03/04/2026
ACTUALITENATIONAL

Régulation des prix, disponibilité des produits et protection du pouvoir d’achat: Le marché stable à la veille du Ramadhan

À la veille du Ramadhan, la Fédération algérienne des consommateurs (FAC) a dressé un état des lieux détaillé du marché national lors du Forum d’El Moudjahid. À travers une analyse globale de l’offre, des prix et des comportements d’achat, son président, Zaki Hariz, a livré un message globalement rassurant sur la disponibilité des produits et la stabilité relative du marché, tout en appelant à davantage de discipline dans les pratiques commerciales et dans le comportement des consommateurs. Les échanges ont également été enrichis par les interventions d’Abidi Mohamed, qui a insisté sur les aspects logistiques, le suivi des circuits de distribution et la responsabilité du consommateur.

D’emblée, Zaki Hariz a expliqué que le marché national connaît actuellement une phase d’équilibre, en particulier pour les produits de large consommation. Les disponibilités sont assurées en quantités et en qualité pour la majorité des familles de produits, qu’il s’agisse des denrées agricoles, des produits transformés ou des biens courants utilisés durant le mois de Ramadhan. Selon lui, les étals devraient être suffisamment approvisionnés en légumes, fruits, viandes rouges et blanches, produits laitiers, café, thé, sucre, huile et semoule.

« Cette situation revient aux efforts conjoints des pouvoirs publics, des départements ministériels concernés et des opérateurs économiques, mobilisés pour garantir la fluidité de l’approvisionnement et protéger le pouvoir d’achat des ménages », a-t-il souligné, en insistant sur la volonté affichée de lutter contre la spéculation, le stockage illicite et la rétention de marchandises.

Dans le même sens, Abidi Mohamed, membre actif de la fédération a indiqué que la question de la disponibilité ne se limite pas aux volumes globaux, mais dépend aussi de la qualité de l’organisation sur le terrain. Il a rappelé que « la chaîne logistique et la distribution de proximité jouent un rôle décisif pour éviter les ruptures locales », ajoutant que le suivi des flux entre marchés de gros et détaillants doit être renforcé durant toute la période du Ramadhan. Il a estimé que la coordination entre producteurs, transporteurs et commerçants constitue un facteur clé pour maintenir la régularité de l’offre.

Produits de base : des prix en recul pour plusieurs références

La FAC relève par ailleurs une amélioration par rapport à l’année précédente pour plusieurs produits alimentaires très demandés durant le Ramadhan. Les prix de certains légumes de base, notamment la pomme de terre, ont reculé, passant d’environ 120 dinars le kilo l’an dernier à une fourchette de 60 à 70 dinars actuellement, avec une offre jugée abondante. La production de dattes est annoncée en forte quantité cette saison, avec des prix variant globalement entre 400 et 500 dinars selon les qualités. Le marché des œufs montre également des signes de détente, avec un prix unitaire passé d’environ 20 dinars à 15 dinars, et une possibilité de baisse supplémentaire si le rythme de production se maintient. Abidi Mohamed a précisé que « ces évolutions positives doivent être consolidées par un suivi quotidien des marchés et une réaction rapide en cas de tension ».

S’agissant des viandes, la fédération distingue plusieurs segments. La viande blanche reste disponible à des prix proches du niveau encadré, autour de 350 à 370 dinars le kilo. Les viandes rouges importées sont également présentes sur le marché, avec des prix à partir d’environ 1 200 dinars le kilo. ZakiHariz a salué le développement de l’abattage local des animaux importés, estimant que cette pratique renforce la traçabilité sanitaire et la confiance des consommateurs.

« Les grands abattoirs nationaux fonctionnent encore bien en deçà de leurs capacités et pourraient contribuer davantage à la régulation du marché », a-t-il rappelé. Sur ce point, Abidi Mohamed a ajouté que « l’organisation des circuits d’abattage et de distribution peut jouer un rôle direct dans la stabilisation des prix finaux ».

Un point d’alerte important soulevé par la FAC concerne l’écart parfois jugé excessif entre les prix de gros et les prix de détail. Des cas ont été cités où un produit sort du marché de gros à 30 dinars pour être vendu entre 80 et 90 dinars au détail. La fédération plaide pour un encadrement plus précis des marges sur les fruits et légumes et indique avoir proposé aux autorités l’étude d’un mécanisme de plafonnement des marges bénéficiaires sur certains produits sensibles.

Un appel à la consommation responsable

Au-delà des prix, la FAC insiste fortement sur le comportement d’achat des ménages. Son président a mis en garde contre les achats massifs et le stockage précoce qui perturbent artificiellement l’équilibre du marché. Selon lui, une partie des tensions observées certaines années ne provient pas d’un manque réel de marchandises, mais d’une surconsommation et d’achats anticipés sur de longues périodes.

Il appelle les familles à acheter selon leurs besoins réels et à éviter le gaspillage, rappelant que les recommandations nutritionnelles internationales préconisent une consommation quotidienne d’environ 400 grammes de fruits et légumes par personne. Abidi Mohamed a appuyé cette idée en déclarant que « lorsque le consommateur achète de manière rationnelle, il coupe la voie à la spéculation et contribue lui-même à la stabilité des prix ».

La fédération a également présenté les résultats d’une étude sur le coût de la consommation alimentaire durant le Ramadhan. En se basant sur une population estimée à 47 millions de consommateurs, répartis en près de 9,4 millions de ménages, la FAC évalue la dépense alimentaire totale du mois à environ 520 milliards de dinars pour 26 produits de base.

Près de la moitié de ce budget serait concentrée sur cinq catégories seulement : viandes rouges, viandes blanches, dattes, œufs et quelques produits essentiels fortement demandés. Cette structure de dépense, combinée à des prix libres sur plusieurs de ces segments, explique la forte sensibilité du panier alimentaire durant cette période. « Cette concentration des dépenses sur peu de produits rend le marché plus vulnérable aux variations de prix », a relevé Mohamed Abidi.

Enfin, les responsables de la fédération ont insisté sur l’importance de la sécurité sanitaire et de la qualité des produits. Ils ont rappelé la nécessité de renforcer la vigilance contre les produits impropres à la consommation, les fraudes, la vente conditionnée et certaines dérives observées dans le commerce classique et numérique. La FAC annonce la poursuite de ses campagnes de sensibilisation, de ses actions de terrain avec les directions du commerce et de ses programmes d’éducation à la consommation responsable.

Par Selma Rachid

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