Gaz, électricité et hydrogène : L’Algérie, un axe énergétique entre l’Afrique et l’Europe
Le ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab, a souligné, jeudi, que l’Algérie continue de conforter sa place en tant qu’acteur majeur et fiable sur la scène énergétique internationale.
Par Selma Rachid

Au cours de sa participation à une table ronde intitulée «Tirer parti du secteur de l’énergie – un fondement pour une intégration économique plus poussée», en marge de la conférence de haut niveau sous le thème «Afrique du Nord : relier les continents, créer des opportunités», le ministre d’Etat a précisé que l’Algérie est considérée comme un acteur majeur dans le domaine de l’énergie, grâce notamment à sa position géographique stratégique et à ses grandes capacités en matière d’hydrocarbures et de ressources minières, outre ses potentialités croissantes dans le domaine des énergies nouvelles et renouvelables, ce qui en fait un «partenaire clé» dans le renforcement de la sécurité énergétique à l’échelle régionale et internationale, notamment en Afrique et en Méditerranée.
Intervenant lors de cette table ronde, Arkab a indiqué que l’Algérie, de par sa position géographique reliant l’Afrique à l’Europe, et grâce à son infrastructure énergétique développée, est apte à jouer un rôle clé dans la satisfaction des besoins énergétiques à l’échelle locale et régionale, et de renforcer l’interconnexion énergétique entre les continents, au service de la stabilité des marchés de l’énergie et du renforcement de la coopération Sud-Sud et Nord-Sud.
Il a ainsi mis en avant le potentiel du continent africain et l’urgence d’accroître les capacités de production. « L’Afrique a besoin d’accroître massivement sa production d’énergie pour satisfaire la demande interne et créer des capacités exportables, qu’il s’agisse d’électricité, de gaz ou d’énergies renouvelables », a-t-il déclaré.
Le ministre d’Etat a rappelé que l’Algérie dispose d’une capacité électrique installée d’environ 28.000 MW, pour une pointe de consommation proche de 20.000 MW, avec un objectif de 15.000 MW d’énergies renouvelables à l’horizon 2035, soulignant que le gaz naturel restera une énergie d’appoint aux côtés des renouvelables durant la transition.
Lors de cette rencontre, le ministre a indiqué que la stratégie nationale dans le domaine de l’énergie est fondée sur une vision inclusive, qui vise à faire du secteur de l’énergie un levier essentiel du développement national, de la diversification économique et du renforcement du rayonnement international de l’Algérie, à travers le développement des ressources naturelles pour couvrir la demande intérieure, le financement de la transition énergétique et la valorisation des hydrocarbures et des produits miniers, tout en maintenant des niveaux d’exportation qui garantissent le financement de l’économie nationale et confortent la place de l’Algérie sur les marchés énergétiques régionaux et mondiaux.
Dans ce sillage, M. Arkab a indiqué que l’Algérie continue d’assumer son rôle en tant que fournisseur fiable et durable d’énergie, notamment au profit de ses partenaires européens, rappelant que l’Algérie figure parmi les sept plus grands exportateurs de gaz naturel au monde, occupe la première place en Afrique et la troisième sur le marché européen, grâce à ses capacités de production, son réseau de gazoducs transfrontalier et ses installations de liquéfaction.
Le ministre d’Etat a également évoqué les projets structurants à dimension régionale, à leur tête le projet de gazoduc transsaharien (TSGP), visant à renforcer l’intégration énergétique africaine.
L’Italie et l’Algérie, piliers d’un pont stratégique entre l’Europe et l’Afrique
De son côté, Gilberto PichettoFratin a développé à Alger la notion de « pont énergétique » entre l’Europe et l’Afrique, reposant sur l’Algérie comme pilier sud et l’Italie comme pilier nord. Selon lui, les relations italo-algériennes, construites sur des décennies de coopération politique, industrielle et institutionnelle, doivent franchir un nouveau seuil qualitatif. « Un partenariat solide existe depuis des années entre les entreprises. Aujourd’hui, le défi est d’aller plus loin, vers une intégration partagée capable de générer de la croissance tant pour l’Italie que pour l’Algérie », a-t-il affirmé.
Selon l’agence « NOVA », le ministre italien a souligné que, dans un contexte de transformation économique européenne accélérée par les crises récentes et la refonte des modèles énergétiques, la relation avec l’Algérie ne peut plus être limitée à un simple schéma fournisseur-client. Elle s’inscrit, a-t-il expliqué, dans le cadre du Plan Mattei, qui vise à renforcer la coopération avec l’Afrique à travers l’investissement industriel, les infrastructures et le développement partagé.
Il a insisté sur l’interdépendance structurelle entre les deux continents et sur la nécessité d’accélérer les procédures décisionnelles et réglementaires pour faire émerger des marchés énergétiques intégrés.
Sur le plan des infrastructures, Gilberto Pichetto Fratin a mis en avant la montée en puissance des réseaux gaziers et électriques algériens déjà connectés à l’Europe via l’Italie, ainsi que les nouvelles perspectives offertes par le corridor sud de l’hydrogène impliquant l’Algérie, l’Italie et d’autres pays européens, dont l’Allemagne. Estimant que le partenariat énergétique italo-algérien est, sur certains volets, plus avancé que l’intégration énergétique interne européenne, il y voit un modèle et un laboratoire pour une intégration plus large. Il a enfin rappelé le caractère stratégique des grands projets africains comme le gazoduc Nigeria–Algérie, tout en soulignant que l’intégration ne doit pas se limiter aux infrastructures, mais aussi soutenir les capacités locales de production d’énergie et de technologies.
Garantir l’accès à l’électricité aux centaines de millions d’Africains qui en sont encore privés constitue, selon lui, un levier majeur de croissance et de stabilité, faisant de l’énergie un moteur central du rapprochement entre l’Europe et l’Afrique.
S. R.
