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Tension dans le détroit d’Hormuz: L’Europe mise davantage sur le gaz algérien

Les tensions persistantes autour du détroit d’Hormuz mettent en lumière la fragilité des routes maritimes utilisées pour le transport du gaz naturel liquéfié et rappellent l’importance de la sécurité énergétique mondiale. Dans ce contexte, l’Algérie s’affirme comme un partenaire stratégique pour l’Europe grâce à ses infrastructures gazières reliant directement l’Afrique du Nord au continent européen.

Selon une analyse publiée par « Energy Capital & Power », toute perturbation dans cette voie maritime stratégique pourrait affecter une part importante des flux énergétiques mondiaux, notamment les cargaisons de gaz naturel liquéfié en provenance du Moyen-Orient. Cette situation agit comme un signal d’alarme pour les pays européens, qui cherchent à renforcer la résilience de leur système énergétique en diversifiant leurs sources d’approvisionnement.

Dans cette équation, l’Algérie occupe une place centrale. Le pays dispose d’un réseau de gazoducs qui relient directement ses champs gaziers au sud de l’Europe, permettant l’acheminement du gaz sans dépendre des routes maritimes exposées aux tensions géopolitiques. Ces infrastructures représentent aujourd’hui un atout stratégique pour les pays européens désireux de réduire leur dépendance aux approvisionnements plus éloignés ou plus vulnérables aux crises internationales.

Parmi ces infrastructures, le gazoduc Medgaz assure une liaison directe entre l’Algérie et l’Espagne, tandis que le gazoduc TransMed transporte le gaz algérien vers l’Italie en passant par la Tunisie. Ces corridors énergétiques constituent des axes essentiels pour la diversification des approvisionnements européens, surtout depuis la reconfiguration récente du marché gazier international. Cette position stratégique s’est encore renforcée avec la hausse de la demande européenne en gaz non russe. Dans ce contexte, l’Algérie, à travers le groupe énergétique national Sonatrach, a consolidé son rôle de fournisseur fiable pour plusieurs pays du sud de l’Europe.

La stabilité relative des livraisons par gazoduc constitue un avantage majeur par rapport au gaz transporté par navires méthaniers, plus exposé aux perturbations maritimes et aux tensions géopolitiques. Au-delà des infrastructures existantes, le développement du corridor gazier algérien pourrait encore renforcer ce rôle stratégique. Le projet du Gazoduc Transsaharien, destiné à acheminer le gaz du Nigeria vers l’Algérie avant son exportation vers l’Europe, s’inscrit dans cette dynamique. S’il se concrétise, ce projet pourrait élargir considérablement les volumes disponibles pour les marchés européens tout en consolidant la position de l’Algérie comme hub énergétique régional.

Toutefois, les analystes rappellent que ces projets ne représentent pas une solution immédiate à la crise actuelle. Les investissements en amont, les nouvelles explorations et l’expansion des capacités de transport nécessitent du temps avant de produire des volumes supplémentaires significatifs. Néanmoins, ces initiatives confirment la solidité stratégique du système gazier nord-africain et son potentiel à jouer un rôle encore plus important dans l’équilibre énergétique du continent européen.

Outre l’Algérie, la Libye apparaît également comme un maillon essentiel du corridor gazier nord-africain vers l’Europe. Le rapport souligne que, avant même l’escalade des tensions autour du détroit d’Hormuz, Tripoli envisageait d’augmenter significativement sa production de gaz afin de renforcer ses exportations vers les marchés européens.

La Libye vise une production d’environ un milliard de pieds cubes standard par jour dans les prochaines années, ce qui pourrait soutenir des livraisons plus importantes vers l’Italie, notamment via le gazoduc Green stream, dont la capacité est estimée à 11 milliards de mètres cubes par an. Ce renforcement de la production repose sur des projets tels que l’expansion des installations de compression Bahr Essalam et d’autres développements en partenariat avec des majors internationaux, mobilisant plus de 20 milliards de dollars d’investissements étrangers prévus à l’horizon 2030.

Cependant, les experts soulignent que la concrétisation de ces ambitions dépend étroitement de la stabilité politique intérieure et de la sécurisation des infrastructures, car l’instabilité persistante affecte encore la production et la fiabilité des exportations libyennes.

Par S. R.

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