Cacobatph: Une modernisation accélérée au service des travailleurs du BTPH
À l’occasion de son 29e anniversaire, célébré le 4 février dernier, la Caisse nationale des congés payés et du chômage-intempéries des secteurs du bâtiment, des travaux publics et de l’hydraulique (Cacobatph) dresse un bilan marqué par la consolidation de ses acquis, le renforcement de ses mécanismes de contrôle et une transformation numérique ambitieuse. Invitée chez nos confrères de la radio nationale, Mme Monia Siham Benyounès, directrice centrale à la Cacobatph, a détaillé les avancées enregistrées par la caisse, créée en 1997 pour prendre en charge des secteurs réputés pour leur pénibilité.

Pour l’oratrice, février 2026 a été marqué par le renouvellement, pour un troisième cycle de trois ans, de trois certifications internationales majeures : ISO 9001 (management de la qualité), ISO 45001 (santé et sécurité au travail) et ISO 14001 (management environnemental). Ces distinctions confirment l’engagement de la Caisse dans une logique d’amélioration continue, orientée vers la satisfaction de ses deux principales catégories de clients : les employeurs et les travailleurs du BTPH.
Soumise à des audits de surveillance annuels rigoureux, la Cacobatph doit démontrer la conformité permanente de ses procédures aux standards internationaux. Une exigence qui se traduit, selon Mme Benyounès, par une meilleure prise en charge des dossiers et une optimisation constante des prestations.
Suite à cela, elle assure que le début de l’année 2026 a été particulièrement éprouvant pour le secteur. Entre le 1er janvier et le 15 février, plus de 2 550 arrêts de chantiers ont été enregistrés, contre 1 400 à la même période en 2024, soit près de 1 000 arrêts supplémentaires.
Cette augmentation s’est traduite par une forte progression des indemnisations. La Caisse a versé plus de 121 millions de dinars au titre du chômage-intempéries durant les six premières semaines de l’année, contre 58 millions de dinars à la même période l’an dernier. L’indemnité, fixée à 75 % du salaire, est versée à l’employeur, qui continue à rémunérer ses salariés pendant l’arrêt.
Le bâtiment demeure le secteur le plus touché, représentant environ 75 % des arrêts, loin devant les travaux publics et l’hydraulique. Les intempéries couvertes incluent la pluie, la neige, les vents violents, les vents de sable et la canicule, cette dernière ayant été intégrée au dispositif ces dernières années.
Consciente des risques liés aux conditions climatiques extrêmes, notamment dans le sud du pays, la Cacobatph mène chaque année des campagnes de sensibilisation pour inciter les employeurs à déclarer les arrêts liés à la canicule. L’objectif est double : protéger la santé des travailleurs et préserver les délais de réalisation des projets.
Les employeurs disposent d’un délai de 48 heures pour déclarer un arrêt via la plateforme numérique dédiée. Le premier jour d’arrêt reste à leur charge, l’indemnisation intervenant à partir du deuxième jour.
Pour cela, insiste-t-elle la Cacobatph dispose de 14 agences régionales et 44 agences de wilaya, appuyées par des brigades de contrôle. Des sorties programmées et inopinées sont organisées tout au long de l’année, parfois en coordination avec d’autres organismes comme la CNAS et l’Inspection du travail.
Les contrôleurs vérifient la déclaration des salariés, les livres légaux et les conditions de travail sur les chantiers. En cas d’infraction – absence de déclaration ou sous-déclaration des salaires – des procès-verbaux sont établis et des redressements opérés, avec possibilité d’échéanciers de paiement.
Tous les types d’entreprises, publiques et privées, sont concernés par ces contrôles, dans un contexte marqué par un boom du secteur du BTP.
Numérisation : 23 services dématérialisés
La transformation numérique constitue l’un des piliers du bilan 2025-2026. Pas moins de 23 services ont été numérisés au profit des employeurs et travailleurs. Parmi les nouveautés figurent l’agence virtuelle développée via l’intelligence artificielle, la télétransmission des engagements d’arrêt de chantier et le prélèvement automatique des cotisations en partenariat avec la Banque de Développement Local.
La déclaration annuelle des salaires, le paiement électronique, le télérecours, le téléchargement des mises à jour ou encore le télééchelonnement sont désormais accessibles à distance. Des terminaux de paiement électronique (TPE) sont également disponibles dans les agences.
Pour garantir la sécurité des données, la Caisse s’appuie sur un data center principal et un centre de secours, conformément à la législation en vigueur.
À travers ces résultats, la Cacobatph affiche un bilan axé sur la performance, la transparence et la proximité avec ses affiliés. Entre hausse des indemnisations, renforcement des contrôles et accélération de la digitalisation, la Caisse confirme son rôle central dans la protection sociale des travailleurs du BTPH, tout en s’adaptant aux exigences d’un secteur en pleine expansion.
Par Réda Hadi
