18/05/2026
ACTUALITENATIONAL

De nouvelles mesures sont introduites dans le PLF 2026 : L’Algérie veut accélérer sa transition énergétique

Le gouvernement poursuit ses efforts pour réussir son programme de transition énergétique. De nouvelles mesures sont introduites dans le projet de loi de finances 2026 (PLF 2026). D’ailleurs, le Green Energy Cluster Algeria (GEC’A), qui regroupe des entreprises, des centres de recherche et des universités engagés dans la transition énergétique, et qui vient de publier une analyse détaillée du PLF 2026, estime qu’il s’agit du texte « le plus favorable jamais élaboré pour le développement des énergies renouvelables en Algérie».

Selon ce groupement, le PLF 2026 introduit quatre articles structurants (99, 126, 127 et 128) qui sont destinés à booster les énergies renouvelables et l’hydrogène. « Deux articles (N°127 et 128) auront directement un effet bénéfique sur l’industrie via la réduction des droits de doits (panneaux solaires photovoltaïques) et l’exonération des droits de douanes (électrolyseurs) alors que deux articles (N°99 et 126) sont destinés à booster le marché des EnR via un crédit d’impôt plafonné à 5% et une réduction des droits de douane pour le chauffe-eau solaire (50%)», lit-on dans l’analyse du cluster algérien pour les EnR. 

En effet, ces nouvelles dispositions sont considérés comme étant des signaux fiscaux forts pour le solaire et l’hydrogène. L’article 99 du PLF 2026 prévoit que les dépenses engagées par les entreprises dans des investissements liés au développement de l’hydrogène vert, aux opérations de boisement et reboisement, ainsi qu’à la production et valorisation des énergies renouvelables, soient déductibles du résultat imposable, dans la limite de 5 % du bénéfice de l’exercice concerné. Cette disposition, inédite en Algérie, vise à stimuler la recherche, l’innovation et la formation dans les filières vertes, dont la rentabilité se mesure à long terme. « Ce crédit d’impôt, bien que plafonné, représente une ouverture importante : il légitime l’investissement environnemental comme un levier de performance économique », commente le CES, saluant la prise en compte du facteur R&D dans la fiscalité énergétique. La filière hydrogène se voit confortée par deux mesures d’envergure : la déduction fiscale de 5 % (article 99) et l’exonération totale des droits de douane sur les électrolyseurs comme prévu dans l’article 127.

Ces derniers, équipements stratégiques pour la production d’hydrogène par électrolyse de l’eau, constituent une part majeure du coût d’investissement. Leur importation sans taxe douanière vise à abaisser les barrières d’entrée et accélérer la création d’une filière nationale intégrée. Selon le document, cette orientation traduit « la ferme volonté de l’État algérien d’assurer un développement harmonieux de la filière hydrogène et de renforcer sa position de fournisseur fiable d’énergie propre sur la scène internationale». La stratégie nationale fixe d’ailleurs des objectifs ambitieux à l’horizon 2030–2035 pour la production d’hydrogène renouvelable, à travers des projets conjoints impliquant Sonatrach, acteur central de la transition, et des partenaires étrangers.

Au-delà des perspectives d’exportation, cette dynamique est perçue comme une opportunité économique interne. En effet, l’hydrogène pourrait être utilisé dans le transport, la production d’électricité et l’industrie lourde, tout en créant de nouveaux emplois qualifiés.

Le solaire domestique encouragé

L’article 126 introduit une réduction du droit de douane à 15 % (au lieu de 30 %) sur les chauffe-eaux solaires destinés aux ménages. Cette mesure, longtemps attendue par les acteurs du secteur, s’inscrit dans le cadre du «Programme national de maîtrise de l’énergie». Les autorités visent l’installation de 100 000 chauffe-eaux solaires d’ici 2035*, ce qui permettrait d’économiser environ 135 millions de m³ de gaz naturel, soit 5 milliards de dinars à prix international. Le GEC salue une mesure « simple mais à fort impact », rappelant que le coût subventionné du gaz naturel a longtemps freiné la compétitivité du solaire thermique. Cette incitation pourrait changer la structure du marché domestique, en rendant le chauffe-eau solaire plus accessible et plus attractif.

La mesure phare du PLF 2026 demeure toutefois l’article 128, qui réduit à 5 % les droits de douane sur les composants destinés à la fabrication locale des panneaux solaires photovoltaïques (adhésifs techniques, verres trempés, rubans de cuivre, cadres en aluminium, cellules photovoltaïques non assemblées, etc).

Selon le Green Energy Cluster, cette disposition « débloque enfin une situation administrative figée depuis 2020 », faisant référence au décret exécutif n°20-313 qui n’a jamais été appliqué malgré les avantages fiscaux qu’il prévoyait pour la production d’équipements électroniques et solaires.

L’objectif de ce nouvel article est double : Favoriser la structuration d’un tissu industriel national** compétitif dans le domaine du solaire et réduire la dépendance aux importations et le coût du kilowattheure produit localement. « C’est une mesure de souveraineté énergétique, mais aussi industrielle », souligne le Cluster, qui milite depuis 2017 pour le développement d’une base industrielle locale capable d’intégrer le contenu technologique et de promouvoir le produit «made in Algeria».

Au final, le Green Energy Cluster considère que ce projet de loi de finances constitue le socle d’une véritable mutation énergétique. En combinant allégements fiscaux, ouverture industrielle et promotion de l’innovation, il contribue à inscrire durablement la transition énergétique dans la politique économique nationale. «Ce texte crée un cadre vertueux où l’investissement vert devient économiquement rationnel », conclut le rapport, invitant les opérateurs à saisir cette opportunité historique pour bâtir un écosystème énergétique décarboné et compétitif.

Par Sirine R

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