18/05/2026
ACTUALITENATIONAL

Formation professionnelle: Adapter la formation aux besoins du marché de l’emploi

La réforme de la formation professionnelle commence à produire des résultats concrets, soutenus par des indicateurs chiffrés révélateurs. Dans plusieurs spécialités stratégiques, les taux d’insertion professionnelle atteignent désormais les 100 %, tandis que près de 180 centres de développement de l’entrepreneuriat accompagnent environ un millier de jeunes porteurs de projets à travers le pays. Ces données illustrent clairement le virage opéré par le secteur en faveur de l’emploi durable et de la création de micro-entreprises.

À la lumière de ces indicateurs et de la montée en puissance de l’entrepreneuriat, la formation professionnelle s’affirme progressivement comme un pilier central de la politique nationale de l’emploi. Les pouvoirs publics entendent consolider cette dynamique afin d’assurer, à terme, une meilleure adéquation entre les compétences formées, les besoins de l’économie nationale et les aspirations d’une jeunesse en quête de perspectives concrètes.Intervenant lors du Forum de la Radio nationale, la ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Nassima Arhab, a mis en avant des résultats qu’elle considère comme particulièrement significatifs. « Le véritable indicateur de réussite pour nous, c’est qu’il n’y ait ni opérateur économique qui se plaigne d’un manque de compétences, ni diplômé qui reste sans emploi », a-t-elle souligné.

Dans ce cadre, elle a précisé que plusieurs spécialités enregistrent aujourd’hui des taux d’insertion professionnelle atteignant les 100 %, notamment dans les domaines de l’électronique, de l’industrie, des énergies renouvelables et des grands projets structurants. Ces performances sont le fruit d’un travail de fond engagé pour corriger les déséquilibres accumulés ces dernières années entre l’offre de formation et la demande du marché du travail. La ministre a rappelé qu’il n’y a pas si longtemps, près de 50 à 60 % des stagiaires étaient orientés vers des spécialités qui ne représentaient qu’environ 1 % des offres d’emploi disponibles, générant un décalage structurel important. « Aujourd’hui, grâce à la coordination étroite avec l’Agence nationale de l’emploi, nous avons réorienté les programmes vers les métiers réellement demandés, aussi bien à l’échelle locale que nationale », a-t-elle expliqué.

Au-delà de l’emploi salarié, le secteur mise désormais fortement sur l’entrepreneuriat comme alternative crédible et durable. La formation professionnelle ne se limite plus à l’obtention d’un diplôme, mais vise à former de véritables porteurs de projets capables de créer de la valeur et de l’emploi. Dans cette perspective, près de 180 centres de développement de l’entrepreneuriat ont été déployés à l’échelle nationale. Ouverts aussi bien aux stagiaires qu’aux anciens diplômés, ces centres proposent un accompagnement intensif axé sur la gestion, l’élaboration de plans d’affaires et l’évaluation de la viabilité économique des projets.« Notre objectif n’est pas uniquement de former pour l’embauche, mais aussi de donner aux jeunes les outils nécessaires pour créer leur propre activité, voire des entreprises innovantes », a affirmé Nassima Arhab. Elle a précisé que les bénéficiaires suivent des sessions de formation d’une durée d’environ trois semaines, à l’issue desquelles ils sont orientés vers les différents dispositifs nationaux d’appui et de financement. À ce jour, près d’un millier de jeunes ont déjà été accompagnés dans ce cadre, avec des projets couvrant plusieurs secteurs productifs.

Cette dynamique est par ailleurs renforcée par l’intégration de l’esprit entrepreneurial au cœur même des parcours de formation, notamment à travers les centres d’excellence. Ces structures favorisent la sous-traitance, la création de micro-entreprises et l’émergence d’initiatives locales en lien direct avec les besoins des opérateurs économiques. « Lorsque le jeune comprend que sa compétence peut devenir un projet viable, son rapport à la formation change profondément », a insisté la ministre.

Formation et projets miniers structurants

Dans le cadre de l’accompagnement des grands projets structurants, la formation professionnelle s’est pleinement mobilisée autour du projet minier de Gara Djebilet, considéré comme un levier stratégique pour la diversification économique. Cette mobilisation s’est traduite par une révision en profondeur des contenus pédagogiques au niveau des centres et instituts de formation concernés, de Tindouf jusqu’à Oran, afin d’assurer une adéquation réelle entre les compétences formées et les besoins du projet.

Selon la ministre Nassima Arhab, cette démarche a permis d’identifier avec précision les métiers et qualifications indispensables à chaque phase du projet. « Ce grand projet minier nous a amenés à revoir nos programmes de formation pour répondre aussi bien aux besoins immédiats qu’aux exigences futures, notamment en matière d’exploitation et de maintenance », a-t-elle expliqué. Dans ce cadre, près d’une dizaine de programmes de formation liés aux métiers miniers ont été révisés et adaptés.

La ministre a également souligné que ce travail n’a pas été mené de manière isolée, mais dans une coordination étroite avec le ministère des Mines et les entreprises impliquées dans le projet. « Nous avons engagé un dialogue permanent avec les secteurs concernés afin d’anticiper les compétences nécessaires à court et à moyen terme et garantir la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée au moment opportun », a-t-elle affirmé, mettant en avant une approche proactive qui place la formation professionnelle au cœur de la réussite des projets industriels stratégiques.

Par Selma R.

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