Éducation, Université et Formation professionnelle: La rentrée 2025-2026 au full digital
L’Algérie aborde la rentrée 2025-2026 sous le signe de la transformation numérique. Pour la première fois, toutes les inscriptions dans les cycles primaire, moyen et secondaire se font intégralement en ligne, marquant une étape décisive. Le même processus est désormais généralisé à l’université et à la formation professionnelle.
À l’antenne de la « Chaîne III » de la radio nationale, Djallal Bouabdallah, expert en transformation numérique, a souligné l’ampleur du système éducatif algérien. Avec près de 12 millions d’élèves et d’étudiants, il a précisé que la digitalisation d’une telle envergure nécessite des investissements considérables en infrastructures, en équipements et en réseaux sécurisés.Le virage numérique n’a pas été uniforme, mais les progrès sont réels. Le secteur de la formation professionnelle illustre cette dynamique : « En dix mois seulement, nous avons assisté à un changement total avec la généralisation des inscriptions en ligne et l’ouverture de plus de quarante nouvelles spécialités liées au numérique comme la cybersécurité, le cloud ou l’intelligence artificielle », a expliqué M. Bouabdallah. À l’université, la transition est également manifeste, l’inscription étant désormais entièrement digitalisée et les étudiants s’initiant au travail sur des plateformes LMS (Learning Management Systems) pour un enseignement hybride et flexible.
Cependant, des défis persistent. Si les nouvelles générations sont déjà immergées dans le numérique, les enseignants et formateurs doivent encore rattraper leur retard. « Nous distinguons deux catégories : ceux qui ont pleinement adopté le digital, et ceux qui restent attachés aux méthodes traditionnelles. Il faut investir dans l’upskilling (la montée en compétences) et le reskilling (la reconversion), pour donner à nos enseignants les moyens de maîtriser ces outils », a plaidé l’expert. L’autre défi est celui des infrastructures, car certaines régions souffrent d’un déficit de couverture, et le coût élevé des équipements menace l’inclusion numérique. La digitalisation soulève aussi des questions sur l’usage de l’intelligence artificielle par les étudiants.
Sur ce point, Bouabdallah a insisté : « Ce n’est pas l’IA qui remplacera l’humain, mais bien les personnes qui savent la maîtriser qui prendront le dessus. Il faut apprendre à encadrer ces outils, et non à les craindre. »
Pour l’expert, la prochaine étape consiste à interconnecter tous les établissements autour d’un système d’information standardisé, garantissant transparence et équité. « Le numérique permet de tracer les actions, de disposer de statistiques fiables et d’évaluer objectivement. C’est un outil indispensable pour une gouvernance moderne de l’éducation », a-t-il affirmé.
En parallèle, il a plaidé pour un soutien accru aux startups et entreprises algériennes, capables de développer des solutions locales, afin de bâtir une souveraineté numérique. Enfin, M. Bouabdallah a appelé à une adaptation des programmes scolaires, souvent inchangés depuis des décennies. « Nous sommes en 2025 et nous visons l’horizon 2030. Il est urgent d’intégrer les outils numériques dans les contenus pédagogiques pour que nos élèves et étudiants soient en phase avec leur temps », a-t-il conclu.
La rentrée 2025-2026 confirme une tendance irréversible, où l’éducation s’ancre résolument dans l’ère numérique. Reste à assurer une transition inclusive, sécurisée et équilibrée, où la technologie demeure un levier de progrès sans effacer le lien humain essentiel entre enseignants et apprenants.
Par Mourad A.
