Algérie-Serbie : Plusieurs accords signés
La visite officielle à Alger du Premier ministre serbe, Duro Macut, a été couronnée par la signature de plusieurs protocoles d’accord stratégiques. Ces engagements mutuels portent sur des secteurs clés de la vie économique et sociale, notamment les finances, l’agriculture, la poste et le tourisme. Par ailleurs, la dimension culturelle de cette coopération a été renforcée par l’adoption d’un programme exécutif triennal couvrant la période 2026-2028. Ainsi, le partenariat entre Algérie et Serbie entre dans une phase qualitative supérieure, porté par l’engagement résolu des deux pays à densifier et approfondir leurs relations bilatérales.

Coprésidée au Palais du Gouvernement par son homologue algérien, Sifi Ghrieb, cette cérémonie marque une étape importante dans la relance d’un partenariat longtemps resté en deçà de son potentiel. Au-delà de la signature des accords, les entretiens bilatéraux élargis aux délégations des deux pays ont permis de passer en revue l’ensemble des axes de coopération et d’explorer de nouvelles opportunités d’investissement et d’échanges commerciaux. Dans ce contexte, les secteurs de la finance et de l’agriculture apparaissent comme des piliers centraux de cette nouvelle dynamique.
Les deux pays ambitionnent de renforcer leurs synergies dans ces domaines, en misant sur la complémentarité de leurs économies et sur les réformes engagées pour améliorer le climat des affaires. « Il importe de saisir l’opportunité de cette visite pour examiner les moyens de dynamiser les mécanismes de coopération et de mettre à jour le cadre juridique les régissant », a souligné Sifi Ghrieb, estimant que cette démarche est essentielle pour « donner une nouvelle impulsion à la coopération entre les deux pays ».
Le Premier ministre algérien a également insisté sur la nécessité d’exploiter pleinement les potentialités offertes par les marchés des deux pays. Il a rappelé que, malgré des relations politiques solides, « le volume des échanges économiques et commerciaux demeure modeste au regard des capacités et des opportunités existantes », appelant ainsi à un engagement accru des opérateurs économiques. Dans cette perspective, il a invité les entreprises serbes à tirer profit des réformes économiques engagées sous l’impulsion du président Abdelmadjid Tebboune, qui ont contribué à améliorer l’environnement de l’investissement en Algérie.
De son côté, Duro Macut a réaffirmé « la volonté politique sincère » de son pays de consolider les relations bilatérales avec l’Algérie, mettant en avant l’héritage historique commun remontant à la période de la Révolution algérienne. Il a insisté sur l’importance d’activer les mécanismes existants, notamment la commission mixte de coopération, afin de concrétiser les projets et d’explorer de nouvelles perspectives, en particulier dans les domaines économique et commercial.
La dimension agricole occupe, à cet égard, une place stratégique dans cette relance. Les deux pays entendent développer des partenariats dans la production, la transformation et les échanges de produits agricoles, tout en renforçant la coopération en matière de formation, de transfert de savoir-faire et de gestion des ressources. Le secteur financier, quant à lui, devrait jouer un rôle d’accompagnement en facilitant les investissements et en soutenant les projets conjoints.
Le partenariat entre les deux nations dépasse le cadre des conventions initiales pour englober des secteurs vitaux comme les transports, l’hydraulique, l’enseignement supérieur et la formation professionnelle. Sifi Ghrieb a d’ailleurs précisé que « cette visite offre l’occasion d’échanger sur les moyens de renforcer la coopération dans les domaines prioritaires pour nos gouvernements », tout en insistant sur la nécessité de pérenniser les mécanismes de concertation bilatérale.
Sur le plan international, les deux parties ont également mis en avant la convergence de leurs positions sur les grandes questions géopolitiques. Duro Macut a ainsi rappelé l’attachement commun au respect du droit international, à la souveraineté des États et aux résolutions des Nations unies, considérés comme des fondements essentiels de la stabilité mondiale. Un point de vue partagé par Sifi Ghrieb, qui a insisté sur la nécessité de renforcer la coordination bilatérale et multilatérale face aux défis actuels.
Par Selma R.
