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Les services de contrôle du ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national intensifient leurs opérations pour lutter contre les pratiques commerciales illicites, surveiller les prix et préserver le pouvoir d’achat des citoyens. Durant les huit premiers mois de 2026, les agents ont effectué plus de 2,17 millions d’interventions, qui ont donné lieu à 150 300 infractions constatées et à l’établissement de procès-verbaux transmis aux autorités judiciaires. Cette mobilisation devrait se renforcer avec l’intensification des contrôles tout au long de la journée et la mise en place de nouveaux mécanismes de surveillance du marché.

S’exprimant sur la « Chaîne I » de la radio nationale, Noureddine Haridi, directeur central au ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, a souligné que les dernières orientations des pouvoirs publics visent à améliorer la régulation du marché et à prévenir les hausses injustifiées des prix. « L’objectif est d’anticiper et de prendre des mesures préventives pour éviter les augmentations anarchiques et injustifiées des prix, garantir l’approvisionnement du marché et protéger le consommateur », a-t-il expliqué. Il a également insisté sur la nécessité d’une coordination entre les différents secteurs concernés, estimant que la régulation du marché relève d’une responsabilité collective.

Parmi les mesures engagées figure d’abord l’élaboration d’un dispositif encadrant les prix et les marges bénéficiaires de produits de large consommation, notamment les légumes, les légumineuses, les pâtes alimentaires et les viandes. Le ministère entend s’appuyer sur une meilleure connaissance des coûts de production, d’importation et de distribution afin de déterminer des marges adaptées aux différentes étapes de commercialisation. « L’outil essentiel sur lequel travaille actuellement le ministère du Commerce est la structure des prix », a précisé Noureddine Haridi. Dans ce cadre, les opérateurs concernés sont tenus de déposer auprès des directions du commerce les éléments permettant d’expliquer la formation du prix final. Cette démarche doit aider à identifier l’origine des déséquilibres et à intervenir au niveau où ils apparaissent.

Le renforcement de la traçabilité des produits constitue un autre axe prioritaire. Un texte destiné à encadrer l’activité des intermédiaires entre producteurs et consommateurs doit permettre de mieux identifier les intervenants et de suivre les marchandises tout au long de la chaîne de distribution. Selon le responsable, cette mesure vise notamment à limiter les pratiques spéculatives et à clarifier les responsabilités en cas de hausse injustifiée des prix.

Le ministère prévoit par ailleurs de renforcer la surveillance grâce à une base de données numérique reliant les plateformes existantes des différents secteurs. Celle-ci doit centraliser les informations relatives aux prix, aux stocks et aux flux de marchandises, afin de détecter plus rapidement les tensions sur le marché et de faciliter les interventions. « Il faut travailler dans l’anticipation et non dans la réaction », a insisté Noureddine Haridi, précisant que les indicateurs recueillis pourraient orienter les contrôles, favoriser le réapprovisionnement des zones déficitaires et permettre des interventions ciblées. Une plateforme numérique et une application destinée aux signalements et aux réclamations des consommateurs sont également prévues, notamment pour les problèmes liés aux prix et à la sécurité des produits alimentaires.

Enfin, le responsable a rappelé l’importance de la facturation, obligatoire dans les transactions concernées, ainsi que le droit du consommateur à obtenir une facture et à connaître le prix réellement appliqué. Il a indiqué que les contrôles se poursuivraient avec davantage d’intensité et que les contrevenants seraient exposés aux sanctions prévues par la législation.

Par Selma R.

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