Le secteur de l’Hydraulique bénéficiera d’un important renforcement de ses moyens financiers en 2027. En effet, le nouveau programme d’investissement prévoit 388 nouvelles opérations, tandis qu’un programme d’urgence de 23 milliards de DA sera consacré à l’amélioration de l’alimentation en eau potable dans l’ensemble des wilayas.

Présentant les grandes orientations du secteur devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), avant-hier, dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances (PLF) 2027, le ministre de l’Hydraulique, Lounès Bouzegza, a annoncé des autorisations d’engagement de 894,8 milliards de dinars, en hausse de 141 % par rapport à 2026, et des crédits de paiement de 697,4 milliards de dinars, en progression de 31 %.
Cette augmentation des crédits vise à accélérer le développement des infrastructures hydrauliques, à renforcer la sécurité hydrique nationale et à améliorer le service public de l’eau et de l’assainissement. Le programme d’investissement pour 2027 prévoit notamment 388 nouvelles opérations, dotées de 733,33 milliards de DA, ainsi que la réévaluation de 63 opérations en cours, pour un montant de 44,69 milliards de DA. Sur les crédits de paiement affectés à l’investissement, qui s’élèvent à 580,59 milliards de DA, 302,6 milliards sont destinés aux projets en cours et 240,3 milliards aux nouvelles opérations.
Parmi les principales annonces du ministre figure le lancement d’un programme d’urgence doté de 23 milliards de dinars au profit de l’ensemble des wilayas. Cette enveloppe est destinée à améliorer l’approvisionnement en eau potable, à assurer la disponibilité des équipements nécessaires aux interventions et à la maintenance et à répondre aux besoins les plus urgents. Le soutien au service public constitue également un axe important du budget 2027.
Une enveloppe de 102,52 milliards de dinars est prévue pour les transferts et les contributions de l’État aux établissements publics du secteur, soit une hausse de 43 % par rapport à 2026. Ces financements concernent notamment l’Algérienne des eaux (ADE), l’Office national de l’assainissement (ONA) et l’Agence nationale des barrages et transferts (ANBT). Le développement du dessalement de l’eau de mer demeure l’un des principaux leviers de diversification des ressources hydriques.
Le ministre a rappelé que les 31 stations de dessalement actuellement recensées disposent d’une capacité de production cumulée de 3,6 millions de mètres cubes par jour et assurent près de 40 % de l’eau destinée à la consommation humaine. Cette part devrait atteindre 60 % après l’achèvement des projets programmés.
L’objectif est également de porter la capacité de production nationale des stations de dessalement à 4,5 millions de mètres cubes par jour, parallèlement au renouvellement des réseaux de distribution, à l’extension des infrastructures de traitement des eaux usées et au renforcement de la réutilisation des eaux épurées.
Dans ce cadre, une enveloppe de 352 milliards de dinars est prévue pour les raccordements en aval des stations de dessalement de Chlef, Mostaganem et Tlemcen. D’autres opérations concernent le renforcement de l’alimentation en eau potable des wilayas de Tébessa et de Souk Ahras à partir du barrage d’Ouldjet Melleg, pour 55,1 milliards de dinars, ainsi que le transfert des eaux du système de Beni Haroun vers El Kantara et Biskra, pour 25 milliards de dinars.
La mobilisation des ressources et le développement de l’irrigation agricole figurent également parmi les priorités du programme. Les nouvelles opérations consacrées à l’hydraulique agricole dépassent 42,1 milliards de DA et visent principalement l’aménagement des périmètres d’irrigation et l’extension des superficies irriguées. Dans le domaine de l’assainissement et de la protection de l’environnement, les nouvelles opérations et les réévaluations prévues représentent une enveloppe globale supérieure à 119,89 milliards de DA.
Le programme prévoit également de poursuivre les investissements dans les infrastructures de traitement des eaux usées et la réutilisation des eaux épurées, qui atteint actuellement environ 167 millions de mètres cubes par an. Pour sa part, la mobilisation des ressources hydriques bénéficiera de 55,82 milliards de dinars destinés aux nouvelles opérations et à la réévaluation des projets en cours, notamment pour la réalisation et l’équipement de forages, ainsi que la réhabilitation des barrages, des stations de pompage et des transferts d’eau.
Par Zahir R.



