La modernisation du cadre juridique, l’adaptation du modèle économique de la presse et le renforcement des mécanismes de soutien public figurent parmi les principaux chantiers engagés pour accompagner les mutations du paysage médiatique algérien. À l’occasion du 64e anniversaire du recouvrement de la souveraineté nationale sur la radio et la télévision, le ministre de la Communication, Mohamed Bouslimani, a évoqué les mesures destinées à améliorer l’organisation du secteur et à renforcer les conditions d’exercice de la profession.
Le secteur des médias algériens doit en effet adapter son fonctionnement aux transformations numériques et aux nouvelles habitudes de consommation de l’information. Selon les orientations présentées par le ministre, cette évolution passe par la conjugaison de trois leviers : des réformes législatives, un accompagnement des entreprises de presse et une amélioration des conditions socioprofessionnelles des journalistes.
Sur le plan juridique, le processus de réforme, engagé avec la promulgation des textes encadrant l’information, l’audiovisuel ainsi que la presse écrite et électronique, entre désormais dans une phase de mise en œuvre. Mohamed Bouslimani a annoncé la publication prochaine des textes d’application et l’installation des autorités de régulation, afin de compléter l’architecture institutionnelle du secteur. « Après la promulgation des lois sur l’information, la loi organique, la loi sur l’audiovisuel et la loi sur la presse écrite et électronique, nous sommes en phase de parachèvement du processus, avec les textes d’application qui vont sortir prochainement », a-t-il indiqué sur les ondes de la « Chaîne III » de la radio nationale. Il a également souligné que l’installation des autorités de régulation figurait parmi les prochaines échéances, dans l’objectif d’améliorer l’organisation de la profession.
Après le volet juridique, la viabilité économique des entreprises de presse constitue un enjeu central, en particulier pour les titres confrontés au recul de la presse papier, à la hausse du coût des intrants et à la progression des supports numériques. Dans ce contexte, le développement de la presse électronique apparaît comme une priorité, car les médias doivent rechercher des modèles économiques capables de financer durablement la production d’une information professionnelle. Le ministre a ainsi insisté sur la nécessité de disposer d’outils fiables de mesure d’audience, indispensables pour mieux évaluer la portée des publications numériques et renforcer leur attractivité. Cette démarche doit être menée en concertation avec les professionnels du secteur. « L’objectif est clair, c’est de mettre en place des outils de mesure d’audience fiables. C’est un levier indispensable pour booster de manière appropriée les jeunes titres de cette presse, notamment la presse en ligne », a-t-il expliqué.
Le soutien public demeure par ailleurs un volet important de l’accompagnement du secteur. Mohamed Bouslimani a rappelé que les médias publics continuaient de bénéficier de subventions et que la presse écrite profitait de mécanismes indirects de soutien, notamment en matière d’impression. Il a cité le maintien, depuis 1997, du tarif de 5,60 dinars supporté par l’éditeur pour l’impression d’un journal, alors que le coût réel à l’imprimerie avoisine les 25 dinars. Cet écart illustre le poids de l’accompagnement public, dans un contexte marqué par la hausse des coûts du papier.
L’amélioration des conditions de travail des journalistes complète ce dispositif. La nouvelle législation prévoit l’obligation d’un contrat de travail écrit et renforce les exigences relatives à la déclaration des employés et à leur couverture sociale. L’objectif affiché est de réduire le travail informel et de consolider la stabilité professionnelle des journalistes.
La formation continue constitue enfin un autre axe de cette politique. Le ministère indique avoir organisé une quarantaine de sessions de formation ces dernières années, avec une attention particulière portée aux compétences numériques, à l’intelligence artificielle et à la spécialisation journalistique. Le ministre a, par ailleurs, annoncé la poursuite des rencontres avec les représentants des médias publics et privés afin de recueillir leurs préoccupations et de suivre les mesures engagées. Ces concertations doivent contribuer à adapter l’action publique aux évolutions rapides du secteur.
Par Selma R.
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