Projets de pénétrantes portuaires: Les travaux de réalisation s’accélèrent
Le raccordement des ports stratégiques au réseau de l’autoroute Est-Ouest franchit progressivement de nouvelles étapes. Malgré des contraintes financières et des difficultés techniques persistantes, l’Algérienne des Autoroutes (ADA) fait état d’avancées tangibles sur plusieurs axes structurants, notamment à Béjaïa, Jijel et Ghazaouet. L’organisme reconnaît toutefois que la complexité de certains chantiers pourrait influer sur les délais de livraison initialement envisagés.

Évoquant l’état d’avancement de ces projets, le directeur général de l’ADA, Saïd Si Chouaïb, a indiqué que la pénétrante du port de Béjaïa figure aujourd’hui parmi les chantiers les plus avancés. D’une longueur totale de 100 kilomètres, cet axe stratégique est déjà opérationnel sur 84 kilomètres. Les travaux restants portent sur des sections techniquement sensibles, dont l’achèvement est néanmoins jugé imminent. « Nous prévoyons la réception d’environ cinq kilomètres supplémentaires dans un délai d’un mois à un mois et demi », a-t-il déclaré sur les ondes de la radio nationale « Chaîne I », précisant que l’objectif demeure la réalisation d’une liaison complète et continue jusqu’au port de Béjaïa, afin de fluidifier le transport des marchandises et d’alléger la pression sur le réseau urbain.
À l’Est du pays, la pénétrante reliant l’autoroute Est-Ouest au port de DjenDjen, dans la wilaya de Jijel, enregistre également des avancées progressives. Long de 110 kilomètres, ce projet a déjà permis la mise en service de 27 kilomètres, répartis entre la wilaya de Sétif, avec 14 kilomètres, et celle de Jijel, avec 13 kilomètres. Selon Saïd Si Chouaïb, l’année 2026 devrait constituer une étape déterminante, avec la livraison attendue de 30 kilomètres supplémentaires, dont le tronçon social d’Ibn Ziad, jugé essentiel pour le désenclavement de plusieurs zones intérieures. « Nous avançons par séquences, en tenant compte à la fois des contraintes du relief et de l’impératif de respecter des standards de qualité conformes aux normes autoroutières », a-t-il souligné.
À l’Ouest, le projet de pénétrante du port de Ghazaouet illustre une approche graduelle, structurée en plusieurs phases. D’une longueur globale de 41 kilomètres, cette infrastructure a déjà vu l’achèvement de 12 kilomètres, tandis que 10 kilomètres supplémentaires sont actuellement en cours de réalisation. La première phase vise prioritairement la connexion du port à la route nationale RN98, une étape considérée comme essentielle pour améliorer l’accessibilité logistique de cette plateforme portuaire. « Il s’agit d’un projet à forte valeur économique, mais qui exige une exécution rigoureuse compte tenu de sa configuration et de son rôle futur dans les échanges commerciaux », a expliqué le directeur général de l’ADA.
À travers ces différents chantiers, l’Algérienne des Autoroutes met en avant une stratégie de consolidation progressive du réseau, axée sur la qualité des ouvrages et leur durabilité. « Notre priorité n’est pas seulement de livrer des kilomètres, mais de mettre en service des infrastructures fiables, sûres et capables de répondre aux besoins économiques sur le long terme », a insisté Saïd Si Chouaïb, rappelant que ces pénétrantes constituent un maillon essentiel entre le réseau autoroutier national et les ports, appelés à jouer un rôle central dans la stratégie logistique et commerciale du pays.
Tronçon de Djebahia : une solution durable à l’étude
Parallèlement à ces projets d’extension, l’ADA est confrontée à des problématiques de sécurité sur certains segments existants du réseau, à l’image du tronçon de Djebahia. Long de sept kilomètres, ce segment figure parmi les plus sensibles de l’autoroute Est-Ouest en raison d’une pente supérieure à 6 %, qui le rend particulièrement accidentogène. Les accidents récurrents y impliquent souvent des poids lourds confrontés à des difficultés de freinage et de manœuvre.Face à cette situation, des mesures correctives ont été engagées afin de réduire les risques à court terme.
Selon Saïd Si Chouaïb, des travaux de réfection de la chaussée ont récemment été réalisés, accompagnés d’un renforcement de la signalisation. « Ces interventions ont permis d’améliorer les conditions de circulation et de limiter les situations dangereuses, en attendant une solution plus structurelle », a-t-il expliqué.
Ces mesures demeurent toutefois transitoires. Conscient des limites imposées par la configuration du terrain, le directeur général de l’ADA a confirmé qu’une solution de fond est actuellement à l’étude. « Nous travaillons sur l’hypothèse d’un tracé alternatif qui permettrait de s’affranchir définitivement de ce passage à forte déclivité », a indiqué Saïd Si Chouaïb, précisant que des études techniques et économiques comparatives sont en cours afin d’identifier l’option la plus sûre et la plus soutenable. L’objectif affiché est d’éliminer durablement ce point noir et de renforcer la sécurité des usagers sur un axe autoroutier vital pour les échanges entre l’Est et l’Ouest du pays.
Par Adem A.
