Rénovation et réalisation de projets touristiques: Priorité aux matériaux et équipements « Made in Algeria »
En visite de travail dans la wilaya de Béjaïa, samedi, la ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Houria Meddahi, accompagnée du wali et des autorités locales, a inspecté plusieurs projets structurants en cours de réalisation. Cette sortie de terrain s’inscrit dans une stratégie visant à accélérer la dynamique du secteur touristique local, qui occupe déjà une place importante dans l’économie de la wilaya, laquelle a accueilli en 2025 plus de 212 500 touristes nationaux et près de 11 000 visiteurs étrangers.

La ministre a rappelé que Béjaïa dispose d’atouts naturels et économiques solides, avec un littoral comptant 46 plages dont 35 autorisées à la baignade, 23 zones humides et trois sources thermales majeures, à savoir Sidi Yahia El Aidli, Kiria et Sillal. Le parc hôtelier regroupe actuellement 73 établissements totalisant 5 757 lits et générant 2 620 emplois directs. Elle a également mis en avant le poids du secteur de l’artisanat, qui compte 15 683 artisans recensés, appuyés par des structures dédiées telles que le centre d’Aokas et la Maison de l’Artisanat de Béjaïa.
La tournée a permis d’examiner l’état d’avancement de plusieurs chantiers d’envergure, à commencer par l’hôtel public Les Hammadites à Tichy, qui fait l’objet d’une vaste opération de réhabilitation et d’extension sur plus de 93 000 m². Le projet prévoit une capacité de 516 lits, comprenant un hôtel de 139 chambres, des studios et des bungalows de haut standing, ainsi que des équipements modernes, dont un centre d’affaires, un SPA et un théâtre en plein air.

À cette occasion, la ministre a souligné l’importance de valoriser l’identité nationale dans les projets publics en déclarant : « Le renouveau de nos structures publiques doit impérativement s’appuyer sur des matériaux et un savoir-faire algériens pour refléter notre authenticité tout en garantissant une qualité de service internationale ».
À Melbou, la délégation a également inspecté le projet de résidence touristique porté par l’EURL Buil Concept. D’un coût de 1,48 milliard de DA, il affiche un taux d’avancement de 40 % et prévoit une capacité de 277 lits ainsi que la création de 45 emplois. Dans la même localité, l’hôtel Le Rémora approche de la phase finale avec un taux de réalisation de 79 %. Ses 28 chalets sont déjà achevés et l’ensemble offrira 313 lits pour environ 80 emplois directs.
Un autre projet, le complexe Costa Azahar 2, s’étendant sur 12 000 m², est réalisé à 30 %. Il prévoit 300 lits répartis entre appartements et villas, avec une zone de loisirs intégrée, contribuant à la diversification de l’offre balnéaire. Face à l’ampleur de ces investissements, la ministre a insisté sur la responsabilité des promoteurs en affirmant : « Le respect des délais contractuels n’est pas une simple formalité, c’est un engagement envers le développement de la région que nous suivrons désormais de très près pour assurer une mise en service rapide ».
Le volet foncier touristique a également été examiné. La wilaya compte 12 zones d’expansion touristique couvrant 1 150 hectares. L’approbation des plans d’aménagement pour Aokas et Agrioun a permis de dégager 17 assiettes foncières destinées à de nouveaux projets, avec une capacité attendue de 2 462 lits supplémentaires et plus de 4 150 emplois. Par ailleurs, le projet d’aménagement de la plage de Lota, à Souk El Tenine, doté d’une enveloppe de 56 millions de DA sur un linéaire de 1 200 mètres, vise à créer un espace attractif ouvert toute l’année, orienté vers le tourisme familial.
En clôture de visite, la ministre a réaffirmé une orientation fondée sur la modernisation et le patriotisme économique. Elle a insisté sur la priorité à accorder aux matériaux et équipements « Made in Algeria » afin de réduire la facture d’importation et de soutenir la production nationale.
Elle a également appelé au renforcement des partenariats avec le secteur de la formation professionnelle pour garantir une main-d’œuvre qualifiée dans les futurs établissements. La modernisation du secteur passe aussi, selon elle, par la transformation numérique, avec la généralisation du paiement électronique et des systèmes de réservation en ligne pour améliorer la gestion et l’expérience client. Soucieuse de l’accessibilité de l’offre, elle a enfin invité les investisseurs à maintenir des tarifs adaptés aux familles algériennes, rappelant que le tourisme social constitue un levier essentiel du marché interne.
Par Selma R.
