10/05/2026
ACTUINDUSTRIE

Récupération d’actifs industriels: Un signal fort pour l’économie

L’expert économique et financier, Idir Saci, a livré une analyse approfondie des récentes décisions issues du Conseil des ministres, mettant en lumière les enjeux économiques actuels et les perspectives de développement en Algérie. Évoquant la question de la récupération d’actifs industriels, notamment les usines situées à Tissemsilt et à Batna, l’invité de la radio nationale « chaine III » a qualifié ette démarche de « doublement importante », à la fois sur le plan économique et symbolique.

« Il s’agit d’actifs qui reviennent dans le giron de l’État. Leur récupération doit certes être évaluée financièrement, mais elle constitue également un message clair : l’État applique la loi et ne laisse pas les dossiers en suspens », a-t-il affirmé. Selon lui, cette dynamique s’inscrit dans une attente populaire exprimée depuis plusieurs années et témoigne d’un travail de fond engagé dans la lutte contre les pratiques illicites. Toutefois, Idir Saci appelle à une gestion pragmatique de ces actifs. Il distingue entre les projets stratégiques, qui justifient un soutien public, et d’autres investissements potentiellement moins rentables. Pour ces derniers, il préconise l’ouverture à des opérateurs privés ou internationaux via des appels d’offres. « L’objectif est d’éviter une mobilisation excessive des ressources publiques tout en maximisant les retombées économiques », a-t-il expliqué.

Abordant ensuite la problématique de la sous-facturation à l’export et du non-rapatriement des devises, estimé à plusieurs centaines de millions de dollars, l’expert reconnaît l’ampleur du phénomène tout en appelant à une approche nuancée. « Il faut introduire la notion de bonne foi.

Sanctionner systématiquement les exportateurs peut être contre-productif, notamment lorsqu’ils font face à des impayés ou à des contraintes indépendantes de leur volonté », a-t-il souligné. Il recommande ainsi de renforcer les mécanismes de contrôle à travers des outils techniques, tels que les comparaisons de prix à l’international et l’échange d’informations entre pays partenaires.

Dans le même sillage, l’expert a insisté sur la nécessité de développer une véritable culture de l’exportation en Algérie. Selon lui, de nombreux producteurs maîtrisent la fabrication mais manquent d’expertise en matière de commercialisation internationale. Il plaide pour la création de métiers d’accompagnement, notamment dans le domaine du trading, et évoque l’intérêt de mettre en place des plateformes spécialisées à Alger. « L’émergence de sociétés de trading, y compris dans une logique d’offshoring, permettrait de mieux positionner les produits algériens sur les marchés internationaux », a-t-il estimé.

Concernant la mise en place de nouveaux guichets uniques dédiés aux investisseurs, Idir Saci y voit une avancée notable en matière de transparence et de simplification administrative. Ces dispositifs devraient, selon lui, améliorer significativement le climat des affaires en réduisant la bureaucratie. Il conclut néanmoins en appelant à une vision stratégique globale de l’investissement, intégrant l’ensemble des acteurs institutionnels afin de faire de ce levier un moteur durable de croissance économique.

Par R H.

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