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L’Algérie poursuit ses efforts pour mettre en place une industrie automobile intégrée, fondée sur le développement de la sous-traitance locale, la diversification des activités industrielles et le renforcement des capacités nationales de production. Avec près de 200 entreprises spécialisées dans la fabrication de pièces de rechange, d’accessoires, de lubrifiants et d’autres composants, le pays dispose d’un tissu industriel appelé à accompagner la montée en puissance de la production automobile.

Ce tissu constitue un levier pour renforcer la production locale et réduire la dépendance aux importations. « L’Algérie se dirige vers une industrie intégrée de production de véhicules », a affirmé jeudi le ministre de l’Industrie, Farid Kourtel, lors d’une visite de travail à Oum El Bouaghi. Il a rappelé qu’« il existe aujourd’hui en Algérie 200 entreprises de production de pièces de rechange, d’accessoires de véhicules, d’huiles et autres composants ». Afin de renforcer leur contribution, son département élabore une base de données recensant les sous-traitants et leurs capacités. Celle-ci sera mise à la disposition des usines de véhicules pour faciliter les partenariats et accroître l’intégration locale. Farid Kourtel a également insisté sur la nécessité de garantir une production « conforme aux normes de qualité requises », tout en améliorant les performances industrielles et en maîtrisant les coûts, de manière à répondre aux exigences des constructeurs.

Cette visite a été marquée par l’inauguration de plusieurs unités industrielles privées à Aïn M’lila. La première, spécialisée dans les filtres pour véhicules et machines industrielles, représente un investissement de 1,195 milliard de dinars et affiche une capacité de 3.000 filtres par jour. La seconde, dédiée aux huiles moteur et lubrifiants, a mobilisé 1,2 milliard de dinars, pour une capacité annuelle de 25.000 tonnes et la création de 207 emplois directs. Le ministre a aussi inspecté des unités de fabrication de pièces automobiles en plastique et en caoutchouc, ainsi que de plaquettes de frein. Au chef-lieu de wilaya, il a inauguré une unité de transformation plastique destinée à l’industrie pharmaceutique. Issue d’un investissement de 720 millions de dinars, elle produit 102 millions d’unités par an et emploie 90 travailleurs.

Face à cette dynamique, Farid Kourtel a souligné la nécessité d’« évaluer la situation des opérateurs économiques afin de les accompagner et de les soutenir », en raison de leur contribution à la base industrielle nationale et à l’augmentation du taux d’intégration. Il a ainsi appelé les industriels à renforcer leurs investissements, à privilégier les matières premières locales et à veiller à la qualité des produits comme à la maîtrise des prix, afin d’améliorer la compétitivité de la production nationale.

À Meskiana, le ministre a insisté sur l’exploitation du foncier industriel disponible au profit de l’investissement productif. La mobilisation de ces espaces constitue en effet un levier supplémentaire pour accueillir de nouveaux projets et élargir le réseau des fournisseurs locaux. Sur place, il a constaté la paralysie, depuis deux décennies, d’une unité textile aux équipements obsolètes, et a tranché : « Tenter de relancer l’usine avec ces installations ne donnerait pas les résultats escomptés ». Sa remise aux normes nécessitant 300 milliards de centimes, deux options sont à l’étude : mobiliser les fonds pour maintenir la filière, ou reconvertir le site vers une activité mieux adaptée aux besoins et aux matières premières de la région, en concertation avec le wali.

Pour concrétiser ce redéploiement, l’État mise sur la nouvelle législation, qui favorise l’attractivité des projets. « Le cadre légal est clair : la loi sur l’investissement ne fait aucune distinction entre un partenaire local et un partenaire étranger, ni entre un investisseur issu de la wilaya et un autre. Ce que nous recherchons, c’est un partenaire capable d’entrer en partenariat ou de prendre entièrement en charge le projet, dans le respect de la réglementation, afin de rentabiliser au mieux cet espace », a-t-il conclu. 

Par ailleurs, Farid Kourtel a reçu, hier samedi, au siège du ministère, des représentants de l’entreprise TIRSAM, spécialisée dans la fabrication de véhicules et d’équipements industriels et agricoles. Les échanges ont porté sur l’avancement de son projet d’investissement et le taux d’intégration locale atteint, ainsi que sur la possibilité d’élargir ses activités à la production de voitures particulières ou de lancer un projet distinct dans ce domaine. À cet effet, l’entreprise mène des négociations avec des constructeurs internationaux en vue d’établir un partenariat pour développer une industrie intégrée de voitures particulières. Le ministre a insisté sur la nécessité d’augmenter le taux d’intégration locale et de renforcer le réseau national de sous-traitance afin de soutenir l’industrie nationale et de réduire la facture des importations.

Par S R

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