouvelles capacités installées ces dernières années constituent un appui décisif pour la sécurité hydrique nationale. L’extension de cette approche vers les wilayas du Sud représente une décision stratégique répondant à la fois aux besoins actuels et futurs », a-t-il rappelé. L’expert met aussi en avant les retombées économiques de ces investissements, estimant qu’ils contribuent à réduire la pression sur les ressources souterraines, à soutenir l’activité productive locale et à favoriser l’emploi, des facteurs qu’il lie directement à la stabilité des territoires.

S’agissant du développement territorial, le Conseil des ministres a évalué l’avancement de programmes complémentaires destinés à plusieurs wilayas de l’intérieur et du Sud. Sur ce point également, l’analyse de Houari Tigharsi converge avec l’orientation générale retenue. Il considère ces programmes comme un instrument efficace de rattrapage territorial. « Plusieurs de ces wilayas ont enregistré des progrès visibles ces dernières années dans les domaines des infrastructures, du logement et des services publics, après de longues périodes de sous-équipement », a-t-il observé.

Selon lui, l’élargissement de ce type de dispositifs aux wilayas les moins développées traduit une volonté de promouvoir une croissance plus équilibrée et une répartition plus équitable des richesses à l’échelle nationale.

Par Selma Rachid.

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