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Transport et logistique: Le maillon stratégique du renouveau économique

Au lendemain du succès éclatant de la Foire commerciale intra-africaine (IATF 2025), le débat national sur la transformation économique s’élargit à une dimension souvent négligée : le transport et la logistique. Véritable colonne vertébrale de toute économie productive, ce secteur apparaît désormais comme le maillon stratégique du renouveau économique algérien.

C’est dans cet esprit que les opérateurs économiques, réunis autour du Président de la République, ont mis en lumière les défis et les chantiers à engager pour bâtir une infrastructure logistique à la hauteur des ambitions nationales et africaines. Selon les chiffres présentés lors de la rencontre, le transport national reste à 70 % sous contrôle d’entreprises étrangères, un constat préoccupant pour un pays qui aspire à devenir une plateforme régionale d’exportation et d’intégration africaine.« Il est impensable de parler d’industrialisation et d’exportation sans maîtrise de notre logistique », a affirmé Moncef Bouderba, vice-président de la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC) lors de son intervention sur la « Chaîne III » de la radio nationale, soulignant que l’Algérie devait impérativement « reprendre la main sur son système de transport et investir massivement dans les infrastructures multimodales ».

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : un seul avion-cargo dessert aujourd’hui le marché africain, alors que le volume potentiel des exportations dépasse largement les capacités existantes. « Nous devons considérer le transport non pas comme une dépense, mais comme un investissement à long terme », a plaidé M. Bouderba, estimant que les retombées économiques de ces investissements seraient visibles dès 2029–2030, à condition d’engager dès maintenant une stratégie nationale cohérente. Cette stratégie repose sur la création d’un réseau de transport multimodal, intégrant les volets aérien, maritime, terrestre et ferroviaire, afin d’assurer la fluidité des échanges et de réduire les coûts logistiques. Parmi les solutions évoquées figurent l’affrètement de navires et d’avions dédiés, ainsi que la mise en place de lignes spécialisées, à l’image de la ligne maritime Alger–Nouakchott, déjà opérationnelle, ou du port dédié à l’exportation du ciment.

Le transport devient ainsi un levier essentiel pour concrétiser la dynamique économique impulsée par l’IATF 2025, où 49 milliards de dollars de contrats commerciaux ont été signés entre entreprises publiques et privées. L’objectif est clair : positionner l’Algérie comme un acteur central dans le commerce intra-africain, estimé à plus de 700 milliards USD par an. Si le pays parvient à capter 10 à 15 % de ce marché, cela représenterait 70 à 100 milliards de dollars de flux économiques potentiels. Mais pour y parvenir, il faut lever plusieurs freins structurels : la lenteur administrative, les contraintes bancaires et la numérisation encore inachevée des procédures commerciales. Moncef Bouderba a insisté sur la nécessité d’« un dialogue permanent entre l’État et les opérateurs », pour garantir la transparence et l’efficacité des réformes. Il a également plaidé pour la création d’un fonds d’appui aux exportations, doté de 500 millions à 1 milliard de dollars par an, destiné à soutenir les entreprises qui s’implantent sur le marché africain.

Au-delà de l’aspect économique, cette dynamique s’inscrit dans une vision stratégique portée par le Président de la République : faire de l’Algérie une plateforme énergétique et logistique continentale. Cela implique de bâtir un appareil productif intégré, soutenu par un transport national performant et souverain. «L’entreprise algérienne veut s’enrichir, mais de manière noble et productive, au service de la nation », a résumé M. Bouderba, rappelant que la construction de la “maison Algérie” ne peut se faire sans une logistique solide, au service de la croissance, de l’emploi et de la compétitivité. À l’heure où le pays s’engage dans une phase de diversification accélérée, la logistique n’est plus un simple maillon technique : elle devient le pivot du développement durable, de la souveraineté économique et de l’ouverture africaine. Le chantier est immense, mais l’élan est bel et bien lancé.

Par Mourad A.

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