Le groupe Sonelgaz prévoit de consacrer 624 milliards de dinars à ses investissements en 2027, avec pour priorités le renforcement des capacités de production électrique, la mise en service de nouvelles installations solaires et le développement des réseaux de transport. Ce programme vise à répondre à la progression de la demande, à soutenir l’activité économique et à préparer progressivement le système électrique algérien à une plus grande diversification de ses sources de production.

Le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, a présenté ce mardi les grandes lignes du budget sectoriel devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances (PLF) 2027. Il a souligné l’importance de ces investissements pour accompagner la hausse de la demande nationale et consolider la sécurité énergétique du pays. Le programme s’inscrit en effet dans une dynamique de renforcement des infrastructures, alors que l’Algérie doit répondre aux besoins croissants des ménages, des activités industrielles et des projets économiques structurants. Il accorde par ailleurs une place importante à l’intégration des énergies renouvelables dans le système électrique national.
Parmi les principales opérations programmées figure la mise en service des centrales solaires photovoltaïques restantes, d’une capacité cumulée de 2 440 MW, qui marquera l’achèvement de la première phase du programme national de développement des énergies renouvelables. Cette étape doit contribuer à diversifier les sources de production d’électricité, à réduire la consommation de gaz naturel destinée à cet usage et à soutenir le développement d’une industrie nationale liée aux équipements solaires. Elle s’inscrit dans l’objectif de porter les capacités de production d’électricité renouvelable à 15 000 MW à l’horizon 2035.
À la date de la présentation du ministre, 760 MW de puissance photovoltaïque étaient déjà entrés en service dans le cadre de cette première phase, qui prévoit une capacité totale de 3 200 MW répartie sur 21 centrales dans 14 wilayas. Le programme d’investissement prévoit également la mise en service partielle de centrales électriques à Djelfa, à Oumache 3 et à Mostaganem, pour une capacité cumulée de 1 378 MW. Le lancement des travaux de nouvelles centrales à Tébessa et à Adrar figure aussi parmi les opérations annoncées pour 2027, de même qu’une centrale de 136 MW à Tamanrasset.
Ces projets doivent consolider les capacités nationales de production et améliorer la couverture des besoins énergétiques, notamment dans les régions du Sud. L’importance de ces investissements a d’ailleurs été mise en évidence durant l’été 2026, marqué par une forte hausse des températures et une demande record d’électricité. Selon les chiffres présentés par le ministre, la consommation a atteint un pic historique de 21 828 MW, alors qu’elle aurait pu culminer à près de 23 038 MW sans les mesures préventives prises durant la période estivale. Malgré cette pression, le système électrique national a maintenu sa stabilité et la continuité du service.
L’Algérie dispose actuellement d’une capacité de production de 28 024 MW, d’un réseau de transport électrique de 37 200 kilomètres et d’un réseau de distribution dépassant 445 000 kilomètres. « La sécurisation de l’approvisionnement énergétique et la satisfaction de la demande nationale croissante nécessitent des investissements conséquents dans la production, le transport et la distribution », a souligné le ministre, en insistant sur le rôle stratégique du secteur dans le développement économique, industriel et social.
Sonelgaz prévoit en outre de poursuivre la modernisation des infrastructures de transport. Le programme 2027 comprend notamment l’achèvement du projet de relèvement de la tension d’une ligne électrique dans l’Est du pays, de 90 à 220 kilovolts, sur une distance de 130 kilomètres. Le renforcement des réseaux constitue également un enjeu pour accompagner les grands projets industriels et miniers. Le secteur de l’énergie mobilise ainsi plus de 76 milliards de dinars pour le raccordement de projets stratégiques, notamment le projet de phosphate de l’Est, le gisement de zinc et de plomb de Tala Hamza et le projet de fer de Gara Djebilet.
Par S. R.



