Sonelgaz: Près de 203 milliards de dinars de créances impayées
Le montant global des créances impayées de Sonelgaz atteint aujourd’hui près de 203 milliards de dinars. Les ménages et clients privés concentrent à eux seuls environ 99 milliards DA, dont 61 milliards DA imputés directement aux familles. Le secteur public cumule pour sa part près de 52 milliards DA d’arriérés, principalement liés aux administrations locales et nationales, a indiqué Fatma-Zohra Soumia Merzougui, Directrice de la communication de Sonelgaz.
Intervenant sur les ondes de la « Chaîne III » de la radio nationale, Mme Merzougui a précisé que ces impayés concernent à la fois la consommation d’énergie, estimée à près de 151 milliards DA, et les travaux réalisés pour divers partenaires, évalués à 52 milliards DA, bien que ces derniers fassent souvent l’objet de conventions de règlement. « La situation des créances met une pression réelle sur nos équilibres financiers, mais nous privilégions toujours le dialogue et la proximité avec nos clients. La coupure d’électricité ou de gaz n’est envisagée qu’en dernier recours », a-t-elle déclaré.Pour améliorer le recouvrement, Sonelgaz a multiplié les mesures de facilitation : ouverture des agences les samedis, diversification des moyens de paiement, dont le recours croissant à l’application BaridiMob en partenariat avec Algérie Poste, ainsi que des campagnes locales de sensibilisation.
Au-delà de la question des factures, l’entreprise place désormais la prévention et la sécurité des citoyens au cœur de ses priorités. Dès le mois d’octobre 2025, une campagne nationale de sensibilisation sera lancée sur l’ensemble du territoire. Cette initiative, pilotée par Sonelgaz Distribution, poursuit deux objectifs majeurs : la prévention des risques d’intoxication au monoxyde de carbone et la promotion d’une consommation rationnelle de l’énergie. « Nous voulons responsabiliser les consommateurs et renforcer leur culture de prévention », a souligné Mme Merzougui. « Les accidents liés au monoxyde de carbone sont évitables. C’est pourquoi nous mettons tous les moyens de communication à contribution, des réseaux sociaux aux radios locales, en passant par des partenariats avec les associations de protection des consommateurs ».
16,5 millions de détecteurs de CO
La sécurité domestique constitue également l’un des axes forts de la stratégie de Sonelgaz, à travers le programme national d’installation de détecteurs de monoxyde de carbone, décidé par le Conseil des ministres du 24 janvier 2023. Son objectif est d’équiper 11 millions de clients, soit environ 22 millions de détecteurs installés dans les foyers algériens.Déployé en deux phases, ce programme a d’abord concerné 20 wilayas prioritaires dès avril 2023, avant d’être généralisé à l’ensemble du pays à partir de décembre de la même année. À ce jour, plus de 16,5 millions de détecteurs ont déjà été installés, tandis que moins de 6 millions restent à poser d’ici fin 2025. Particularité notable : ces équipements sont fabriqués localement par la filiale SAIEG, ce qui garantit un dispositif « 100 % algérien ». Leur installation est gratuite, systématique et planifiée wilaya par wilaya.
Néanmoins, certaines contraintes entravent encore l’avancement. Plus de 500 000 clients étaient absents lors du passage des équipes techniques, et environ 15 000 foyers ont exprimé un refus catégorique d’installation. « Nous insistons auprès de la population : ces détecteurs sauvent des vies », a affirmé la Directrice de la communication. « L’installation n’est pas une option, elle s’inscrit dans un programme national qui vise à protéger chaque famille algérienne ».
Entre la nécessité de recouvrer des créances colossales, l’obligation de sensibiliser les citoyens et la généralisation d’un programme de sécurité domestique inédit par son ampleur, Sonelgaz assume aujourd’hui un rôle qui dépasse largement celui d’un simple fournisseur d’énergie. Comme l’a résumé Mme Merzougui : « Notre mission est double : garantir la continuité de service tout en assurant la sécurité de nos clients. C’est à ce prix que nous réussirons à concilier performance économique et responsabilité sociale ».
Par Mourad A.
