Revalorisation du SNMG et de l’allocation chômage: L’État renforce sa politique sociale
Lors du dernier Conseil des ministres, le président de la République a décidé de revaloriser le Salaire national minimum garanti (SNMG) ainsi que l’allocation chômage. Ces deux mesures importantes s’inscrivent dans la continuité des engagements présidentiels en faveur du pouvoir d’achat et du soutien aux catégories les plus vulnérables, marquant une nouvelle étape dans le renforcement de la politique sociale de l’Algérie.

À partir de janvier 2026, le SNMG passera de 20 000 à 24 000 DA, soit une augmentation de 20 %. L’allocation chômage sera également revalorisée, passant de 15 000 à 18 000 DA par mois. Ces mesures touchent directement des millions d’Algériens. « Ce que nous faisons aujourd’hui est l’illustration concrète de la dimension sociale de l’État algérien. C’est aussi la traduction des engagements répétés du président de la République », a déclaré Abdelmalik Atailia, directeur général de l’emploi et de l’intégration au ministère du Travail, lors de son intervention à la « Chaîne I » de la radio nationale. « L’objectif est double : soutenir le pouvoir d’achat des travailleurs et offrir un filet de sécurité plus robuste aux chercheurs d’emploi, notamment les jeunes », a-t-il ajouté.
La hausse de l’allocation chômage représente une injection supplémentaire de 3 000 DA par mois et par bénéficiaire et vise directement les 1,5 million de personnes actuellement inscrites au dispositif. « Tous les bénéficiaires en recevront effectivement le montant. Cette allocation n’est pas une fin en soi ; elle est conçue pour renforcer les capacités des jeunes, améliorer leur employabilité et leur offrir une protection sociale tout en préservant leur dignité », a précisé M. Atailia. Le système est en cours de refonte pour en améliorer l’efficacité, et la durée d’indemnisation est désormais fixée à un an, renouvelable sous conditions. « Nous étudions, avec d’autres secteurs comme la formation professionnelle, les mécanismes de ce renouvellement. L’idée est que ces douze mois soient une période de transition active vers un emploi durable et décent », a-t-il expliqué.
Le succès de cette politique repose largement sur la capacité de l’Agence nationale de l’emploi (ANEM) à jouer pleinement son rôle d’intermédiaire. Selon le directeur général, environ 1,2 million de demandeurs d’emploi sont inscrits, tandis que près de 490 000 offres ont été déposées par les entreprises jusqu’au 31 octobre 2025, permettant le placement d’environ 370 000 personnes. « La feuille de route est claire : une digitalisation à 100 % de nos services pour plus de transparence et d’efficacité, et un rapprochement actif avec le secteur économique. Nous ne pouvons pas nous contenter d’attendre les offres ; nous devons aller les chercher », a martelé M. Atailia. « La relation de confiance avec le secteur privé, créateur de richesse et d’emplois, est fondamentale. Nous travaillons à instaurer des points de contact permanents, à organiser des salons de l’emploi et à accompagner les entreprises dans leurs besoins en recrutement ».
La stratégie du ministère ne se limite pas aux aides financières. Elle s’articule également autour de trois autres piliers : la formation, l’entrepreneuriat et la lutte contre le travail non déclaré. Près de 300 000 jeunes allocataires ont déjà bénéficié de formations, et plus de 104 000 ont accédé à un emploi stable grâce à ce dispositif. « L’esprit d’entreprise est crucial. Nous encourageons les jeunes à créer leur propre activité, notamment dans les TPE et PME », a indiqué le responsable. Parallèlement, la lutte contre l’économie informelle est intensifiée. « Le travail non déclaré pèse sur l’économie et déséquilibre les finances sociales. Nous menons des actions conjointes de contrôle et de sensibilisation avec les organismes de sécurité sociale, privilégiant l’accompagnement à la seule répression. »
Conscient des disparités régionales, le gouvernement mise sur les grands projets structurants, notamment dans le Sud, pour impulser une dynamique économique et créer des emplois locaux. « Les régions du Sud sont en pleine transformation et deviennent des pôles de production, notamment agricole. Les projets lancés y joueront un rôle majeur dans la création de richesse et d’emplois », a assuré Atailia. Alors que des études sont en cours pour une éventuelle revalorisation des pensions de retraite, le directeur général se veut optimiste pour l’avenir : « Ces mesures sociales doivent être accompagnées par une mobilisation de tous les acteurs économiques. Si nous maintenons le cap sur l’investissement, la production et l’amélioration du climat des affaires, nous poserons les bases d’une croissance inclusive qui bénéficiera à tous les Algériens ». Le défi de la concrétisation sur le terrain reste néanmoins entier pour les années 2026-2027.
Par Adem A.
