18/05/2026
ACTUALITENATIONAL

Plus de 3 200 tonnes de déchets collectées par jour à Alger durant le Ramadan: Le gaspillage alimentaire en hausse !

La capitale enregistre une hausse significative du volume de déchets durant ce mois de Ramadan. Selon les chiffres communiqués par la directrice de l’environnement de la wilaya d’Alger, Amel Makhloufi, les dix premiers jours ont été marqués par une production quotidienne dépassant les 3 200 tonnes, contre un volume habituel oscillant entre 2 600 et 2 800 tonnes par jour.

Cette augmentation, directement liée à la surconsommation et au gaspillage alimentaire, inquiète les responsables locaux. « Nous constatons, comme chaque année, une hausse notable des déchets durant le mois sacré, notamment à cause du gaspillage alimentaire », a indiqué Amel Makhloufi sur les ondes de la « Chaîne I » de la radio nationale, soulignant que ces quantités supplémentaires exercent une pression considérable sur les services de collecte et les centres d’enfouissement technique.

Le pain figure parmi les produits les plus gaspillés. Près de 200 tonnes auraient été jetées au cours des dix premiers jours du Ramadan, un chiffre jugé préoccupant. « Le pain est une bénédiction. Il est regrettable de le retrouver dans les bennes à ordures alors qu’il pourrait être valorisé ou redistribué », a-t-elle déploré, rappelant que des bacs spécifiques sont parfois installés pour tenter de récupérer cette denrée.

Au-delà du pain, les déchets organiques représentent environ 60 % du volume total des ordures ménagères. Cette proportion élevée pose de sérieux défis techniques. Une fois enfouis, ces déchets se décomposent et produisent des lixiviats, des liquides polluants qui nécessitent des stations de traitement coûteuses. « Ces installations représentent un investissement important pour l’État. Si nous réduisons le gaspillage à la source, nous réduisons aussi ces charges », a expliqué la responsable.

L’impact est également économique. L’augmentation des volumes oblige les entreprises de collecte à multiplier les rotations quotidiennes. « Une benne qui effectue habituellement une ou deux rotations peut être amenée à en faire quatre ou cinq durant cette période», a précisé Amel Makhloufi. Cette intensification se traduit par une hausse de la consommation de carburant, une mobilisation accrue des agents et une usure accélérée du matériel, autant de coûts supplémentaires supportés par les finances publiques.

Face à cette situation, les autorités misent à la fois sur la sensibilisation et sur des réformes structurelles. Une campagne nationale a été lancée à la veille du Ramadan sous le slogan « Ramadan : droiture et durabilité pour les générations », afin de promouvoir la rationalisation de la consommation et la préservation des ressources naturelles. « Il ne s’agit pas seulement d’une question environnementale, mais aussi d’une responsabilité morale et économique », a insisté la directrice de l’environnement.

Sur le plan réglementaire, la gestion des déchets s’inscrit dans le cadre de la loi 01-19 de 2001, modifiée et complétée par la loi 02-25, qui introduit les principes de l’économie circulaire et de la responsabilité élargie du producteur. L’objectif est de transformer le déchet en ressource génératrice d’emplois verts et de valeur ajoutée. « Le déchet n’est plus un simple rebut. Il peut devenir une source d’énergie, de compost ou de matière première recyclée », a-t-elle affirmé.

Dans la wilaya d’Alger, des outils technologiques ont été déployés pour améliorer la gestion du secteur. Les camions de collecte sont désormais équipés de systèmes GPS afin de contrôler les itinéraires, tandis qu’une application permet d’identifier les « points noirs » nécessitant une intervention rapide. Parallèlement, des efforts sont engagés pour structurer les activités de récupération informelle, notamment dans le domaine du plastique et des déchets électroniques.

Enfin, la stratégie environnementale de la capitale s’inscrit dans une vision plus large d’aménagement durable. Le plan vert d’Alger, intégré au schéma stratégique de modernisation de la ville, a notamment permis la transformation de l’ancienne décharge d’Oued Smar en éco-parc, devenu un espace de détente et de loisirs. Malgré ces avancées, la hausse des déchets durant le Ramadan rappelle l’ampleur du défi.

« Le changement des comportements ne se fait pas du jour au lendemain. Mais chaque geste compte », a conclu Amel Makhloufi, appelant les citoyens à adopter des pratiques plus responsables afin de préserver les ressources et d’alléger la pression sur les infrastructures publiques.

Par Selma R.

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