03/04/2026
ACTUALITENATIONAL

Accidents de la route : Plus de 3 800 décès en 2025!

L’hécatombe routière se poursuit en Algérie avec un bilan particulièrement lourd pour l’année 2025. Selon les chiffres dévoilés par la Délégation nationale pour la sécurité routière, 26 976 accidents corporels ont été enregistrés, faisant 37 020 blessés et 3 838 morts. Ce bilan, en progression par rapport à l’année précédente, remet au premier plan la question du civisme au volant et de l’efficacité des dispositifs de prévention. La recrudescence de la mortalité et de la sinistralité interroge plus que jamais l’impact des campagnes de sensibilisation et souligne l’urgence d’une prise de conscience collective.

Invité de la « Chaîne III » de la radio nationale, Lahcen Boubka, directeur d’études au sein de la Délégation nationale pour la sécurité routière, a dressé un état des lieux préoccupant. « 26 976 accidents corporels ont été enregistrés en 2025, faisant 37 020 blessés et 3 838 décès », a-t-il précisé. Comparativement à 2024, tous les indicateurs sont orientés à la hausse. « Le nombre d’accidents a augmenté de 2,68 %, celui des décès de 2,62 % et le nombre de blessés a connu une hausse de 4,9 % », a-t-il ajouté.

Malgré le renforcement des contrôles et les efforts de sensibilisation, la situation demeure préoccupante. Pour Lahcen Boubka, la responsabilité humaine reste au cœur du problème. « Le facteur humain demeure prédominant, à plus de 96 %. Il s’agit principalement de l’inattention et de la baisse de vigilance des conducteurs, notamment en agglomération », a-t-il expliqué. À ces comportements s’ajoutent « l’excès de vitesse, les dépassements dangereux, le refus de priorité, les manœuvres imprudentes, la non-utilisation des passages piétons et le non-respect des distances de sécurité ».

Autre signal d’alerte : l’implication croissante des motocycles dans les accidents. « Ils sont impliqués dans près de 24 % des accidents dans les grandes villes », a indiqué le responsable, qualifiant ce taux d’alarmant. Le parc national est estimé entre 200 000 et 300 000 scooters et cyclomoteurs. « C’est un chiffre énorme », a-t-il averti, soulignant la vulnérabilité accrue des conducteurs de deux-roues et la nécessité d’un encadrement plus strict.

Face à cette situation, la Délégation nationale pour la sécurité routière mise sur la prévention, notamment durant le mois de Ramadhan, période marquée par une circulation plus dense et une vigilance parfois affaiblie par la fatigue. Une campagne spécifique est ainsi reconduite, avec l’appui du ministère des Affaires religieuses. Les imams sont appelés à relayer des messages de prévention lors des prêches du vendredi afin d’encourager la prudence et le respect du code de la route. Les premiers résultats semblent encourageants pour cette période particulière.

« Nous avons constaté une diminution des accidents de l’ordre de 1,41 % et de 8,98 % des décès durant le Ramadhan 2025 par rapport à 2024 », a relevé Lahcen Boubka, y voyant l’effet conjugué des actions de sensibilisation et de la mobilisation des différents acteurs. Malgré cette amélioration ponctuelle, le bilan annuel reste lourd. Avec près de 27 000 accidents et plus de 3 800 vies perdues en une seule année, la sécurité routière demeure un défi majeur. Les autorités insistent : au-delà des infrastructures et des contrôles, seul un changement durable des comportements permettra d’inverser la tendance et de préserver des milliers de vies.

Par Selma R.

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