Le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports prévoit une enveloppe de plus de 1 500 milliards de dinars pour l’exercice 2027, destinée à soutenir le développement local, à renforcer la couverture sécuritaire et à moderniser les services publics. Présenté devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), le projet de budget vise à mieux prendre en charge les préoccupations des citoyens, à accompagner la réorganisation territoriale et à renforcer les capacités opérationnelles des services du secteur.
Selon le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Brahim Merad, les orientations budgétaires pour 2027 s’inscrivent dans le prolongement des objectifs fixés par le président de la République, notamment en matière de développement de proximité et d’amélioration du service public. L’enveloppe globale atteint ainsi 1 562,5 milliards de dinars en autorisations d’engagement et 1 557,4 milliards en crédits de paiement. Les dépenses de personnel représentent 674,9 milliards de dinars et les transferts 710,7 milliards. Les dépenses de gestion des services sont estimées à 92,7 milliards et celles d’investissement à 84,2 milliards, dont 62 milliards pour de nouvelles opérations et 22 milliards pour la réévaluation de projets en cours.
Les collectivités locales sont au cœur de ce dispositif. « Elles occupent une place essentielle dans le budget du secteur, au regard de leurs responsabilités directes dans la prise en charge des besoins quotidiens des citoyens », a souligné Brahim Merad. Leur programme bénéficie de 675,6 milliards de dinars, en hausse de 2,39 % par rapport à 2026, dont 150 milliards consacrés aux projets de proximité et aux opérations urgentes, notamment l’eau potable, l’assainissement, l’énergie, la voirie et la réhabilitation des écoles primaires. Une enveloppe de 524 milliards couvre les charges courantes, dont 180 milliards pour les augmentations salariales, 158 milliards pour l’intégration des bénéficiaires des dispositifs d’aide à l’emploi dans des contrats permanents et 40 milliards pour l’entretien de 21 178 écoles primaires. La gestion de 17 348 cantines scolaires mobilise 62 milliards de dinars. À cela s’ajoutent 60 milliards de compensation après la suppression de la taxe sur l’activité professionnelle (TAP) et 20 milliards dédiés à la solidarité locale, notamment au couffin du Ramadan.
Le projet de budget entend également renforcer les ressources fiscales locales, estimées à 646,23 milliards de dinars en 2027 contre 608,14 milliards en 2026, soit une hausse de 38,09 milliards. Cette progression doit notamment provenir de l’élargissement de la taxe de séjour aux établissements hôteliers et résidences non classés. Plus de 600 structures supplémentaires seraient concernées, ce qui devrait accroître de 20 % les recettes correspondantes. Le ministre a aussi annoncé l’extension des prérogatives du wali, qui pourra superviser tout programme spécial décidé par le Conseil des ministres, car il est, a-t-il précisé, « le premier responsable de la coordination de l’action gouvernementale au niveau local ».
La sécurité constitue un autre axe majeur du budget. La Sûreté nationale reçoit 611,6 milliards de dinars en autorisations d’engagement et 623,3 milliards en crédits de paiement, avec 70 nouvelles opérations d’investissement, dont 33 destinées aux 11 nouvelles wilayas. Concernant la Protection civile, Brahim Merad a insisté sur le fait qu’« elle revêt une importance stratégique dans le dispositif de prévention et d’intervention, notamment face aux feux de forêt et aux catastrophes ». Elle disposera de 132,86 milliards de dinars en autorisations d’engagement et de 118,6 milliards en crédits de paiement pour mettre en œuvre le programme d’urgence présidentiel du 20 septembre 2026. Celui-ci prévoit le recrutement de 2 000 agents diplômés, la révision du statut particulier et du régime indemnitaire, ainsi que le renforcement des moyens anti-incendie. Une enveloppe de 15 milliards de dinars est dédiée aux secours, notamment à l’acquisition de véhicules d’intervention et d’ambulances.
Le budget 2027 prévoit les moyens nécessaires à l’installation des 11 nouvelles wilayas et des circonscriptions administratives d’El Eulma et de Maghnia. L’administration générale obtient 112,3 milliards de dinars en autorisations d’engagement et 109,1 milliards en crédits de paiement, avec 300 postes budgétaires prévus pour ces deux circonscriptions. La modernisation administrative repose également sur la numérisation des procédures, la sécurisation des plateformes et le développement de l’identité biométrique. Les télécommunications nationales mobilisent 13,9 milliards de dinars en autorisations d’engagement et 15,1 milliards en crédits de paiement pour sécuriser le réseau et renouveler les équipements. Par ailleurs, 1,63 milliard est consacré au Référentiel national de l’adressage dans six wilayas : Biskra, Skikda, Mostaganem, M’Sila, Boumerdès et Timimoun. Brahim Merad a enfin rappelé que « le développement local ne se réalise pas par la seule mobilisation de crédits financiers, il exige aussi une planification réaliste, une définition précise des priorités et un suivi continu des projets ».
Par Selma R.



