Travail, Emploi et Sécurité sociale: Nécessité de renforcer la gouvernance des inspections du travail
Lors d’une réunion tenue au siège du ministère, consacrée à l’évaluation des activités de l’inspection du travail, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Abdelhak Saihi, a insisté sur la nécessité de renforcer la gouvernance et l’efficacité des inspections du travail à travers une approche fondée sur l’évaluation continue, la numérisation et la proximité.

Le ministre a replacé cette rencontre dans la dynamique de modernisation du service public prônée par le gouvernement. « Ce rendez-vous s’inscrit dans la mise en œuvre des orientations nationales en matière de bonne gouvernance et de performance administrative. L’évaluation n’est pas un acte ponctuel, mais une culture de travail que nous devons consolider », a-t-il affirmé. Il a souligné le rôle stratégique des inspections du travail, qu’il considère comme des acteurs clés de terrain, essentiels pour l’application de la législation du travail, de l’emploi et de la sécurité sociale. « L’inspecteur du travail accompagne les institutions économiques et sociales dans le respect des dispositions de la loi et contribue à la promotion d’un environnement de travail favorable au développement de l’économie nationale », a-t-il précisé.
Au cours de la séance, l’Inspection générale du travail a présenté une stratégie générale accompagnée d’un programme de travail à court et moyen termes, centré sur la lutte contre le travail informel, la protection des droits des travailleurs et l’amélioration de la qualité du service public. Les inspecteurs régionaux ont quant à eux présenté les principales activités de terrain, le bilan annuel, ainsi que les mesures concrètes adoptées pour réduire les pratiques non déclarées et garantir le respect des droits sociaux.
À l’issue de ces présentations, le ministre a émis une série de directives visant à dynamiser le système d’inspection. Il a notamment insisté sur le renforcement de la coordination entre les inspections régionales, ainsi qu’avec les secteurs et les institutions, en adoptant une approche numérique moderne permettant d’éradiquer la bureaucratie et de garantir la transparence. Parmi les priorités figure également la création d’un tableau de bord national de référence, destiné à unifier les outils de gestion et à définir des indicateurs de performance, afin de mieux suivre et évaluer les politiques publiques.
Le ministre Saihi a insisté sur l’importance de passer de la gestion conventionnelle à une administration moderne, fondée sur la numérisation, pour améliorer le traitement, la communication et le contrôle sur le terrain. Dans le même esprit, il a encouragé une approche plus humaine et pédagogique de l’action de contrôle : « L’inspection du travail n’est pas seulement un instrument de sanction. Elle doit être un partenaire de dialogue, de sensibilisation et de prévention. Notre mission est d’accompagner les entreprises dans le respect de la loi et non de les fragiliser ».
Le ministre a également mis l’accent sur la nécessité d’un dialogue permanent avec les partenaires économiques et syndicaux, afin de consolider la paix sociale et de prévenir les conflits. Il a appelé à l’organisation de sessions de formation à destination des employeurs et à la tenue de journées d’information pour expliquer les textes législatifs récents et favoriser la médiation dans les entreprises. Il a annoncé qu’une feuille de route serait élaborée au niveau central, définissant les orientations générales du secteur et le plan d’action pour la prochaine phase. Il a invité les cadres du ministère à « travailler dans un esprit d’équipe et d’engagement collectif au service du citoyen et du monde du travail ». Et de conclure : « La protection des droits des travailleurs et la préservation des emplois ne relèvent pas d’une simple mission administrative. C’est un devoir national qui traduit notre attachement à la justice sociale et à l’État de droit ».
Par Adem A.
