Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a fixé plusieurs objectifs économiques pour les années à venir, fondés sur la consolidation de la production nationale, la réduction des importations, l’augmentation des exportations hors hydrocarbures et le renforcement de l’investissement. S’exprimant devant les opérateurs économiques, il a présenté 2027 comme une année décisive pour accélérer la transformation de l’économie nationale, tout en préservant sa dimension sociale. « L’année 2027 est une année charnière pour nous », a-t-il affirmé, soulignant la nécessité de poursuivre les réformes afin de bâtir une économie plus compétitive et résiliente face aux fluctuations internationales.

Cette transformation vise à faire passer progressivement le pays d’une économie administrée à une économie de marché, sans compromettre les acquis sociaux. « Nous essayons de passer d’une économie administrée à une économie libre, tout en tenant compte du rôle social de l’État algérien », a-t-il expliqué.
La première priorité annoncée est la consolidation de la production nationale, appelée à se substituer davantage aux importations. Le chef de l’État a indiqué que la facture des importations, qui atteignait environ 62 milliards de dollars, a été ramenée à une fourchette de 40 à 42 milliards de dollars. Selon lui, cette baisse traduit la progression de la production locale et le renforcement des capacités nationales dans plusieurs secteurs. « L’objectif que nous voulons atteindre, c’est de produire nos aliments et nos vêtements, du moins pour les besoins essentiels », a-t-il déclaré, estimant que cette réduction doit s’accompagner d’une amélioration durable de l’offre nationale.
Cette dynamique s’appuie sur le développement industriel. Abdelmadjid Tebboune a ainsi affirmé que la part de l’industrie dans le produit intérieur brut est passée d’environ 3 % à 10 %, ce qui illustre, selon lui, les progrès réalisés en matière de production et de diversification économique. Il a également mis en avant la production pharmaceutique nationale, qui couvrirait désormais près de 84 % des besoins du pays, contre 9 à 10 % auparavant.
La sécurité alimentaire constitue un autre objectif majeur. Le président a estimé que l’Algérie pourrait atteindre l’autosuffisance en céréales d’ici à la fin de 2027, en soulignant les progrès accomplis dans la production de blé dur. Dans cette perspective, il a plaidé pour la mise en place d’un mécanisme public d’achat et de stockage des excédents agricoles, afin de préserver les revenus des agriculteurs et de limiter les fluctuations des prix sur le marché. Parallèlement, l’augmentation des exportations hors hydrocarbures représente un engagement central à l’horizon 2030.
Le chef de l’État a évoqué l’objectif de les porter à 30 milliards de dollars, tout en estimant qu’un niveau de 20 milliards représenterait déjà une mutation profonde de l’économie nationale. « Si nous exportons 20 milliards de dollars, cela signifie que notre économie a complètement changé », a-t-il souligné. Il a donc appelé les opérateurs à redoubler d’efforts pour diversifier leurs ventes à l’étranger et assurer le rapatriement des recettes en devises.
Atteindre ces objectifs suppose aussi d’améliorer le climat des affaires et de lever les obstacles administratifs. Abdelmadjid Tebboune a insisté sur la nécessité de faciliter les démarches des investisseurs nationaux et étrangers, notamment par le renforcement du guichet unique et la simplification des procédures liées au foncier, au financement et aux autorisations. « L’investisseur doit pouvoir entrer et sortir sans avoir à solliciter un responsable local, un wali ou un ministre », a-t-il déclaré, réaffirmant la volonté des pouvoirs publics de réduire la bureaucratie et d’offrir davantage de garanties aux porteurs de projets.
Le président a enfin évoqué plusieurs projets structurants dans les mines et les transports. Il a cité le développement de la filière du phosphate intégré et la progression des projets liés au minerai de fer, ainsi que l’ouverture de nouvelles perspectives commerciales vers l’Afrique grâce au parachèvement de la route transsaharienne. Sur le plan ferroviaire, il a réitéré son engagement de permettre aux habitants de Tamanrasset de bénéficier, à la fin de 2028, d’une liaison par train, dans le prolongement des projets d’extension du réseau vers le Sud.
En conclusion, le chef de l’État a souligné que cette transformation vers des perspectives prometteuses doit reposer sur la mobilisation conjointe de l’État et des opérateurs économiques. « Notre pays, personne ne le construira à notre place. C’est à nous de le bâtir », a-t-il conclu.
Par Selma R.



