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Sous la crainte d’un choc pétrolier mondial: Le Brent continue de grimper

Sur fond de tensions croissantes au Moyen-Orient, les cours du pétrole poursuivent leur envolée. Ce lundi, les prix ont progressé d’environ 3 %, signant une quatrième séance consécutive de hausse. Cette dynamique s’explique par de fortes inquiétudes sur l’offre mondiale, alors que le conflit impliquant les États-Unis, l’Entité Sioniste et l’Iran entre dans sa troisième semaine.

Dans la matinée, le baril de Brent pour livraison en mai s’échangeait à 106,13 dollars, en hausse de 2,87 %, tandis que le WTI américain pour avril gagnait 2,05 % pour atteindre 100,70 dollars. Dans l’après-midi, les cours ont évolué à la baisse : le Brent reculait à 103,46 dollars, ne conservant qu’une progression de 0,31 %, alors que le WTI cédait 1,37 % à 97,36 dollars. Cette flambée s’inscrit dans une tendance plus large : depuis le début du mois, les contrats à terme ont progressé de plus de 40 %, retrouvant des niveaux inédits depuis 2022. Au cœur de cette volatilité, le détroit d’Hormuz, par lequel transite près d’un cinquième de l’approvisionnement mondial, demeure le principal facteur de tension.

La situation dans cette zone stratégique s’est fortement dégradée ces dernières semaines. Les frappes américaines sur l’île de Kharg, suivies d’une riposte iranienne par drones visant le terminal d’Al Fujairah aux Émirats arabes unis, ont accentué les risques pesant sur les infrastructures énergétiques. Cette escalade, qualifiée par certains analystes de « guerre des terminaux », alimente les craintes d’une extension du conflit à d’autres sites majeurs tels que Ras Tanura ou Abqaiq, désormais considérés comme particulièrement vulnérables. Dans ce contexte, le président Donald Trump envisagerait la mise en place d’une coalition internationale chargée d’escorter les navires, tout en maintenant la pression militaire.

Face à la gravité de la situation, Agence internationale de l’énergie (AIE) a annoncé une mesure exceptionnelle : le déblocage de 400 millions de barils issus des réserves stratégiques mondiales. Cette intervention débute par une injection immédiate de stocks en provenance d’Asie et d’Océanie, avant un renfort attendu des réserves européennes et américaines d’ici la fin du mois de mars. Malgré cette mobilisation, les perspectives restent préoccupantes. L’organisation anticipe une baisse de l’offre mondiale de l’ordre de 8 millions de barils par jour, aggravée par une chute estimée à 10 millions de barils par jour de la production au Moyen-Orient.

Dans ce contexte de crise, les grandes institutions énergétiques mondiales affichent des analyses divergentes. Agence internationale de l’énergie se montre la plus pessimiste, ayant revu à la baisse ses prévisions de croissance de la demande, désormais estimée à 644 000 barils par jour, soit une réduction de 210 000 barils. Cette révision s’explique notamment par les perturbations du trafic aérien au Moyen-Orient et les difficultés affectant les flux de gaz de pétrole liquéfié.À l’inverse, OPEP maintient ses projections inchangées, privilégiant une approche prudente dans l’attente d’une meilleure évaluation de l’impact réel des hostilités.

De son côté, Energy Information Administration a légèrement relevé ses estimations, un ajustement qui tient davantage à une révision des données antérieures qu’à une lecture complète des conséquences du conflit actuel. Les incertitudes sont tout aussi marquées du côté de l’offre. Alors que la production des pays du Golfe recule fortement sous l’effet des perturbations maritimes, les espoirs se tournent vers les producteurs hors OPEP+, notamment les États-Unis, le Canada et le Brésil, appelés à compenser une partie du déficit. Dans le même temps, les stocks des pays développés amorcent une baisse notable, accentuant la tension sur les marchés.

Dans ce climat d’extrême volatilité, le marché pétrolier évolue désormais au rythme des développements géopolitiques. Chaque nouvelle escalade ou initiative diplomatique est susceptible de redessiner un équilibre devenu particulièrement fragile, faisant planer le spectre d’un choc énergétique majeur à l’échelle mondiale.

Par S. R.

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