17/05/2026
ACTUALITEAGRICULTURE/PÊCHE

Production halieutique: L’Algérie vise 20 000 tonnes d’ici 2027

La wilaya de Chlef a accueilli, samedi, une importante visite de travail du ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche maritime, Yacine El Mahdi Oualid, marquée par le lancement officiel de la campagne nationale de pêche au thon rouge pour l’année 2026 et l’ouverture de la saison d’aquaculture en cages flottantes.

Cette visite a également été l’occasion d’inaugurer de nouvelles infrastructures dédiées à l’investissement aquacole, dans une dynamique visant à renforcer la sécurité alimentaire et la diversification économique du pays.

La première étape de la visite ministérielle s’est déroulée au port de Beni Haoua, où le ministre a inspecté plusieurs projets spécialisés dans l’aquaculture marine. Sur place, il a pris connaissance des capacités de production développées dans cette région côtière qui connaît, ces dernières années, une forte croissance dans le domaine de l’élevage de poissons.

Les responsables locaux ont présenté les différentes installations consacrées à l’élevage de la dorade royale et du loup de mer, deux espèces devenues particulièrement prisées sur le marché national. Grâce aux investissements engagés et à l’accompagnement technique des autorités publiques, la wilaya de Chlef s’impose progressivement comme un véritable pôle national de production aquacole. Le ministre a salué cette dynamique, estimant que les projets déjà opérationnels, conjugués à ceux qui entreront prochainement en activité, permettront de renforcer considérablement la production nationale de poisson. Il a rappelé que la production aquacole nationale a connu une progression remarquable durant l’année en cours, passant de 7 000 tonnes à 14 000 tonnes, soit une hausse de 100 % par rapport à l’année précédente.

Selon M. Oualid, cette croissance devrait se poursuivre dans les prochaines années avec un objectif fixé à 20 000 tonnes à l’horizon 2027. Une évolution qui devrait contribuer à améliorer l’approvisionnement des marchés nationaux en produits halieutiques, tout en participant à la stabilisation des prix et à l’amélioration du pouvoir d’achat des consommateurs.

La deuxième étape de la visite a conduit la délégation ministérielle au port de Ténès, où a été donné le signal officiel du lancement de la campagne nationale de pêche au thon rouge pour la saison 2026. Cette campagne, qui se déroulera du 19 mai au 1er juillet, mobilisera 41 navires spécialisés dans la pêche au thon rouge, dont sept embarcations construites localement. L’un de ces navires a d’ailleurs été inauguré à cette occasion, illustrant les avancées enregistrées dans le domaine de la construction navale nationale et la volonté des autorités de promouvoir l’intégration industrielle dans le secteur maritime.

La saison 2026 revêt une importance particulière pour la filière halieutique algérienne. Elle est notamment marquée par la récupération par l’Algérie de son quota historique de pêche au thon rouge, fixé à 2 467 tonnes. Ce quota représente un acquis stratégique pour le pays, compte tenu de la valeur commerciale élevée de cette ressource sur les marchés internationaux.

Le ministre a également mis en avant plusieurs nouveautés introduites cette année. Parmi elles figure le lancement, pour la première fois en Algérie, d’une expérience d’engraissement du thon rouge. Cette initiative vise à créer une nouvelle chaîne de valeur autour de cette activité et à développer les capacités nationales dans le domaine de la transformation et de l’exportation des produits de la mer.

Autre nouveauté notable : l’attribution d’un quota spécifique au profit des petits pêcheurs. Une mesure qui traduit, selon les responsables du secteur, la volonté des pouvoirs publics d’assurer une meilleure inclusion des professionnels artisanaux dans les activités de pêche à forte valeur ajoutée.

Dans le cadre de l’encouragement de l’investissement productif, le ministre a également inauguré une zone d’activités dédiée à l’aquaculture dans la commune de Sidi Abderrahmane.

Cette nouvelle infrastructure devrait permettre de développer une capacité de production dépassant les 400 tonnes par an. Elle contribuera également à la création de nombreux emplois directs et indirects, notamment au profit des jeunes investisseurs et des porteurs de projets souhaitant intégrer la filière aquacole.

Par Réda Hadi

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