10/05/2026
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Forum africain de l’investissement et du commerce à Alger: Plaidoyer pour une intégration économique continentale renforcée

À l’occasion du Forum africain de l’investissement et du commerce organisé à Alger, le président de la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC), Guessoum Souhil, a mis en avant les importantes opportunités qu’offre le marché africain à l’Algérie.

Il a souligné que la ZLECAF constitue un levier stratégique pour développer les exportations algériennes et renforcer l’intégration économique continentale. M. Souhil a également insisté sur la nécessité d’accélérer la digitalisation, de moderniser les infrastructures et de lever les obstacles bureaucratiques afin de transformer l’Algérie en véritable hub économique africain.

Le président de la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC), Guessoum Souhil, a affirmé que l’Afrique représente aujourd’hui un axe stratégique majeur pour l’économie algérienne. Invité de la Chaîne 3 de la Radio nationale, il a mis en avant les opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), tout en appelant à accélérer la modernisation des infrastructures et la digitalisation afin de renforcer la compétitivité des entreprises algériennes sur les marchés africains.

Selon M. Souhil, l’Algérie connaît actuellement une dynamique économique importante, portée par une volonté de diversification des exportations et de développement de nouveaux partenariats commerciaux. Il a rappelé que le continent africain, avec près de 1,5 milliard d’habitants, demeure un marché à fort potentiel encore insuffisamment exploité. Les échanges intra-africains ne représentent, selon lui, qu’environ 12 à 13 % du commerce total du continent, contre plus de 60 % en Europe. Pour l’Algérie, les échanges avec les pays africains restent limités à seulement 6 à 8 % du volume global du commerce extérieur.

Le président de la CAPC estime que la ZLECAF constitue une opportunité historique pour transformer cette réalité économique. Cette zone de libre-échange vise non seulement à supprimer progressivement les barrières tarifaires, mais surtout à encourager la transformation locale des matières premières africaines. Dans cette optique, l’Algérie pourrait importer des ressources brutes de pays comme le Niger ou le Mali, les transformer localement puis les réexporter sous forme de produits finis vers les marchés africains et internationaux.

Pour cela, l’intégration des chaînes de valeur africaines représente un levier essentiel pour stimuler les exportations algériennes et favoriser une coopération économique continentale plus équilibrée. Toutefois, il reconnaît que plusieurs obstacles persistent, notamment la complexité des procédures douanières, les lenteurs administratives et les disparités économiques entre les États membres de la ZLECAF.

L’intervenant a souligné que la réussite de cette intégration dépendra largement du développement des infrastructures. À ce titre, il a évoqué plusieurs projets stratégiques, notamment la route transsaharienne reliant Alger à Lagos via le Niger, ainsi que les axes reliant Tindouf à Nouakchott et l’ouest algérien au Mali. Ces infrastructures, associées au développement du rail et des ports, permettront selon lui de faire de l’Algérie un véritable hub régional pour les échanges africains.

Le responsable patronal a également insisté sur la nécessité de mettre en place des infrastructures multimodales interconnectées. Il a plaidé pour une meilleure coordination entre les ports, les réseaux ferroviaires, les routes, les douanes et les zones franches, grâce à une digitalisation complète des systèmes logistiques et administratifs. Sur le volet numérique, M. Souhil a estimé que l’Algérie a déjà accompli des progrès notables, notamment dans la digitalisation de l’état civil, des impôts et des douanes. Cependant, il regrette l’absence d’interconnexion entre ces différents systèmes. Selon lui, l’interopérabilité des plateformes reste indispensable pour simplifier les démarches administratives et accélérer les opérations commerciales.

Abordant la compétitivité des entreprises algériennes, Guessoum Souhil a souligné que la réduction des coûts opérationnels demeure une priorité. Il a évoqué les difficultés rencontrées par les industriels dans l’importation des matières premières, notamment l’allongement des délais administratifs qui entraîne une hausse des coûts de production et réduit la compétitivité des produits algériens sur les marchés internationaux.

Le président de la CAPC a également insisté sur la nécessité d’accompagner davantage les opérateurs économiques dans leur conquête des marchés africains. Cela passe, selon lui, par une présence renforcée des banques algériennes sur le continent, le développement d’une véritable diplomatie économique et une participation plus active aux salons et foires commerciales africaines.

Il a cité l’exemple du secteur de la céramique, qui est passé du statut d’importateur à celui d’exportateur net en quelques années. Pour lui, ce type de réussite démontre le potentiel industriel algérien, à condition de mettre en place une stratégie de promotion efficace et de renforcer la présence commerciale des entreprises algériennes à l’étranger.

Par Réda Hadi

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