18/05/2026
ACTUALITEINDUSTRIE

Dispositifs médicaux: Exportation d’un premier lot vers le Congo

La production pharmaceutique algérienne poursuit sa percée sur le marché africain. Un premier lot de dispositifs médicaux, entièrement fabriqués en Algérie, a été expédié vers la République du Congo pour une valeur d’un million d’euros. Cette opération symbolise l’essor d’un secteur en pleine transformation et la reconnaissance, par les marchés africains, de la qualité industrielle algérienne.

Annoncée en marge de la Conférence ministérielle africaine sur la production locale de médicaments, cette exportation marque l’un des faits les plus marquants d’un événement qui a réuni à Alger 29 pays africains, représentés par des ministres, des experts et des responsables des organisations internationales.

Pour Nacer Hamani, inspecteur général du ministère de l’Industrie pharmaceutique, cette réussite n’est pas un hasard mais « le résultat direct d’une stratégie structurée, fondée sur la montée en gamme technologique, le renforcement du contrôle qualité et l’accompagnement actif des producteurs », a-t-il déclaré à la « Chaîne I » de la radio nationale. Ce premier envoi de dispositifs médicaux complète une série de performances réalisées ces derniers mois par l’industrie pharmaceutique nationale, notamment dans les domaines des stylos d’insuline, des médicaments anticancéreux et des formes injectables stériles.

L’Algérie compte désormais plus de 230 unités de production et près de 780 lignes industrielles, soit plus d’un tiers de toutes les capacités recensées à l’échelle du continent. « Nous disposons d’un tissu industriel très avancé, parfois même plus développé que dans certaines régions du monde. Ce que les délégations africaines ont découvert lors du salon organisé en marge de la conférence a profondément renforcé leur confiance », a souligné M. Hamani.

Cette dynamique s’inscrit dans un cadre politique plus large, impulsé depuis 2020 avec la création du ministère de l’Industrie pharmaceutique. Cette décision a permis à l’État de donner une orientation claire : encourager la production locale, maîtriser les importations qui ont été réduites de moitié en quelques années, passant de plus de 2 milliards de dollars à environ 1 milliard et créer les conditions d’une autonomie stratégique. Selon l’inspecteur, « nous ne sommes plus dans une logique de simple substitution. Nous sommes dans une logique de leadership. L’Algérie exporte aujourd’hui non seulement des médicaments essentiels, mais aussi des dispositifs médicaux à haute valeur technologique ».

Les exportations ont d’ailleurs enregistré un bond significatif. Lors de la conférence, des contrats d’une valeur de 10 millions de dollars ont été signés avec plusieurs pays africains pour la fourniture d’antibiotiques, d’anti-inflammatoires et d’autres produits pharmaceutiques essentiels. Deux accords de coopération ont également été paraphés avec la Tanzanie et le Sénégal, ouvrant la voie à un accès facilité aux marchés de ces pays et à un renforcement du transfert de compétences.

L’un des temps forts du rendez-vous a été l’adoption de la « Déclaration d’Alger », feuille de route continentale engageant les États africains à porter la couverture pharmaceutique du continent de 5 % actuellement à 50 % d’ici 2035. Pour l’inspecteur général, cette ambition est réaliste : « L’Afrique ne peut continuer à dépendre à 95 % des importations. Nous avons aujourd’hui l’expertise, les usines et les ressources humaines nécessaires pour bâtir une industrie compétitive. L’Algérie assumera pleinement son rôle de locomotive dans cette transformation ».

Le pays mise également sur des segments hautement stratégiques. Trois grands projets de production de matières premières pharmaceutiques sont en cours : une unité d’antibiotiques à Médéa, une unité consacrée aux molécules anticancéreuses à Sétif et une troisième dédiée aux maladies cardiovasculaires. En parallèle, le vaccin contre la grippe est désormais produit localement, d’autres projets sont en développement avec Saïdal, et plusieurs initiatives portent sur les médicaments biothérapeutiques. Plus de cent nouveaux projets d’investissement sont actuellement en instruction.

À travers ce premier lot expédié vers le Congo, c’est toute une politique, et au-delà, une vision africaine qui se concrétisent. M. Hamani a résumé l’enjeu en une phrase : « Ce n’est pas seulement un conteneur qui quitte l’Algérie ; c’est un signal fort envoyé à toute l’Afrique, un signal qui dit que nous sommes prêts, capables et engagés dans la construction d’une souveraineté pharmaceutique continentale ».

Par Adem A.

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