18/05/2026
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Partenariat stratégique avec Abidjan: Alger renforce son ancrage énergétique en Afrique

Dans un contexte marqué par la recomposition des alliances énergétiques et la volonté croissante des pays africains de consolider leur souveraineté économique, l’Algérie et la République de Côte d’Ivoire franchissent une nouvelle étape dans leur coopération bilatérale. Les deux pays ont signé, samedi 28 mars 2026 à Alger, un accord de partenariat stratégique dans les secteurs des hydrocarbures et des mines, illustrant une convergence d’intérêts autour du développement durable et de la valorisation des ressources naturelles.

La cérémonie officielle s’est tenue au siège du ministère des Hydrocarbures et des Mines, en présence de hauts responsables des deux pays. L’accord a été paraphé par le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab, et son homologue ivoirien, Mamadou Sangafowa Coulibaly, également président en exercice de la réunion ministérielle de l’Organisation des pays africains producteurs de pétrole.

Cette signature intervient dans le cadre d’une visite de travail d’une délégation ivoirienne de haut niveau en Algérie, traduisant une volonté politique affirmée de renforcer les relations Sud-Sud. Elle s’inscrit également dans une dynamique continentale visant à promouvoir des partenariats équilibrés et mutuellement bénéfiques, dans des secteurs considérés comme stratégiques pour le développement économique.

L’accord conclu entre Alger et Abidjan repose sur les principes d’intérêt mutuel et de complémentarité économique. Il ambitionne de structurer un cadre juridique et institutionnel solide pour accompagner le développement de projets communs, tout en facilitant les échanges d’expertises et de savoir-faire.

Les deux parties entendent ainsi capitaliser sur leurs atouts respectifs. L’Algérie, forte de son expérience dans l’exploration, la production et la transformation des hydrocarbures, notamment à travers le groupe Sonatrach, se positionne comme un partenaire technique de premier plan. De son côté, la Côte d’Ivoire, en pleine montée en puissance dans le secteur énergétique, cherche à accélérer le développement de ses capacités, notamment dans l’offshore pétrolier et gazier.

L’accord prévoit, à ce titre, le renforcement des partenariats entre institutions et entreprises des deux pays, à l’image du groupe minier Sonarem, ainsi que des agences nationales chargées de la régulation et de la valorisation des ressources.

Le volet hydrocarbures occupe une place centrale dans cet accord. Il couvre l’ensemble de la chaîne de valeur, allant de l’exploration à la commercialisation, en passant par la production, le transport et la transformation.

Parmi les axes prioritaires figure le développement de projets liés au gaz naturel, notamment le gaz naturel liquéfié (GNL), un segment en pleine expansion à l’échelle mondiale. Les deux pays envisagent également de collaborer dans le renforcement des infrastructures de transport et de stockage, un enjeu clé pour sécuriser les approvisionnements et optimiser les exportations.

La coopération portera également sur les activités de raffinage et de pétrochimie, avec un accent particulier sur le transfert de technologies et l’amélioration des performances industrielles. L’échange d’expertises dans la commercialisation des produits pétroliers constitue un autre levier important pour accroître la compétitivité des deux économies sur les marchés internationaux.

Le secteur minier constitue le second pilier de cet accord. Il vise à dynamiser l’exploration géologique et à encourager le développement de projets miniers structurants, susceptibles de générer une valeur ajoutée significative.

Les deux pays entendent également promouvoir la transformation locale des matières premières, afin de réduire leur dépendance aux exportations de produits bruts et de créer davantage d’emplois à forte valeur ajoutée.

Conscientes que le développement durable des secteurs des hydrocarbures et des mines repose avant tout sur le capital humain, les autorités des deux pays ont accordé une importance particulière à la formation et au renforcement des capacités. L’accord prévoit ainsi la mise en place de programmes de formation conjoints, l’organisation d’ateliers spécialisés et l’échange d’experts entre institutions. Les centres de formation et les instituts spécialisés des deux pays seront mobilisés pour accompagner cette dynamique, avec pour objectif de développer une expertise locale de haut niveau.

Par Réda Hadi

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