Renforcement des capacités migratoires: L’Algérie lance un projet stratégique avec l’ICMPD
À l’occasion du lancement officiel du projet de partenariat pour le renforcement des capacités en matière de gouvernance de la migration en Algérie, organisé avec l’appui du Centre international pour le développement des politiques migratoires (ICMPD), le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et du Transport, M. Saïd Sayoud, a présenté les enjeux, les défis et les orientations adoptées par l’Algérie pour mieux gérer la question migratoire.

Le ministre a d’abord rappelé, dans son discours d’ouverture, que cette rencontre constitue l’aboutissement de près de deux années de travaux préparatoires. L’objectif était de mettre en place un projet ambitieux, destiné à renforcer les capacités nationales dans un domaine devenu à la fois prioritaire et sensible. Selon lui, la migration est un phénomène multidimensionnel, dont les répercussions touchent le social, l’économie et la politique, et qui mobilise un intérêt croissant de la communauté internationale. Dans certaines situations, elle peut même représenter une menace grave pour la stabilité des États. Il a souligné que l’Algérie est particulièrement concernée par les dynamiques migratoires, en raison de sa position géostratégique au carrefour du Maghreb, du Sahel et de la Méditerranée. Le pays a vu arriver au fil des années des vagues de migrants, notamment en provenance du Sahel, qui empruntent des routes migratoires périlleuses. Ces mouvements massifs ont généré des pressions multiples, avec des risques sécuritaires, sanitaires et sociaux grandissants.
Depuis longtemps, l’Algérie fait face à ces défis avec une intensité croissante. La complexité des flux migratoires exige désormais des politiques plus adaptées, conciliant protection des populations et défense des intérêts nationaux. Et en ce sens, une approche migratoire équilibrée a été adoptée, dira-t-il.
Et de rappeler que sous l’impulsion du Président de la République, «l’Algérie a adopté une approche globale et intégrée pour gérer la migration. Cette politique repose sur trois piliers : L’approche humanitaire afin de garantir les droits humains et traiter les migrants avec dignité. L’approche sécuritaire pour protéger la souveraineté nationale et maintenir la stabilité, et enfin la question du développemental pour s’attaquer aux causes profondes de la migration».
L’Algérie a ainsi veillé à respecter ses engagements internationaux en ratifiant plusieurs conventions liées aux droits de l’homme et à la protection des migrants. Elle a également entretenu un dialogue constructif avec ses voisins, privilégiant la coopération régionale et la coordination multilatérale.
Le ministre a rappelé aussi que sans négliger l’aspect humanitaire, les autorités algériennes ont mis en place des dispositifs pratiques pour la prise en charge des migrants. Des ressources humaines, matérielles et financières importantes ont été mobilisées afin d’assurer leur accueil dans des conditions respectueuses de la dignité. Parmi ces mesures figurent notamment : « L’accès aux soins de santé ; des campagnes de vaccination pour les enfants et une aide humanitaire ponctuelle adaptée aux besoins essentiels».
Ces efforts reflètent la fidélité de l’Algérie aux valeurs de solidarité, de fraternité et de bon voisinage, qui sont au cœur de sa diplomatie et de sa culture politique. Au-delà de la gestion immédiate, l’Algérie mise, souligne le ministre, sur le développement durable comme moyen de réduire les flux migratoires irréguliers. Elle estime que les causes profondes de la migration se trouvent dans les déséquilibres économiques et sociaux des pays d’origine. Ainsi, elle soutient activement le développement des pays voisins à travers des projets structurants tels que : « La route de l’Unité africaine, le déploiement de réseaux ferroviaires, l’électrification rurale et l’accès à Internet et aux énergies modernes». Ces initiatives visent à offrir des alternatives durables aux populations tentées par l’exil, tout en consolidant l’intégration régionale.
Par Réda Hadi
