Tourisme: L’Algérie mise sur la qualité et la durabilité
L’Algérie accélère sa stratégie de diversification économique en misant sur un secteur touristique structuré, dont les ambitions s’articulent autour de deux piliers fondamentaux : le développement du tourisme interne et l’essor d’un tourisme réceptif responsable. Les autorités insistent sur la nécessité d’une mise aux normes internationales afin de capter l’immense potentiel de ce marché.
Conscient que le secteur du voyage représente une force économique mondiale majeure, puisqu’il contribue à 8 % du PIB mondial et génère un emploi sur onze, le ministère du Tourisme a mis en place un plan d’action rigoureux. Celui-ci repose sur l’augmentation des capacités d’accueil, notamment grâce à l’encouragement de l’investissement dans de nouveaux dispositifs et à l’accès au foncier touristique. L’effort porte surtout sur la qualité des prestations. « Nous ne pouvons plus nous contenter de nos atouts naturels. Pour être compétitifs, nous devons garantir l’excellence du service.
C’est pourquoi nous déployons un Plan Qualité Tourisme visant la mise au standard international de l’ensemble de nos prestations, de l’hôtellerie à la restauration », a déclaré Abdelhamid Ouari, directeur général de l’Office national du tourisme (ONT) à la « Chaîne III » de la radio nationale.Pour soutenir cette démarche, un investissement massif est prévu dans la formation. Des synergies sont créées entre les écoles du secteur, les centres du ministère de la Formation professionnelle, ainsi que les universités et centres de recherche. L’objectif est de former une main-d’œuvre qualifiée et sensibilisée aux exigences du tourisme moderne.
Afin de concrétiser l’ambition de faire du Sud un levier stratégique, une mesure phare de facilitation administrative a été mise en œuvre. Le gouvernement a introduit la possibilité d’obtenir un visa à l’arrivée pour les touristes étrangers se rendant dans les régions sahariennes durant la saison dédiée. Cette initiative a été « très bien accueillie par les opérateurs du secteur » et a déjà permis « une augmentation importante du nombre de touristes étrangers », selon les chiffres de l’ONT. « Notre objectif est de rendre l’accès à nos destinations phares plus fluide, tout en maintenant un cadre sécuritaire rigoureux. La facilitation du visa pour le Sud a prouvé qu’une simplification administrative peut avoir un impact direct et immédiat sur l’attractivité de nos régions les plus lointaines », a souligné M. Ouari.
L’Algérie, tout en dynamisant l’économie, rappelle que l’effet multiplicateur du tourisme permet la création d’un emploi pour trois dans d’autres secteurs, s’engage fermement contre le tourisme de masse. La promotion d’un tourisme attractif, responsable et durable constitue une priorité, en particulier pour les sites sahariens fragiles tels que le Tassili et le Hoggar. Ces sites sont classés et protégés par l’État, conformément à l’article 76 de la Constitution. M. Ouaria insisté sur la compatibilité entre développement touristique et préservation.
« La cohabitation entre le développement touristique et la préservation de notre patrimoine est non seulement possible, mais essentielle. Notre approche rejette l’idée de l’exploitation pure. Malheureusement, nous observons encore des dégradations, des graffitis et des incivilités sur certains sites. Cela requiert un effort accru de sensibilisation ciblé auprès des guides, des opérateurs et des visiteurs eux-mêmes. Nous faisons du respect de l’environnement et des valeurs nationales la pierre angulaire de notre stratégie marketing », a-t-il souligné.
Par M. A.
