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Spécialisation des ports nationaux : Le chantier pilote démarre à Mostaganem

La réorganisation du système portuaire algérien entre dans sa phase opérationnelle avec le lancement, à Mostaganem, de la première expérience de spécialisation des ports nationaux. Décidée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, cette orientation vise à mieux répartir les flux de marchandises entre les différentes infrastructures et à améliorer leur efficacité au service de l’économie. Le port de Mostaganem a ainsi été désigné pour prendre en charge exclusivement les opérations d’importation effectuées par les entreprises et compagnies publiques.

Cette décision s’inscrit dans une démarche plus large de modernisation de l’environnement économique. En effet, lors d’une réunion consacrée au secteur de l’investissement et à l’activation du guichet unique, tenue le 9 septembre, le président de la République a ordonné la mise en service effective de ce dispositif avant la fin du mois, parallèlement à l’accélération de la numérisation des opérations d’investissement en coordination avec les services des Impôts, du Domaine national et des Douanes.

La spécialisation des ports participe ainsi à une même logique de simplification des procédures, de fluidification des échanges et d’amélioration de la chaîne logistique. C’est dans ce cadre que le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, s’est rendu au port de Mostaganem pour superviser la mise en service d’une plateforme de stockage des conteneurs et des quais qui lui sont rattachés, présentant cette opération comme la première concrétisation de la décision présidentielle relative à la spécialisation des ports à l’échelle nationale.

« Le port de Mostaganem constituera la première expérience dans ce domaine », a indiqué le ministre, soulignant que cette démarche doit permettre « d’améliorer l’organisation du mouvement des marchandises, de réduire la pression sur les ports et d’accroître leur efficacité et leurs performances ».

Le choix de Mostaganem intervient alors que le port fait l’objet d’un important programme de modernisation. La plateforme de stockage des conteneurs mise en service dispose ainsi d’une capacité totale de 10 000 conteneurs et de 700 000 tonnes, pour un investissement estimé à 3,1 milliards de dinars. Cette première tranche comprend également l’aménagement et la réhabilitation des quais 6 et 7, qui permettent d’ajouter une capacité de stockage de 1 400 conteneurs et 300 000 tonnes. Une deuxième plateforme de 5 hectares a par ailleurs été lancée ; elle sera destinée notamment au traitement des remorques frigorifiques, aux opérations de contrôle, au stockage de matières sensibles ainsi qu’au stationnement des véhicules.

D’autres aménagements sont en outre prévus afin d’augmenter encore les capacités de stockage, avec notamment un espace supplémentaire pouvant accueillir 700 conteneurs. Le programme prévoit également le renforcement du parc de matériels et d’équipements portuaires, une enveloppe de 8 milliards de dinars étant consacrée à l’acquisition de chariots élévateurs, de distributeurs, d’équipements électromécaniques, d’un scanner de contrôle et d’autres matériels nécessaires à la manutention et au traitement des marchandises. Pour Saïd Sayoud, les résultats enregistrés à Mostaganem sont déjà « concrets ». Le ministre a ainsi salué les efforts des autorités locales, des Douanes, des services de sécurité et des différents organismes concernés, ainsi que la contribution des entreprises nationales et des bureaux d’études algériens à la réalisation des travaux.

La montée en puissance du port reste toutefois conditionnée au renforcement de ses capacités nautiques. Les opérations de dragage des deux premiers bassins doivent permettre d’atteindre une profondeur de neuf mètres, mais ce niveau demeure insuffisant, selon le ministre, pour assurer une activité portuaire correspondant aux ambitions assignées à l’infrastructure.

La réalisation d’un troisième bassin apparaît dès lors comme une priorité. L’étude du projet est avancée à plus de 50 % et doit être achevée afin de permettre l’inscription de l’opération, dont le coût prévisionnel initial est estimé à environ 25 milliards de dinars. « La réalisation d’un troisième bassin est devenue une nécessité urgente et impérieuse », a affirmé Saïd Sayoud. Le projet prévoit ainsi un nouveau quai et un bassin d’une profondeur pouvant atteindre 15 mètres, une configuration qui permettrait d’accueillir des navires d’une capacité de 60 000 tonnes, voire éventuellement 80 000 tonnes.

Par Selma R.

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