« Le retour à l’importation n’est pas la bonne solution»
L’expert en agriculture, Laala Boukhalfa, s’est opposé à la décision prise par le ministère de l’Agriculture, en autorisant à nouveau le retour à l’importation pour combler le déficit du marché national. Pour lui cette décision est irréfléchie et ne parviendra pas à la résolution de la problématique. Dans un entretien téléphonique, le consultant en aviculture a estimé qu’il faut d’abord faire une étude sur les besoins du marché national avant de lancer une telle opération.
En absence d’une étude économique sur les besoins du marché, cette décision sera archaïque et ne résoudra pas le problème de la régulation des prix sur le marché, précise-t-il.
« Il faut d’abord connaitre les besoins du marché national afin de connaitre le niveau des importations. Mais ouvrir comme ça l’importation au hasard, ça sera un échec. On a déjà l’expérience de l’importation des viandes rouges durant le mois de Ramadhan. Est ce que cette opération à fait baissé le prix ? Non au contraire, ils ont augmenté et la viande importée proposée au consommateur à 1200 DA est introuvable sur le marché, durant le mois du carême», souligne-t-il.
Outre la problématique des quantités à importer, il y a également l’absence d’un circuit de distribution. « Comment cette viande importée sera commercialisée ?», s’interroge-t-il.
Pour lui, il est préférable de donner plus d’importance au développement des deux filières (viandes rouges et blanches) en Algérie, en mettant en place une nouvelle organisation et surtout réglementer les prix d’aliments.
Laala Boukhalfa a proposé dans ce cadre la subvention des prix du maïs et de soja, deux intrants importants pour la filière avicole. «Si nous ressoudons cette problématique des prix des alimentes tous reviendra à l’ordre. Il faut revoir à la baisse des prix d’un quintal à entre 4500 à 5000 da au lieu de 8000 da et 9000 da. Cela permettra de réduire les coûts de production de 50%. Une plaquette des œufs ne dépassera pas les 300 DA et le kilo du viande blanche ne dépassera pas lui aussi les 260 DA», indique-t-il. Idem pour la filière des viandes rouges. Il a exhorté les responsables du secteur agricole à prendre des mesures et décisions courageuses afin de réorganiser les deux filières en question.
Z R.
