Tourisme – Enseignement professionnel : Signature d’un accord pour former les guides touristiques non agréés
Une nouvelle étape vient d’être franchie dans l’organisation et la structuration des métiers du tourisme en Algérie. Un protocole de coopération relatif à la formation des guides touristiques non agréés a été signé, mardi 6 janvier 2026, entre le ministère du Tourisme et de l’Artisanat et le ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels. La cérémonie officielle s’est déroulée au siège du ministère du Tourisme, sous la présidence de la ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Mme Houria Meddahi, en présence de son homologue chargée de la Formation et de l’Enseignement professionnels.

Ce protocole constitue un cadre juridique et opérationnel destiné à renforcer la coordination entre les deux secteurs, avec pour objectif principal la mise en place de parcours de formation adaptés aux guides touristiques exerçant sans agrément officiel. Il s’inscrit dans la vision nationale visant à organiser les métiers, valoriser les ressources humaines et adapter la formation professionnelle aux besoins réels du marché du travail, notamment dans un secteur stratégique comme le tourisme.
Dans son allocution, Mme Houria Meddahi a salué la mobilisation et l’engagement des services du ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels, soulignant que ce dossier revêt une importance particulière dans le contexte de la diversification de l’économie nationale. Elle a rappelé que le développement du tourisme repose avant tout sur des compétences qualifiées, capables d’offrir un service de qualité conforme aux standards internationaux, tout en contribuant à la création d’emplois durables et à la valorisation du patrimoine national.
Le protocole signé permet ainsi l’élaboration d’un dispositif structuré de formation, de qualification et de reconnaissance des acquis professionnels. Il vise à offrir aux guides et accompagnateurs touristiques la possibilité d’exercer leur activité dans un cadre organisé, professionnel et réglementé, tout en leur ouvrant l’accès à des certifications reconnues. Cette démarche entend répondre à une réalité du terrain, marquée par la présence de nombreux guides disposant d’une expérience avérée, mais ne bénéficiant pas d’un encadrement institutionnel adéquat.
La ministre a, à cet égard, rappelé le rôle central du guide touristique, considéré comme un véritable ambassadeur du pays. Intermédiaire privilégié entre le visiteur et la société locale, il contribue à la promotion de l’image de l’Algérie, à la mise en valeur de ses richesses culturelles, historiques et naturelles, tout en veillant au respect des normes de qualité, de sécurité et de professionnalisme, conformément au décret exécutif n° 06-224 du 21 juin 2006 régissant l’exercice de la profession.
De son côté, le secrétaire général du ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels a mis en avant la coopération étroite entre les deux départements, présentant les différentes formations, diplômes et spécialités destinés à la filière des guides touristiques. Il a précisé que 592 guides touristiques locaux ont déjà bénéficié de certificats de formation, ajoutant que le dispositif prévoit également la formation de formateurs, en partenariat avec des experts du secteur, afin d’assurer la continuité et la pérennité du programme.
La directrice générale de l’Agence nationale de gestion du microcrédit (ANGEM) a, pour sa part, souligné l’apport de son institution à cette dynamique, notamment à travers l’accès des guides touristiques au statut d’auto-entrepreneur. Elle a présenté les mécanismes de financement, d’accompagnement et de formation proposés, ainsi que la plateforme numérique dédiée, conçue pour améliorer la visibilité des guides auprès de la clientèle nationale et internationale et faciliter l’accès aux crédits et aux opportunités professionnelles. En conclusion, la ministre du Tourisme et de l’Artisanat a insisté sur l’importance stratégique de la formation des guides touristiques, la qualifiant de levier essentiel pour améliorer la qualité de l’offre touristique nationale. Le renforcement des compétences, notamment linguistiques, en particulier en langue anglaise, apparaît aujourd’hui comme une nécessité face aux exigences croissantes de la clientèle internationale.
Au-delà de la simple régularisation d’une activité, cette démarche vise à professionnaliser un métier clé, à sécuriser les parcours professionnels et à garantir une expérience touristique authentique et de qualité. La formation des guides touristiques s’impose ainsi comme un investissement durable, au cœur de la promotion et du rayonnement du tourisme algérien, tant sur le plan national qu’international.
Par Réda Hadi
