Intégration économique continentale : L’Algérie renforce son ancrage africain
L’Algérie confirme son ambition de jouer un rôle moteur dans le renforcement de l’intégration africaine, en s’appuyant sur une vision stratégique fondée sur la diversification économique, le développement des infrastructures continentales et la valorisation du capital humain. Cette orientation a été réaffirmée, jeudi à Alger, par le Premier ministre, M. Sifi Ghrieb, lors de l’ouverture d’une conférence de haut niveau consacrée aux perspectives économiques de l’Afrique du Nord.
Placée sous le thème « Afrique du Nord : relier les continents, créer des opportunités », la rencontre s’est tenue au Centre international de conférences Abdelatif-Rahal, en présence de responsables gouvernementaux, de représentants d’institutions financières internationales, d’experts et d’acteurs économiques. Elle s’inscrit dans un contexte marqué par la volonté de l’Algérie de renforcer sa position en tant que plateforme régionale et passerelle entre l’Afrique, l’Europe et le reste du monde.
Dans son allocution, le Premier ministre a souligné que l’ambition de relier les continents s’inscrit pleinement dans la stratégie nationale de diversification de l’économie, qui vise à réduire la dépendance aux hydrocarbures et à promouvoir une ouverture économique « étudiée et maîtrisée ». Cette démarche repose, a-t-il expliqué, sur un engagement ferme de l’État à renforcer l’intégration régionale, améliorer le climat des affaires, faciliter les investissements productifs et inscrire durablement l’économie nationale dans les chaînes de valeur régionales et mondiales.
M. Sifi Ghrieb a mis en avant les réformes structurelles engagées par l’Algérie, ainsi que la modernisation progressive des cadres réglementaires, destinées à renforcer la résilience de l’économie face aux chocs extérieurs. Ces réformes s’accompagnent d’importants investissements publics visant à doter le pays d’infrastructures stratégiques capables de soutenir l’interconnexion continentale et l’intégration africaine.
Parmi les projets structurants évoqués figurent la route transsaharienne, véritable axe de liaison entre le nord et le sud du continent, ainsi que le développement du réseau ferroviaire national. À ce titre, le Premier ministre a rappelé l’inauguration récente de la ligne minière Ouest par le président de la République, tout en annonçant que la ligne minière Est sera opérationnelle avant la fin de l’année en cours. Ces projets, a-t-il précisé, constituent des leviers essentiels pour fluidifier les échanges commerciaux intra-africains et renforcer l’attractivité économique des régions intérieures et frontalières.
Le projet de liaison ferroviaire Nord-Sud occupe également une place centrale dans cette stratégie. Il permettra de porter la longueur du réseau ferroviaire national de près de 6.000 kilomètres actuellement à environ 9.000 kilomètres à terme. En parallèle, l’Algérie œuvre à la modernisation de ses ports et de ses aéroports, ainsi qu’à la création de plateformes logistiques aux frontières, afin de stimuler les flux commerciaux et d’encourager les investissements régionaux.
Au-delà des infrastructures physiques, le Premier ministre a insisté sur la nécessité d’une intégration économique plus profonde, reposant sur la convergence des systèmes économiques et la valorisation des ressources humaines. Dans ce cadre, la jeunesse algérienne est perçue comme un moteur essentiel du développement. « Il est impératif de doter cette jeunesse d’un cadre réglementaire moderne et innovant, garantissant sa qualification et lui permettant d’exploiter pleinement son potentiel », a-t-il conclu.
Par Réda Hadi
