28/05/2024
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Approvisionnement en gaz de l’Europe: L’Algérie, de nouveau au centre du jeu

Dans un résumé de son rapport annuel Global Gas Outlook 2050 publié jeudi, le GECF estime que le gaz naturel « est destiné à rester indispensable pendant des décennies ». En effet, selon cette synthèse, «d’ici à 2050, la demande de gaz naturel devrait augmenter de manière impressionnante de 34 %, faisant considérablement croître sa part dans le mix énergétique mondial, passant de 23 % actuellement à 26 % ». Et selon la même source, l’Algérie est appelée à conserver son rôle crucial en tant que fournisseur majeur de gaz naturel sur le marché européen à long terme.

Le rapport, intitulé « Perspectives mondiales sur le gaz GECF 2050 » souligne que l’Algérie devrait maintenir sa position en tant que fournisseur clé de gaz naturel pour l’Europe, à la fois par le biais de gazoducs et de gaz naturel liquéfié (GNL), jusqu’en 2050. Il met en évidence le fait que l’Algérie demeure le principal pourvoyeur de gaz pour l’Europe du Sud, assurant environ 70% de ses exportations via des gazoducs, avec les 30% restants sous forme de GNL.

Le rapport souligne également le rôle crucial de l’Algérie dans le paysage gazier européen, où l’Union européenne importe du gaz par gazoducs en provenance de cinq pays, dont l’Algérie.

En 2022, les exportations totales de gaz naturel de l’Algérie ont atteint 52 milliards de mètres cubes, combinant les livraisons par gazoducs et le GNL, avec une grande partie du GNL étant dirigée vers l’Europe. L’Algérie a exporté au total 10 millions de tonnes de GNL, dont environ 9,2 millions de tonnes ont été fournies à l’Europe, ce qui la place au quatrième rang des plus grands fournisseurs de GNL du continent européen.

L’Italie, l’Espagne et la France sont ses principaux clients en Europe occidentale, mais elle veut aller au-delà. Avec des investissements de plus de 40 milliards de dollars jusqu’en 2027, la compagnie publique Sonatrach entend ainsi étendre son carnet de commandes vers d’autres pays d’Europe centrale. Mais cela ne peut se faire« dans l’immédiat », tempère Brahim Guendouzi, professeur d’économie à l’Université Mouloud-Mammeri de Tizi-Ouzou

Le pays compte ainsi sur les investissements en cours pour que ces volumes atteignent 140 à 150 milliards de M3 par an d’ici 2027. A cette production, s’ajouteront des quantités économisées sur la consommation locale qui va être remplacée par les énergies renouvelables.

Or la guerre russo-ukrainienne a fait naître une nouvelle donne géoéconomique. Des pays qui s’approvisionnaient chez les Russes regardent désormais ailleurs (particulièrement vers l’Algérie) et l’Italie, simple importateur d’énergies, veut désormais selon des sources, «devenir le hub gazier» de l’Europe. Pour cela, il faut relancer le gazoduc Galsi qui doit relier l’Algérie aux côtes italiennes, après un arrêt de plusieurs années pour défaut de financement. L’Union européenne a déjà donné un accord pour financer en partie ce projet, indiquent plusieurs sources.

Dans ce contexte l’Allemagne signe un accord avec l’Algérie pour l’approvisionnement en gaz naturel, soulignant l’importance croissante du gaz algérien sur le marché européen. «Le gaz naturel algérien est un produit essentiel pour garantir la sécurité énergétique» de l’Allemagne. C’est ainsi que s’est exprimé Ulf Heitmüller, PDG de la société allemande VNG, après la signature, de cet accord avec la Sonatrach, qui portant sur la livraison par l’Algérie de gaz naturel à son pays qui devient ainsi un nouveau client majeur après l’Italie, la France et l’Espagne.

Les quantités de gaz que devra fournir l’Algérie à l’Allemagne ne sont pas encore annoncées, puisque le contrat porte sur des livraisons à moyen terme. Mais cela permet à Alger de se positionner sur le marché européen dont elle est déjà l’un des principaux fournisseurs.  L’Algérie se distingue en tant que leader Africain en matière de production de gaz naturel. Cette position dominante est attribuée à l’augmentation de la production de gaz naturel, principalement grâce au développement des champs matures et à l’exploitation des nouvelles découvertes réalisées par Sonatrach.

En somme, la production algérienne de gaz naturel a connu une croissance significative, passant de 85 milliards de mètres cubes en 2019 à 101 milliards de mètres cubes en 2022, principalement grâce à l’expansion du champ de Hassi R’Mel. Le rapport du CGEF prévoit que la production algérienne de gaz naturel restera stable autour de 100 milliards de mètres cubes d’ici 2030, avec des efforts supplémentaires pour augmenter la production, notamment grâce à de nouvelles découvertes à proximité du champ gazier de Hassi R’Mel, qui pourraient ajouter 3,5 milliards de mètres cubes supplémentaires.

Par Réda Hadi

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